BIFFF 2015 - Compte-rendu

Chers internautes, voici un compte-rendu des péripéties de Geoffrey et du Punisher à ce formidable festival du film fantastique qu'est le BIFFF.

 

Mardi 07/04

Burying the Ex de Joe Dante (par Punisher)

bury

La relation d'un couple prend un mauvais tour lorsqu'il décide d'emménager ensemble. Max découvre à quel point sa copine Evelyn prend le contrôle sur lui et le manipule, mais il a trop peur de la quitter. Evelyn va mourir dans un accident, et la vie de Max va basculer...

Je ne sais pas pour vous, mais Joe Dante, c'est quand même un chic type. Si le monsieur est moins présent depuis un moment sur les grands écrans, ces plus belles oeuvres n'ont de cesse de toujours briller dans les esprits. Gremlins, Piranha et Hurlement, c'est quand même pas du caca ! Alors de le voir revenir avec un film comme Burying The Ex, ça titille un minimum mon envie.

Premier constat, le réalisateur est en forme. Car j'ai pleinement pu apprécier en toute quiétude un film fait avec de la maîtrise et surtout, amour. Même si le film ne réserve pas de grandes surprises, il est assez franc et généreux pour ne pas laisser indifférent. C'est souvent drôle et les effets spéciaux, quoique que secondaires, servent l'histoire et non le contraire. Et que dire du casting ! Rien que pour le fait de voir Ashley "Twilight" Greene se faire fracasser, ça vaut le détour. Sans oublier la charmante et l'envoutante Alessandra Daddario. Pu... quel regard de ouf ! Mais ce qui caractérise avant tout le film, c'est son esprit bon enfant si cher au réalisateur.

Alors même si je n'ai pas retrouver l'esprit des autres films cultes de Joe Dante peu importe, le plaisir était bien là et il ne m'a pas lâché une seule seconde. Au village des dvd deux jours après la projection, j'ai entendu un homme dire: "Burying The Ex ? C'est une vraie daube. On est loin de Gremlins !". Je n'ai qu'une chose à lui dire: "Some peoples just won't die".

 

Mercredi 08/04

Open Windows de Nacho Vigalondo (par Geoffrey)

open

Nick est un homme comblé : ce soir, il dîne avec Jill Goddard, la plus sexy des actrices, grâce à un concours en ligne. Mais au dernier moment, la star annule.... Dans la soirée, un homme mystérieux contacte Nick et lui propose d’espionner son idole via son ordinateur. En acceptant, Nick se retrouve pris dans un terrible engrenage...

Le Nacho Vigalondo nouveau est arrivé avec, en tête d’affiche, la sulfureuse Sasha Grey (bien connue des amateurs) et l’excellentissime Elijah Wood, qui nous prouve une fois encore, après Maniac et Grand Piano, qu’il peut être autre chose qu’un simple Hobbit poilu. Elijah incarne cette fois Nick Chambers, un quidam fan d’une célèbre actrice qui va se retrouver dans une situation délicate suite aux pressions d’un maître-chanteur.

Le pitch est somme tout classique, mais la particularité du film tient à sa mise en scène. En effet, l’ensemble de l’action est vue au travers de caméras de sécurité, de webcams et d’écrans de Smartphone. Ce parti-pris casse-gueule aurait pu virer au fiasco, mais le talent de Vigalondo permet à Open Windows de s’en tirer avec les honneurs avec, en point d’orgue, une hallucinante séquence de course-poursuite qui aurait dû conclure le film. Dans ce cas, on aurait pu se retrouver avec un authentique chef-d’œuvre.

Malheureusement, les vingt dernières minutes multiplient les twists et rendent inutilement confus un scénario jusque-là limpide. Inévitablement, le rythme s’en ressent et la tension laisse progressivement place à l’ennui. C’est donc avec un amer sentiment de déception que l’on quitte la salle. Vous voilà prévenus.

Ceci étant dit, le film mérite largement le coup d’œil, ne fut-ce que pour la formidable course-poursuite citée plus haut.

6.5/10

 

The Missing Part de Galel Maidana (par Geoffrey)

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Dans un futur proche, où le climat est mal en point, et où la course aux nouvelles technologies a éradiqué la notion même de service public, Buenos Aires a vite cédé la place aux sirènes des flics et des ambulances. Les uns pour mater la rébellion permanente des tricards, les autres pour ramasser les morceaux... Les suicides d’une balle dans le dos sont devenus une spécialité de Chockler. Pourtant, sa nouvelle mission est d’un tout autre calibre : une énigmatique Lucrèce, belle à damner un saint, a réussi à le convaincre de retrouver un mystérieux Victor, mort ou vif...

