Voir la fiche complète du film : Sweet Sixteen (Jim Sotos - 1983)

Sweet Sixteen – Critique

Sweet Sixteen

Sweet Sixteen est un slasher typique du début des années 80, joliment édité par Rimini Éditions, mais plombé par un sérieux manque de rythme. Malgré un point de départ intéressant (tensions raciales, petite ville texane) et une atmosphère bien marquée, la mise en scène rigide et les meurtres sans impact sabotent l’ensemble. Le casting solide (Bo Hopkins, Susan Strasberg, Patrick Macnee) et la photographie sauvent partiellement le film, qui reste une curiosité sympathique mais ennuyeuse pour l’amateur de slashers.

Publié le 15 Juin 2023 par Geoffrey · Voir la fiche de Sweet Sixteen

Aujourd’hui, nous allons une nouvelle fois parler de Rimini Editions (« ouaiiiis ! »), parce que l’éditeur continue d’agrandir sa collection consacrée aux perles oubliées du cinéma de genre avec le slasher Sweet Sixteen réalisé par Jim Sotos et sorti sur les écrans il y a pile 40 ans au moment d’écrire ces lignes (en 1983, donc).

Comme d’habitude, le film est présenté dans un très beau coffret par Rimini Éditions, comprenant le DVD et le Blu-Ray, ainsi qu’un livret d’une vingtaine de pages rédigées par Marc Toullec qui revient sur sa genèse.

Je sais, c'est trop de joie d'un coup.

La famille de Melissa vient d’emménager dans une petite ville du Texas, et la jeune fille est rapidement l’objet de toutes les attentions. Or, tous les hommes, jeunes ou plus âgés, qui s’approchent d’elle sont victimes d’un tueur. Le shérif Dan Burke mène l’enquête et découvre bientôt d’étranges éléments…

Étranges ? Comment ça ?

On ne compte plus les slashers nés dans le sillage du chef-d’œuvre de John Carpenter (et de Black Christmas, parce qu’on ne répétera jamais assez qu’avant Halloween, il y a eu le film de Bob Clark), et on ne peut pas dire que Sweet Sixteen fasse dans l’originalité. Des bois et des jeunes en chaleur qui se font apprendre la vie à coups de couteau par un tueur mystérieux… Pas de doute, on est en territoire connu, peut-être un peu trop, puisque des productions comme Vendredi 13 (Sean S. Cunningham, 1980), le Tueur du vendredi (Steve Miner, 1981), Meurtres en 3 dimensions (Steve Miner, 1982) et Carnage (Tony Maylam, 1981) sont déjà passées par là, et que Massacre au camp d'été (Robert Hiltzik, aussi 1983) s’apprête lui aussi à débouler dans les salles.

Des œuvres à la qualité très variable, convenons-en, mais qui ont su surfer sur la vague du slasher et la décliner.

De son côté, Sweet Sixteen tente une approche un peu plus high level que la moyenne puisque Jim Sotos plante son intrigue dans une petite ville du Texas parcourue de tensions raciales entre Amérindiens et racistes blancs. C’est dans ce contexte que débarque Melissa, une adolescente (« j’ai presque seize ans ») qui devient rapidement le principal centre d'intérêt de tous les jeunes hommes du comté.

La belle est interprétée par Aleisa Shirley que l’on reverra la même année dans le sympathique Le Guerrier de l’espace de Lamont Johnson. Malgré un rôle caricatural au possible, la comédienne s’en tire avec les honneurs, tandis que le réalisateur se fait plaisir en la filmant topless à plusieurs reprises, notamment sous la douche dans une scène 100% gratuite et plutôt curieuse si l’on se rappelle que le personnage est censé n'avoir que quinze ans ( « presque seize »). C’était la mode à l’époque, dirait Abraham Simpson.

Notre ami amérindien n'en demeure pas moins un peu circonspect.

Le point de départ de Sweet Sixteen est donc intéressant et l’intrigue va se développer doucement autour de ce point, trèèès doucement.

On touche là au principal défaut du film : son cruel manque de rythme. En effet, malgré d’indéniables qualités plastiques très bien (re)mises en valeur par le Blu-Ray de Rimini Editions, Sweet Sixteen souffre surtout de la mise en scène ultra-rigide de Jim Sotos, ainsi que de son montage d’une mollesse effarante.

