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The Lure

Drame, horreur, expérimental, comédie musicale… The Lure est un film aux multiples étiquettes. À d’ailleurs vouloir trop englober toutes ces thématiques, il finit par malheureusement laisser son spectateur à quai.
Publié le 17 Janvier 2018 par KinemaVoir la fiche de The Lure
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Dans la ville de Varsovie, Or et Argent, deux sirènes à la voix enjôleuse, intègrent une troupe d’artistes dans un cabaret. Bien sûr, l’ambiguïté naissante entre l’une de ces deux dernières et un jeune homme du groupe va, comme tout bon élément perturbateur qui se respecte, entraîner une série de complications.

Cette relecture du conte "La Petite Sirène" de Hans Christian Andersen est l’une des rares à aborder ce thème à travers le prisme de l’horreur, en dehors évidemment d’une multitude de téléfilms oubliables, à peine regardables. Mais pas seulement, car comme évoqué dans le résumé, The Lure s’essaye à l’exercice complexe de toucher à tous les domaines. Se jumelant à l’ambiance glauque propre au film de genre, l’aspect comédie musicale est omniprésent, mais déroutant par instants, car les chants polonais auront tendance à nous éloigner de notre zone de confort. Cet équilibre entre musicalité et horreur vous rappellera sans doute Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street de Tim Burton (Sleepy Hollow, la légende du cavalier sans têteMars Attacks!), et si l’on creuse encore plus loin, The Rocky Horror Picture Show ou Phantom of the paradise.

The Lure

Cependant, la réalisatrice Agnieszka Smoczynska ne s’arrête pas là et développe une esthétique très contemplative et très attachée au langage visuel. Si certains plans sont iconiques (nos deux muses qui tètent la poitrine de leur matriarche par procuration), on a malheureusement parfois plus l’impression de feuilleter l’album d’un photographe de mode que de visionner un long-métrage.

Ajoutons à cela la nécessité de souvent devoir déceler le sens caché derrière les séquences, ce qui aura quelquefois tendance à perdre le spectateur. D’autant plus que le montage est un peu trop haché et souffre de l’absence d’une ligne conductrice solide. Symbolismes et figures de style, utilisés à outrance, finiront donc par conduire à un désintérêt regrettable. N’est pas Nicolas Winding Refn (The Neon Demon) qui veut, on remercie tout de même cette cinéaste polonaise de ne pas considérer son public comme idiot en se dispensant de le tenir continûment par la main.

The Lure

Toutefois, The Lure parvient quand même à faire mouche à maintes reprises, notamment durant les segments musicaux comme la scène d’ouverture qui semble fixer le temps en suspension. Ou encore durant le dernier acte où l’émotion, pointant enfin le bout de son nez, vise juste et tire la corde sensible. La dernière bonne idée à souligner est certainement le développement de l’approche érotique qui, à première vue, pourrait paraître facile, mais qui rajoute de la couleur au récit. Vous l’aurez deviné, nos deux sirènes, interpretées par Marta Mazurek et Michalina Olszanska, sont particulièrement charmantes même si leur forme aquatique est plus reptilienne que ce dont on avait souvenir et finalement, c’est tant mieux, cela permet - Dieu merci -  d'oublier Splash.

Avec ses faiblesses, mais aussi ses moments de grâce, The Lure laissera un ressenti mitigé, mais surtout le regret d’un potentiel gâché. À sans cesse vouloir s’élever et marquer de son empreinte, le film en devient une bizarrerie, un objet cinématographique non identifié qui plongera dans son univers atypique en ne prenant pas toujours la peine d’emmener son spectateur avec lui.

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