Je déteste dire du mal des films, surtout quand ceux-ci proviennent de pays dont le cinéma est "en développement" comme c’est le cas de l’Argentine, mais malgré toute la sympathie qu’inspire le réalisateur Galel Maidana, il faut être honnête : son film The Missing Part est chiant à en crever.

L’histoire n’a ni queue ni tête. On assiste à une succession de scènes dont on ne comprend pas l’intérêt. On voit des chevaux, des espèces de loup-garous, des truands, un héros taciturne, une punkette en goguette, une chanteuse, un barman qui a perdu sa femme, un clochard qui déambule dans les rues, mais rien ne relie jamais vraiment tous ces personnages. Sans compter qu’ils sont à peine caractérisés. J’en veux pour preuve que je sors à l’instant de la séance (au moment où j’écris ces lignes) et que je suis totalement incapable de vous dire le nom du héros.

Techniquement, le film est correct. En soi, la réalisation n’est pas mauvaise et la photographie est de bonne facture, mais Bon Dieu, ce scénario et ce montage...

2/10


True Love Ways de Mathieu Seiler (par Geoffrey)

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Séverine est une jeune femme libre et insouciante, avec cette beauté égoïste qui vous éclabousse au visage quand elle s’emmerde. Cette fois, c’est son petit copain Tom qui en fait les frais car elle décide de le quitter. Ce dernier fonce aussitôt se saouler au bar... où il rencontre un individu qui lui propose une solution infaillible afin de la reconquérir : la kidnapper Séverine et laisser Tom débarquer tel un preux chevalier qui volerait au secours de sa princesse...

Que voilà un étrange film. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il aura suscité des émotions diverses chez les spectateurs. Certains sont partis après une demi-heure tandis que d’autres ont adoré. Pour ma part, je l’ai trouvé plaisant, mais il faut dire que l’ambiance du BIFFF y est pour beaucoup. En gros, les spectateurs ont transformé le film en comédie, riant à chaque ineptie du scénario et soulignant les effets comiques (volontaires cette fois) avec un sens de la répartie fort à propos.

Mais que vaut le film en lui-même ? Techniquement, c’est propre. Le noir et blanc colle très bien à l’histoire et contribue à instaurer un début de tension. Certains acteurs sont limités, mais dans l’ensemble le casting fait son boulot (avec une mention spéciale à « André », qui a littéralement enchanté les spectateurs).

Par contre, le scénario est parfois très con. Excusez-moi, mais il n’y a pas d’autre mot. Quand une femme veut échapper à ses ravisseurs, qu’elle quitte la maison où elle est enfermée, mais décide d’y entrer à nouveau qu’elle voit une porte ouverte, j’appelle ça de la connerie. De même que son obsession à vouloir recharger son iPhone, quitte à se faire repérer. Certains confrères (coucou Quentin de Cinemafantastique.net) disent que ces moments burlesques sont volontaires et je dois avouer que c’est un point de vue qui se défend. Toutefois, pour ma part, j’ai pris le film au premier degré et je pense que ces maladresses n’étaient pas voulues par le réalisateur.

True Love Ways est donc un film étrange, parfois un peu stupide, mais j’ai quand même passé un bon moment.

7/10 sans les spectateurs du BIFFF.

10/10 avec.

Jeudi 09/04

The Babadook de Jennifer Kent (par Geoffrey)

baba

Depuis la mort brutale de son mari, Amelia lutte pour ramener à la raison son fils de 6 ans, Samuel, devenu complètement incontrôlable et qu'elle n'arrive pas à aimer. Quand un livre de contes intitulé 'Mister Babadook' se retrouve mystérieusement dans leur maison, Samuel est convaincu que le 'Babadook' est la créature qui hante ses cauchemars...

« The Babadook » est une œuvre qui a fait parler grâce aux nombreux prix qu’elle a glanés au court de sa carrière en festivals, notamment à Gérardmer et à Sundance. Et il faut avouer que c’est mérité.

Le film commence à la façon d’un drame social qui nous présente la relation terrible entre une femme meurtrie par la mort de son mari et son fils totalement incontrôlable, asocial et tourmenté par de nombreux cauchemars. C’est dans cette atmosphère très anxiogène que le Babadook va faire son apparition via un livre de conte mystérieusement apparu dans la maison.

