Shadowz - la plateforme de VOD
Voir la fiche complète du film : The Lure (Agnieszka Smoczynska - 2015)

The Lure

Drame, horreur, expérimental, comédie musicale… The Lure est un film aux multiples étiquettes. À d’ailleurs vouloir trop englober toutes ces thématiques, il finit par malheureusement laisser son spectateur à quai.
Publié le 17 Janvier 2018 par KinemaVoir la fiche de The Lure
6

Dans la ville de Varsovie, Or et Argent, deux sirènes à la voix enjôleuse, intègrent une troupe d’artistes dans un cabaret. Bien sûr, l’ambiguïté naissante entre l’une de ces deux dernières et un jeune homme du groupe va, comme tout bon élément perturbateur qui se respecte, entraîner une série de complications.

Cette relecture du conte "La Petite Sirène" de Hans Christian Andersen est l’une des rares à aborder ce thème à travers le prisme de l’horreur, en dehors évidemment d’une multitude de téléfilms oubliables, à peine regardables. Mais pas seulement, car comme évoqué dans le résumé, The Lure s’essaye à l’exercice complexe de toucher à tous les domaines. Se jumelant à l’ambiance glauque propre au film de genre, l’aspect comédie musicale est omniprésent, mais déroutant par instants, car les chants polonais auront tendance à nous éloigner de notre zone de confort. Cet équilibre entre musicalité et horreur vous rappellera sans doute Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street de Tim Burton (Sleepy Hollow, la légende du cavalier sans têteMars Attacks!), et si l’on creuse encore plus loin, The Rocky Horror Picture Show ou Phantom of the paradise.

The Lure

Cependant, la réalisatrice Agnieszka Smoczynska ne s’arrête pas là et développe une esthétique très contemplative et très attachée au langage visuel. Si certains plans sont iconiques (nos deux muses qui tètent la poitrine de leur matriarche par procuration), on a malheureusement parfois plus l’impression de feuilleter l’album d’un photographe de mode que de visionner un long-métrage.

Ajoutons à cela la nécessité de souvent devoir déceler le sens caché derrière les séquences, ce qui aura quelquefois tendance à perdre le spectateur. D’autant plus que le montage est un peu trop haché et souffre de l’absence d’une ligne conductrice solide. Symbolismes et figures de style, utilisés à outrance, finiront donc par conduire à un désintérêt regrettable. N’est pas Nicolas Winding Refn (The Neon Demon) qui veut, on remercie tout de même cette cinéaste polonaise de ne pas considérer son public comme idiot en se dispensant de le tenir continûment par la main.

The Lure

Toutefois, The Lure parvient quand même à faire mouche à maintes reprises, notamment durant les segments musicaux comme la scène d’ouverture qui semble fixer le temps en suspension. Ou encore durant le dernier acte où l’émotion, pointant enfin le bout de son nez, vise juste et tire la corde sensible. La dernière bonne idée à souligner est certainement le développement de l’approche érotique qui, à première vue, pourrait paraître facile, mais qui rajoute de la couleur au récit. Vous l’aurez deviné, nos deux sirènes, interpretées par Marta Mazurek et Michalina Olszanska, sont particulièrement charmantes même si leur forme aquatique est plus reptilienne que ce dont on avait souvenir et finalement, c’est tant mieux, cela permet - Dieu merci -  d'oublier Splash.

Avec ses faiblesses, mais aussi ses moments de grâce, The Lure laissera un ressenti mitigé, mais surtout le regret d’un potentiel gâché. À sans cesse vouloir s’élever et marquer de son empreinte, le film en devient une bizarrerie, un objet cinématographique non identifié qui plongera dans son univers atypique en ne prenant pas toujours la peine d’emmener son spectateur avec lui.

Autres critiques

2001 Maniacs : Field of Screams
Tous les ans, les habitants de Pleasant Valley organisent un grand festival où les invités d'honneur font office de barbecue. Mais cette fois-ci, ils sont contraints de s'exiler sur les routes pour continuer le carnage... Remake sympathique et décomplexé, 2001 maniacs nous narrait l'histoire d'un village paumé répondant au doux nom de Pleasant Valley où ses habitants s'...
Yétis : Terreur en montagne
S’attaquer au mythe du yéti, c’est un peu comme entreprendre l’ascension d’une montagne, du moins avec la volonté de proposer un métrage de qualité. Mais la cryptozoologie est aussi malmenée que la zoologie «classique». Ces créatures mythiques sont remisées au stade de monstres bouffeurs de chairs humaines décérébrées. Yéti et La fureur du yéti sont des...
Sharknado 5 - Global Swarming
En seulement cinq ans, Sharknado est devenu le porte-étendard de l’absurdité made in Asylum. Au fil d’épisodes tous plus catastrophiques et idiots les uns que les autres, la franchise revient annuellement pour nous gratifier d’un nouveau lot de situations pleines de non-sens, d’acteurs en fin de course, sans oublier des squales délurés. On ne change rien ou presque à la...
Area 51
Initiateur du phénomène Paranormal activity , Oren Peli est parvenu en moins d’une décennie à se faire un nom dans le domaine horrifique, particulièrement celui du faux documentaire. En dépit de productions du même acabit, il n’aura réalisé qu’un seul et unique film avant de revenir à la charge avec Area51; toujours du found footage à la sauce Roswell. Le thème des extraterrestres n’est pas...
Une Hache pour la Lune de Miel
Ayant repris avec succès la salon de haute couture de sa mère, John Harrington, jeune, riche et célèbre, semble être le plus heureux des hommes. Cependant, derrière un sourire de façade, se cache un dangereux tueur en série. Après avoir délaissé le cinéma fantastique gothique de ses brillants débuts ( Opération Peur , son dernier chef d'oeuvre en la matière, date de 1966), Mario Bava s'...