La Porte du Paradis (Michael Cimino - 1980)

La Porte du Paradis
Heaven's Gate
Réalisateur : Michael Cimino
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Synopsis

Deux anciens élèves de Harvard se retrouvent en 1890 dans le Wyoming. James Averill est shérif fédéral tandis que Billy Irvine, rongé par l'alcool, est membre d'une association de gros éleveurs en lutte contre les petits immigrants venus pour la plupart d'Europe centrale.

Averill s'oppose à l'intervention de l'association sur le district et tente de convaincre son amie Ella, une prostituée d'origine francaise, de quitter le pays...

Trailer VO

Heaven's Gate (1980) Trailer

Anecdotes

Western

Nous sommes au Wyoming en 1890, à la fin de la conquête de l’Ouest, au moment du partage des terres. "La Porte du Paradis" (Heaven's Gate - 1980) fait ressurgir un épisode brutal de l’histoire des Etats-Unis. Forts de leurs appuis politiques, un groupe de grands propriétaires accuse les immigrants possédant une concession virtuelle d’être des anarchistes et des voleurs de bétail. Une milice de mercenaires est recrutée pour exterminer plus d’une centaine d’entre eux.

Inspiré d’un épisode réel, le propos Michael Cimino ne laisse planer aucun doute sur les intentions criminelles des propriétaires de bétail face à cet afflux d’immigrants. Grâce à l’immense succès de son film précédent, "Voyage au Bout de l’Enfer" (The Deer Hunter - 1978), Cimino a bénéficié d’un budget important pour filmer une grande fresque de 3h40, où les grandes scènes étourdissantes alternent avec des passages plus lents et même intimes.

Hélas, "La Porte du Paradis" reste dans l’histoire du cinéma comme l’un des films les plus injustement assassinés par la critique. Après quelques jours d’exploitation à New York, le film est retiré des salles face à l’hostilité générale et aux critiques très dures. Michael Cimino ramène la durée du film à 2h30... sans plus de succès.

Le désastre financier fut tel qu’il participa grandement à la faillite d'United Artists.

Il est bien entendu que l'on peut expliquer l’hostilité de la critique vis à vis du film de Michael Cimino par le fait qu’il met à mal l’idéal américain, provoquant ainsi une certaine mauvaise conscience. Certes, cela a du jouer mais ce n’est probablement pas la seule raison : Jean-Pierre Coursodon, qui était sur place, parle aussi de jalousie, de jubilation morbide et d’une volonté de la critique new-yorkaise de casser du jeune cinéaste. Il souligne aussi le fait qu'il s'agit d'un film qui réclame une certaine attention pour en saisir toutes les nuances... (Revue Cinéma n°266 de Février 1981).

Si Jean-Pierre Coursodon est de son côté consterné face à l'assassinat du film par la critique new-yorkaise, le film ne fut guère mieux considéré en Europe quand il sortit un peu plus tard. En compétition à Cannes en Mai 1981, il fut plutôt ignoré.

Comme beaucoup de films incompris à leurs sorties, "La Porte du Paradis" jouit aujourd'hui d'une réputation considérable auprès des cinéphiles et des critiques.

Les Affrontements du Comté Johnson ("Johnson County War") durèrent en réalité plusieurs années à partir de 1888. La Wyoming Stock Growers Association, le groupement de propriétaires qui avait alors établi une liste noire et engagé des tueurs, existe toujours aujourd’hui. Les immigrants traqués avaient pour beaucoup travaillé à l'installation des lignes de chemin de fer. Ils avaient reçu un bout de terrain mais ne parvenaient pas à faire enregistrer leur concession. En s'installant dans de petites fermes pour élever des moutons, ils faisaient obstacle à "l'open land" voulu par les grands propriétaires de bétail. Dans la réalité, Jim Averell et sa compagne Ella Watson furent abattus par les tueurs dès le début de cette mini-guerre, soit 3 ans avant la bataille rangée. L’armée intervint pour mettre fin aux affrontements et captura les mercenaires pour qu’ils soient jugés... Le jugement n’eut cependant jamais lieu, ils furent relâchés.

A un générique prestigieux s'ajoutent:
Joseph Cotten, Geoffrey Lewis, Ronnie Hawkins, Paul Koslo, Richard Masur, Mickey Rourke, Terry O'Quinn, Tom Noonan, et même Willem Dafoe dans une toute petite apparition non créditée.

Scénario : Michael Cimino
Musique : David Mansfield
Durée : 149 mn (cinéma), 219 mn (Director's cut)
Box-Office US : 3 484 331 $
Budget : 44 000 000 $

DVD & Blu-Ray