La grande force du métrage repose sur le duo d’acteurs principaux, tout simplement épatants, mais aussi sur les apparitions chocs du Babadook, dont le cri (qui lui donne d’ailleurs son nom) et l’apparence font de lui l’un des boogeymen les plus surprenants de sa génération.

Malgré quelques baisses de rythme et de tension çà et là, The Babadook est clairement une réussite, voire l’un des meilleurs films d’épouvante de ces dernières années.

8/10

 

Haemoo de Sung Bo Shim (par Geoffrey)

haemoo

Capitaine d’un bateau de pêche menacé d’être vendu par son propriétaire, Kang décide de racheter lui-même le navire pour sauvegarder son poste et son équipage. Mais la pêche est insuffisante, et l’argent vient à manquer. En désespoir de cause, il accepte de transporter des clandestins venus de Chine. Lors d’une nuit de tempête, tout va basculer et la traversée se transformer en véritable cauchemar...

Haemoo est bien réalisé, Haemoo est bien joué, mais Haemoo est tout de même un peu longuet. Ça bavasse pendant des plombes avant que l’action ne commence réellement. Et en attendant, on s’ennuie un tantinet.

En réalité, Haemoo, adapté d’une pièce de théâtre elle-même tirée d’un fait divers, est un drame maritime avec quelques accents horrifiques. Peu de choses à se mettre sous la dent donc pour les amateurs de barbaque. Le public ne s’y est d’ailleurs pas trompé : j’ai rarement connu une séance du BIFFF aussi calme. Mais bon, il faut dire que le sujet ne se prêtait pas vraiment à l'amusement (mis à part un personnage complètement obsédé par le sexe).

Pas un mauvais film, que du contraire, mais je pense qu’il était un peu hors-sujet dans la programmation d’un festival fantastique.

7/10 (avant, peut-être, un autre visionnage)

 

Automata de Gabe Ibáñez (par Geoffrey)

autamo

Jacq Vaucan, un agent d'assurance de ROC robotics corporation, fait des tests sur des robots. Ce qu'il découvre va avoir de profondes conséquences sur l'avenir de l'humanité...

Dire qu’Automata était attendu relève de l’euphémisme. J’en veux pour preuve que la salle était pleine à craquer. Du post-apo, des robots, un réalisateur proche d’Alex De la Iglesia et Anthonio Banderas en tête d’affiche, que demander de plus ? De l’action, peut-être... Car autant Automata est superbe graphiquement et autant son sujet peut s’avérer fascinant (même si déjà vu mille fois), autant le film de Gabe Ibanez manque cruellement de punch.

Les robots discutent avec Anthonio du sens de la vie, de leurs envies de liberté, tout ça... C’est bien beau, mais au bout d’un moment, on aimerait quand même voir un peu de folie éclater à l’écran.

Attention, je ne dis pas qu’il aurait fallu transformer Automata en ersatz de Transformers, mais comme me l’a glissé la spectatrice assise à côté de moi durant la séance : « il ne se passe pas grand-chose ». Je pense que quelques gunfights ou une tension plus soutenue n’auraient pas nui à l’ensemble.

Cela étant, le film reste plaisant et très recommandable. Les amateurs de robots peuvent sans problème s’y intéresser.

7/10

 

At the Devil’s Door de Nicholas McCarthy (par Geoffrey)

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Leigh, jeune et ambitieuse agente immobilière, est chargée de vendre la maison d’un couple mystérieux. Alors qu’elle travaille dur pour trouver des acheteurs, elle rencontre la fille des propriétaires, une jeune femme perturbée... Lorsque Leigh essaie de l’aider, elle se trouve piégée par une force surnaturelle aux intentions bien sombres...

Un film dont j'attendais beaucoup et qui s'est finalement avéré une déception. C'est étonnant au regard de ses qualités plastiques, car la réalisation de Nicholas Maccarty est de qualité, mais elle ne parvient jamais à faire dépasser le deux de tension à cette histoire de possession démoniaque.

La faute, je pense, à un scénario mal structuré, qui alterne entre passé et présent et multiplie les héroïnes, ce qui fait qu'on ne parvient jamais à s'attacher à aucune d'elles. En outre, ledit scénario est de facture assez classique et contient peu de moments forts.

