Voir la fiche complète du film : The Innkeepers (Ti West - 2011)

The Innkeepers

Long, ennuyeux et passablement inutile dans la majorité des scènes exposées, The Innkeepers est une ghost story soporifique où l'ombre des revenants peine à se trouver une place dans un hôtel miné par la monotonie. Au lieu d'instaurer une ambiance, Ti West est plutôt maître pour instaurer des longueurs et parvient à rendre son film aussi affligeant qu'énervant. Une bande-son creuse, des dialogues interminables, une réalisation plate et sans entrain, des personnages qui manquent de conviction. La liste de défauts est éloquente. Le résultat, déplorable. Un parfait somnifère.
Publié le 18 Février 2012 par Dante_1984Voir la fiche de The Innkeepers
4
Hôtel Fantôme

Claire et Luke passent leur dernier jour de travail au Yankee Pedlar Hotel, sur le point de fermer. C'est alors que des phénomènes paranormaux commencent à se faire ressentir dans tout l'établissement. Après le très fun Cabin fever 2 et le lénifiant The house of the devil, Ti West nous revient avec une ghost story des plus classiques. À défaut d'être original, on aurait pu espérer un récit des plus plaisants à suivre où il serait bon de se perdre dans de sombres couloirs abritant moult fantômes prêts à en découdre avec le monde des vivants. Seulement c'était sans compter la fâcheuse propension du réalisateur à faire sombrer quelques sympathiques idées sous un rythme littéralement soporifique.


Pendant la journée, on s'ennuie à deux.

Son précédent long-métrage (The house of the devil) avait suscité énormément de réactions positives de la part de la critique ; le public était un peu plus mitigé et, oserais-je dire, plus lucide sur ses qualités et défauts. Il demeurait tout de même un final marquant pour un film assez ennuyeux dans l'ensemble. Si nous ne sommes pas ici pour parler de The house of the devil, il est intéressant de noter que The Innkeepers risque de provoquer des constatations similaires de part et d'autre. Autrement dit, l'on retrouve exactement les mêmes caractéristiques dans la manière d'aborder et d'exposer cette histoire.

Tout d'abord, le récit se divise en trois chapitres et un épilogue. Sur des panneaux en noir et blanc rappelant l'époque des films muets (du plus bel effet), on nous annonce tour à tour l'intitulé des dites séquences. D'ailleurs, le titre du premier chapitre résume plus ou moins volontairement ce qu'on vous propose : « Un long week-end ». Un constat pour le moins ironique et néanmoins véridique. Au lieu de se pencher sur le véritable fond du problème, on nous inflige le quotidien monotone des deux employés sur le point de perdre leur travail. Le moral est au plus bas, l'ennui de circonstance et la résilience inévitables. Aussitôt, le film s'empêtre dans un rythme pâteux où la léthargie guette non seulement les protagonistes, mais risque de vous faire sombrer dans un profond sommeil. Claire s'avachit sur le canapé ou sur son bureau et l'on se serait tenté de l'imiter.


La nuit, on s'ennuie tout seul.

Après cette mise en place laborieuse, on peut encore espérer voir une histoire plaisante, mais non. Ti West se complaît dans cette ambiance affreusement plate où il est plus important de s'attarder sur les velléités futiles des résidents de l'hôtel plutôt que sur les événements paranormaux. Qui plus est, on ne comprend pas pourquoi ils commencent à chercher des fantômes. On entre maladroitement dans cette parenthèse de leur vie sans en connaître les réelles motivations (finalement bien fade) de prime abord. Une succession de grands silences, de plans fixes, de dialogues inconsistants se suivent et se ressemblent. Dès le départ, l'on se dit que tout ça n'en vaut vraiment pas la peine.

Nanti de cette approche décousue et saccadée, The Innkeepers ne peut même pas prétendre à effrayer, du moins à suggérer l'angoisse. Les apparitions sont toujours prévisibles et, parfois, confèrent aux clichés du plus mauvais goût (le fantôme sous les draps). Est-il besoin d'introduire l'’esprit tourmenté de cette manière ? D''autant plus que le maquillage est convaincant au possible. Mis à part cela, on use et abuse des subterfuges faciles : porte grinçante, le piano qui joue une mélodie, une mystérieuse disparition de serviettes (qui ne sera jamais expliquée), un pigeon qui surgit de la cave comme un diable de sa boîte, les chuchotements… Là encore, rien de bien significatif à retenir.


On fait quoi ? On se raconte une histoire de fantômes ou on continue à s'ennuyer ?

Ti West opte pour une succession de choix aussi incompréhensible que maladroit. Alors que l'histoire montre clairement une volonté de se focaliser sur l'épouvante, le cinéaste confère des moments passablement légers et drôles (du moins pour lui) qui finissent de dénaturer complètement le récit. Le problème de jeter un sac-poubelle dans la benne à ordures (qui, elle, n'est pas hantée), ce satané pigeon voyageur sorti tout droit de la cave (!) ou les tentatives délurées que Claire et Luke usent pour s'effrayer mutuellement. On peut penser que cela pourrait servir l'intrigue, mais non. Malheureusement, ces instants précèdent des séquences plus sérieuses et inquiétantes. Donc, cette étrange alchimie n'opère pas les effets escomptés et l'on a encore plus de mal à s'immerger.

