Voir la fiche complète du film : The Hunters (Chris Briant - 2011)

The Hunters – Critique

The Hunters

Le nombre de disparitions suspectes dans une région sans histoires interpelle un ancien militaire. Pour son premier métrage derrière la caméra, Briant manque sans doute d'expérience. Doté pourtant d'un casting de qualité, son film ne mérite pas plus d'une halte.

Publié le 12 Octobre 2012 par GORE MANIAC · Voir la fiche de The Hunters

**Attention, cette chronique contient quelques spoilers.**

Le nombre de disparitions suspectes dans une région sans histoires interpelle un ancien militaire, muté récemment au sein de la police locale. Pendant ce temps, deux amis chasseurs s'interrogent sur le sens de leur quotidien, ennuyeux et fatigant.

Oscillant entre suspense, thriller psychologique, drame et film d'action, The Hunters nous propose de suivre le parcours de différents personnages, dont le destin se réunira le temps d'un week-end sanglant.
Assez rapidement, on s'aperçoit que les protagnistes sont tous des êtres désoeuvrés, acculés moralement par un travail avilissant et une solitude pesante. Du flic brisé physiquement et psychologiquement par la guerre à la jeune fille qui s'ennuie dans une ville qu'elle connait par coeur, en passant par ces chasseurs uniquement vivants durant leurs escapades dans la nature, tout indique que le pire ennemi de l'Homme moderne réside dans les obligations civiques que lui imposent notre société.
Dès lors, le retour à Mère Nature et à ses instincts les plus primitifs semble être la solution la plus rationnelle, à condition de ne pas tomber dans les pires extrémités.

La chasse à l'homme est le thème central exposé par le cinéaste, qui ne fait donc pas ici dans la nouveauté. En Effet, depuis la Chasse du Comte Zaroff (1932) jusqu'au sordide Cannibal Holocaust (1980), le cinéma a toujours capturé avec gourmandise le gibier ultime phantasmé par tout chasseur, lui offrant même un sous-genre en la personne du survival. Ainsi, Chris Briant avait fort à faire pour sortir son oeuvre du lot.

Il privilégie dans un premier temps l'étude de ses personnages. Toutefois, les terreurs et pulsions de chacun ne sont qu'effleurées, même si le personnage du policier, un peu pitoyable, est assez attachant. On aurait aimé en savoir plus sur Alice, par exemple, délaissée au détriment de chasseurs assez conventionnels.
Si Briant souhaitait viriliser au maximum son film, il aurait été alors logique d'éviter un démarrage si languissant. Force est de constater que les 45 premières minutes du métrage manquent de rythme et de percussion.

Une fois l'action lancée, on apprécie le lieu du massacre : Fort-Goben. Ancien camp fortifié transformé en parc naturel, il représente plutôt bien l'animalité de l'homme mis en cage par la société. Le film se mue alors en film d'action plutôt banal, plus proche d'une énième série C de Steven Seagal qu'à Rambo. Les chasseurs, une fois le premier des leurs éliminé, ressemblent davantage à des animaux effarouchés qu'à des tueurs en série psychopathes.
Passée la "surprise" de la découverte des restes des corps décapités et mutilés, il faut avouer qu'il ne se passe rien de vertigineux au sein de ce long-métrage qui peine en fait à se démarquer, faute d'une réelle folie, nécessaire dans ce type d'exercice.

On peut entre autres regretter le manque de caractère octroyé au chef de police Bernard. Terence Knox avait en effet les épaules suffisamment larges pour porter le rôle du monstre caché derrière une façade respectueuse.
Le point faible majeur du film réside dans cette incapacité à exalter les qualités de chaque protagoniste et de se contenter de soulever quelques points pour en oublier d'autres tout aussi judicieux.
Le comportement des personnages peut parfois laisser perplexe. Ainsi, le héros laissera partir son amie sans protection alors qu'il pouvait l'accompagner jusqu'à la sortie et ainsi aller chercher du renfort. Au lieu de cela, il la laisse à la merci d'un des chasseurs, devenu fou suite au décès de son meilleur ami, tandis que la mort de Bernard relève de l'anecdote là où elle aurait été un épilogue digne d'intérêt, entre un flic corrompu et son collègue devant condamner ses actes odieux.

Pour son premier métrage derrière la caméra, Briant manque sans doute d'expérience.
Doté pourtant d'un casting de qualité, son film ne mérite pas plus d'une halte durant une longue soirée automnale, à l'instar de bon nombre de série B dont The Hunters fait partie intégrante.

GORE MANIAC
À propos de l’auteur : GORE MANIAC

J'essaie de partager ma passion pour un cinéma méconnu, mais qui mérite incontestablement qu'on s'y arrête !

Autres critiques

La malédiction de la dame blanche

La malédiction de la dame blanche

À partir de légendes urbaines ou issues d’un folklore, certains phénomènes paranormaux trouvent parfois une résonnance commune. Le rapport peut paraître d’autant plus troublant lorsqu’il n’y a pas de distinction des faits, eu égard à la culture ou l’éloignement géographique. Par conséquent, la convergence observée tend à crédibiliser les faits observés ou narrés. En...
Battleship

Battleship

Notre planète est assaillie par une horde de vaisseaux spatiaux qui s'échoue au large de l'archipel d'Hawaï. Une flotte américaine en manoeuvre dans la zone va devoir repousser l'invasion. C'est donc avec trois bouts de ficelle en guise de scénario que Hasbro reprend le célèbre jeu de société pour en faire un blockbuster complètement décérébré. Tout comme leur licence phare...
Outrage

Outrage

Dire que le dernier film de Takeshi Kitano était attendu relève de l’euphémisme. Personnage étrange, metteur en scène d’une œuvre polymorphe, Kitano est sans conteste l’un des cinéastes actuels les plus intéressants. Si, en Europe, il est célèbre pour être l’auteur de films aussi fondamentaux qu’ Hana-Bi , Sonatine ou L’été de Kikujiro , il est connu, au Japon, pour son rôle d’animateur dans des...
The Thompsons

The Thompsons

Attention, cette critique contient quelques spoilers. Recherchés par la police suite à une sanglante altercation avec des voleurs dans une station service, les cinq membres de la famille Hamilton quittent le territoire américain. Suite à des recherches méticuleuses, ils entendent parler d'une famille de vampires habitant près de Londres et y envoient Francis en éclaireur. Révélation du...
La Mort en Ligne 2

La Mort en Ligne 2

**Attention, cette critique contient quelques spoilers.** Un an après une mystérieuse série de massacres perpétrés dans un collège au Japon, le pays est de nouveau le théâtre d'obscurs appels téléphoniques meurtriers. Adaptée du roman de Yasushi Akimoto, La Mort en Ligne sortait en 2003 sous la férule de Takashi Miike. Même s'il était difficile pour le génial réalisateur de Gozu d'imprégner de...