Les effets spéciaux sont par contre saisissants et plusieurs séquences valent le coup d’œil, mais cela n’empêche pas qu’au final on se retrouve avec un film moyen, banal, limite ennuyeux.

Dommage.

4/10

 

From the Dark de Conor McMahon (par Punisher)

Un jeune couple se lance dans un voyage à travers la campagne irlandaise, un incident avec leur voiture les amenant dans un endroit que peu de gens décident de visiter. Lorsque quelque chose de sinistre est réveillé d'un sommeil millénaire, au plus profond de la tourbière sombre, le couple est confronté à un Mal inimaginable. Ils se rendent vite compte que la lumière est leur seul élément protecteur.

Alors que le soleil se couche et que les sources de lumière diminuent, la créature qu'ils doivent affronter devient plus puissante...

"Campagne irlandaise"

Quand il s'agit de ce genre de film, je commence généralement mes critiques par citer l'élément principal qui le constitue. Mais en l'occurrence, je ne ferai que dévoiler une (très) grosse partie de l'intrigue. Enfin très grosse, c'est beaucoup dire, car au delà du mystère très bien distillé du premier acte, ce qui suivra sera du déja vu un paquet de fois. Ce qui ne veut pas dire que le film soit mauvais, au contraire !

La première partie est pour moi la meilleure. Un couple, la campagne irlandaise profonde et pas un chat à l'horizon. Il n'en fallait pas plus au réalisateur du clownesque et réussi Stitches.

Débutant dans un univers sombre et menaçant (cherchez les différentes sources de lumière d'un film est très intéressant et permet de s'insérer dans l'aventure. En tout cas pour celui-ci...), les personnages principaux avance pas à pas pour lentement et surement se diriger vers leur tombeau. Je ne dévoile rien et c'est (peut-être ?) là le problème. Car au delà des décors bien mis en valeur, d'effets spéciaux minutieux et de comédiens concernés, c'est mince. Mais j'ai préféré prendre le film comme un survival et qui dit survival dit forcément laisser ses cellules grises à la maison. Pas de baisse de régime mais un cruel manque se faisant ressentir, surtout dans le milieu du film.

Heureusement le dernier acte a fini par emporter mon adhésion. Dans une noirceur presque absolue, le rideau tombe avec violence dans une guerre ou personne ni quoi que ce soit ne peut sortir vainqueur.

 

Dealer de Jean-Luc Herbulot (par Marianna)

dealer

Après une vie passée dans le trafic de cocaïne, Dan s'est promis de ne pas retomber. Se voyant offrir un dernier deal qui lui permettrait de réaliser son rêve d'enfance : déménager en Australie avec sa fille. Il accepte la proposition. Commence alors une descente aux enfers qui le replonge pendant 24 heures dans ce milieu impitoyable, fait de mensonges, violence et trahisons, où il devra sauver sa fille et survivre par tous les moyens...

Une des bonnes surprises du festival.  Je l'avais raté aux Hallucinations collectives et je l'ai enfin vu au BIFFF.

Le montage est intéressant. Le visuel du début et la rythmique claque (même si c'est dommage qu’on ne comprenne pas toujours la voix-off).

Le mélange des dialogues façon Audiard, du Pusher de Refn et des univers de Guy Ritchie et Tarantino est top.

7,5/10

 

The Editor de Adam Brooks et Matthew Kennedy (par Marianna)

edit

À l’époque glorieuse de la VHS, Rey Ciso était le Clark Gable du montage. Les plus grands metteurs en scène se l’arrachaient, tandis que les starlettes tombaient en pamoison devant ses doigts magiques et sa réputation de monteur hors pair. Jusqu’au jour où, aveuglé par son ego, il accepte de monter le plus long film au monde et se coupe les doigts de la main dans une crise de folie passagère...

Ce qu'écrivait le BIFFF à propos du film : "imaginez un giallo vu par les cousins de la Troma et l'humour des Nuls'' tombe quasi juste. Giallo ? Je dirais plutôt slasher car les codes qui s'en dégagent sont davantage proches de ce sous-genre. Du gore, des femmes à poil, des personnages sans morale, des Kékes qui s'assument et de l'absurde, mais esthétisé.

Il est vrai que les plans seins et fesses gratuits ne manquent pas, tout comme la stupidité des personnages qui entraîne leur mort inévitable, pour le plus grand plaisir des spectateurs du BIFFF.

Un bon moment de détente. Un bon film de minuit. Bref, une bonne rigolade !

6,5/10

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