Il s'est déjà écoulé plus de 50 minutes lorsqu'arrive péniblement le troisième chapitre. Une fois les artifices et les incessants allers-retours sans tension dans l'hôtel éculés, on nous emporte sur des pistes aussi farfelues qu'incongrues dans ce domaine. L'’exemple le plus frappant est sans aucun doute cette célébrité de passage qui se transforme soudainement en un médium adepte du pendule (et philosophe du dimanche) pour aider notre jeune et fringante Claire qui, soit dit en passant, n'est pas vraiment à sa place. Sara Paxton manque cruellement de présence à l'écran. Pour preuve, elle gigote tant tous les sens, reste cois devant la première apparition spectrale, mais hurle à la mort lorsque son réveil sonne ! Appelons ça une absence de crédibilité ou de réactivité, il n'en demeure pas moins que la brochette d'acteur s'ennuie autant que leur personnage et le spectateur qui commence depuis bien longtemps à piquer du nez.


Un appareil très pratique pour capter les ronflements des spectateurs !

On arrive ainsi au summum de l'inutilité. Les manifestations semblent se répéter sous la même forme (le piano, la porte qui claque…), Claire et Luke se soûlent à la bière, on envoie paître la clientèle, l'exaspération est à son comble quand, ô miracle, les vingt dernières minutes prennent de l'ampleur pour…... tomber à plat aussitôt. Certes, il y a bien certaines interventions d'outre-tombe réussies, mais c'est l'esprit à moitié ankylosé que l'on termine The Innkeepers. Un constat assez pénible qui se conclut par une dernière scène qui s'échoue dans le non-dit où l'on aurait aimé voir bien plus qu'un épilogue aussi vain que les chapitres précédents. On nous claque littéralement la porte au nez, comme pour nous dire « Circulez, il n'y a plus rien à voir ! » Y a-t-il eu seulement quelque chose de notable ?

Nanti de situations fades et inutiles, The Innkeepers multiplie les égarements à une vitesse effarante. Un comble lorsque l'on s'aperçoit à quel point, l'intrigue est lente…... très lente. Incapable d'effrayer ou d'instaurer un semblant d'atmosphère, Ti West préfère s'adonner à dépeindre la relation pseudo-romantique aux relents faussement comiques de Claire et Luke plutôt que de décrire avec force et conviction les phénomènes qui hantent l'hôtel. Un lieu au passé pourtant riche en anecdotes macabres. En somme, The Inkeepers se révèle un beau gâchis. On retiendra un grain d'image sympathique et des fantômes trop rares, mais réussit. Insuffisant pour en faire un bon film. Finalement, l'ensemble de l'histoire n'est qu'une mise en place assommante et injustifiée pour un dénouement aussi décevant que le reste.

A propos de l'auteur : Dante_1984
Portrait de Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches. Puis, j'ai souhaité faire partager mes dernières découvertes en laissant des avis sur les films que je voyais.

Autres critiques

Phantasm Ravager
Alors qu'il tente encore d'échapper au Tall Man, Reggie se retrouve dans un fauteuil roulant, en compagnie de Mike, dans une maison de retraite. Ce dernier lui annonce qu'il est gravement malade. Débutée en 1979, la saga Phantasm est à part dans l'univers du film d'horreur. Fidèle au casting originel, restant bien ancré dans un style série B des eighties clairement assumé, le...
La Mort au bout du fil
Je dois bien vous l'avouer: je n'attendais pas grand chose de ce film. A ma décharge, il faut reconnaître que les thrillers médiocres, sans envergure et plus efficaces qu'une boîte de somnifères sont aussi nombreux que les points noirs sur le front d'un adolescent. Donc, en mettant Mort au Bout du Fil dans le lecteur, je m'attendais à passer 1h30 devant une histoire mille fois...
Abominable
Qu’on le nomme sasquatch ou bigfoot, le mythe de ce primate géant au cœur des forêts de l’Amérique du Nord s’est démocratisé au XXe siècle, notamment avec l’émergence de la cryptozoologie. De canulars en témoignages troublants, la légende possède des variantes sur la plupart des continents. Ancrée dans la culture populaire, l’histoire est une manne providentielle...
Détour Mortel 3
La saga des Detour Mortel , c'est un premier épisode excellent, qui ne renouvellait pas le genre du survival, mais appliquait la récette avec bonheur, le tout saupoudré de quelques fulgurances géniales. La suite avait eu le bon goût de rester dans cette ambiance de divertissement en proposant au spectateur un spectacle fun et décomplexé qui s'assumait totalement. Le risque était donc...
Serial Killer Clown : Ce Cher Monsieur Gacy
On ne compte plus les films inspirés des faits réels commis par des tueurs en série. De Ed Gein à Jeffrey Dahmer en passant par Charles Manson et Jack l'éventreur , tous ont eu droit à, au moins, une adaptation cinématographique. Même la France n'échappe pas au phénomène avec des films sur Landru , Marcel Petiot ou encore Thierry Paulin . Il faut dire que le potentiel graphique en terme d...