Le réalisateur ne sait pas visiblement pas quoi faire de son scénario, ni comment filmer ses (rares) scènes de meurtre qui alternent ainsi entre plan subjectif, plan fixe sur la victime, plan sur le couteau, et basta. Le manque de dynanisme est flagrant, à tel point qu'on se demande si Jim Sotos s'est vraiment intéressé à la mise à mort de ses personnages. Un comble dans un slasher !

De fait, l’amateur d’hémoglobine n’en aura pas pour son argent (l’auteur de ces lignes confesse d’ailleurs avoir sombré dans un ennui profond à la moitié du film).

Tu vas l'aimer mon film, dis ? TU VAS L'AIMER ?

Heureusement, le casting, à l’instar de la photographie, rehausse le niveau puisqu’en plus d’Aleisa Shirley déjà évoquée plus tôt, nous avons le plaisir de retrouver en shérif de service le toujours charismatique Bo Hopkins (que l’on avait déjà pu admirer dans un rôle similaire au sein du plaisant Mutant de John « bud » Carlos sorti il y a peu chez Rimini Editions, tout est lié), la magnifique Susan Strasberg et le bloc de classe incarnée qu'est Patrick Macnee, lesquels apportent une vraie plus-value à ce film qui n’a rien d’un produit bâclé, mais n’en demeure pas moins une œuvre qui peine à supporter le poids de ses errements rythmiques.

Dommage, car Sweet Sixteen disposait de bonnes idées sur le papier et son atmosphère fleure bon les années 80, une impression renforcée par la bande originale et la curieuse utilisation de la chanson Melissa de Frank Sparks qui déboule à plusieurs reprises de façon un peu kitsch.

Melissaaa, you found a place for youuu !

Geoffrey
À propos de l’auteur : Geoffrey

Comme d'autres (notamment Max et Dante_1984), je venais régulièrement sur Horreur.net en tant que lecteur, et après avoir envoyé quelques critiques à Laurent, le webmaster, j'ai pu intégrer le staff début 2006. Depuis, mes fonctions ont peu à peu pris de l'ampleur.

Autres critiques

Histeria

Histeria

Attention cette critique peut contenir des spoilers Depuis 1998 et The Ring , les films de fantômes asiatiques ont déferlé comme un tsunami sur nos écrans. C'est ainsi que les filles aux longs cheveux, Gamins blancs (ou bleus c'est selon) et une foule d'esprits nés du folklore local ont fait frissonner des millions de spectateurs. Il faut croire que le public asiatique ne lasse pas de ces...
Tron : L'Héritage

Tron : L'Héritage

Sam Flynn découvre l’ancienne cachette de son père, brillant informaticien disparu il y a de cela une vingtaine d’années. Il réussit à entrer dans le programme créé par Kevin, mais il va se rendre compte que ce monde virtuel est sous le joug d’un dénommé Clu qui n’a d’autre aspirations que de parvenir à rejoindre la réalité. Il aura fallu presque trente ans pour qu...
Raiders of the Lost Shark

Raiders of the Lost Shark

Plus que n’importe quelle autre décennie, les années2010 auront été le prétexte à un florilège de navets et autres nanars en puissance dans le domaine de la sharksploitation. Des étrons cinématographiques tout droit sortis d’un imaginaire aussi limité que dérangé, le survival animalier s’est vu infliger de terribles exactions. En marge des frasques de SyFy et Asylum, de...
Dracula 3D

Dracula 3D

L'adaptation entreprise par Dario Argento pour le grand écran du célèbre roman de Bram Stoker est un ratage quasi complet. C'est un constat qu'il faut faire d'emblé si l'on veut pouvoir en tirer un peu de satisfaction, refusant d'accepter totalement le bourbier progressif dans lequel, celui que l'on nomma autrefois "le maître de l'horreur", s'empêtre plus profondément avec chacun de ses derniers...
Triassic Attack

Triassic Attack

En général, quand on évoque les attaques animalières, on songe d’emblée à des bestioles disparues, imaginaires ou réelles. Toujours dans la majorité des cas, elles sont faites de chair et de sang. Or, Triassic Attack semble emprunter les chemins tortueux d’un nouveau concept: l’offensive de fossiles préhistoriques possédés par des esprits indiens en colère! Tout en programme en...