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Shark 3D – Critique

Shark 3D

Difficile de trouver des films de requins du gabarit du chef d'oeuvre de Spielberg ou du plus récent et non moins percutant The reef. Ne nous trompons pas, Shark night (pour une histoire qui s'étend à une durée équivalente en plein jour) fait partie de ces opportunistes qui naviguent en eau connue sans jamais rien apporter au genre qu'ils exploitent à des fins outrancières et financières. De l'esbroufe pour une production aguicheuse, prétentieuse et surtout inutile.

Publié le 24 Juillet 2012 par Dante_1984 · Voir la fiche de Shark 3D

Un groupe d'étudiants décide de se rendre chez l'une d'entre eux, en Louisiane, pour passer de bonnes petites vacances. Malheureusement pour eux, sur place des squales affamés ont investi le lac, mais ils ne semblent pas être le pire des dangers.

Les films de requins sont légion dans le paysage cinématographique. Inutile de citer les références du genre qui ont engendré moult navets, nanars et consorts dans cet horizon sanglant. Le requin est une espèce mal aimée (un peu comme votre serviteur) qui a été maltraitée à travers ces étrons de seconde (voire de troisième) zone.
Un squale à deux têtes, des croisements hybrides abominables (requin-pieuvre...), requin des sables (!) ou préhistorique, l'imagination débordante de débilités des scénaristes ne semblent avoir aucune limite. À quand le requin-basset qui se transforme en saucisse pour appâter ses proies sur les bords de la plage ?


Sea, sex and sharks (ou un vulgaire morceau de plastique).

Après avoir donné suite (en fait deux) à la saga Destination finale (le deuxième volet OK, par contre le quatrième...), David R. Ellis prend des risques inconsidérés en s'essayant au survival animalier, ce thème récurrent ayant déjà affreusement surexploité dans toutes les directions (en général, les pires). Dès les premiers instants, l'on comprendra que Shark night joue dans la catégorie des grosses productions fainéantes et pas inventives pour trois sous. L'entame est non seulement l'exemple le plus probant, mais un condensé de ce que réserve le film : classique, caricatural et hyperprévisible. Une blonde aux formes aguicheuses fraîchement vêtue d'un bikini. Un faux sursaut à cause de l'idiot de service (Pitié ! Non !). Puis l'attaque réelle.

Il y avait vraiment matière à trouver autre chose ou du moins l'agencer de manière singulière. L'on constate par là que Shark night n'a rien à offrir. Il pompe et repompe les artifices et autres subterfuges hautement éculés sans vergogne en donnant l'illusion d'un film maîtrisé, mais qui se révèle simplement un énième survival animalier sans grand intérêt. Pour preuve, la suite expose notre bande d'avortons décérébrés (tout droit sortie d'un mauvais slasher) et véhicule des stéréotypes aussi navrants que pénibles. Les bimbos de service avec deux sous de jugeotes et aux arguments gonflés (et gonflants), les minets à la testostérone débordante... Une petite touche d'exotisme avec les pecnots du coin absolument risibles et lamentables. D'ailleurs, les interprètes sont à l'image de leur personnage : sans relief. Mention spéciale au clone de Casper Van Dien (Chris Carmack).


Le délit de sale gueule est ici entièrement dû aux effets spéciaux lamentables.

En ce qui concerne l'histoire, on navigue en eaux troubles. Non pas que le récit se veuille brouillon (encore que...), mais plusieurs éléments amènent des incohérences ou un manque de crédibilité de par des choix scénaristiques alambiqués. L'idée des caméras est intéressante dans le fond, mais hors de propos. Nous ne sommes pas dans un torture-porn où ce tournant (pas vraiment plausible) aurait pris davantage d'importance et de poids dans l'intrigue. Cette simplicité et surtout cette prévisibilité entraînent dans leur sillage moult clichés que l'on devrait interdire pour ne plus avoir à pester contre eux. En tête de procession : la séparation du groupe, leurs décisions et motivations personnelles pour remédier à l'urgence de la situation et bien d'autres encore (mais se serait spolier un récit qui ne demande qu'à vous endormir).

Venons-en maintenant à ce qui nous (pré)occupe principalement : nos amis les squales. Non pas un, ni deux, ni trois, mais tout une flopée de requins vous attendent dans Shark 3D ! « Fantastique ! » me direz-vous. Un requin marteau, un requin-bouledogue, grand blanc... Pas mal d'espèces sont ici représentées de… bien piètre manière. Cette diversité n'aura d’égal que la médiocrité des effets spéciaux exposés. Le budget ? 25 millions de dollars ? Mais où sont-ils donc passés ? Dans la poche du Réal, des producteurs ou sous le tapis de la salle à manger du fidèle chien Sherman ? La question a le mérite d'être posée étant donné cet amas grossier de pixels dont la qualité fait songer aux prémices de la PlayStation 2 (en étant indulgent). Les gros plans accentueront cet édifiant constat et la 3D les magnifiera le plus maladroitement possible. C'est moche et surtout négligé. Petite précision : l'inoubliable saga Mega Shark des non moins fumeux studios de production Asylum ont fait des émules. Les requins aiment virevolter dans les airs tels des poissons volants de plusieurs tonnes ! Que c'est gracieux ! Que c'est merveilleux de nous offrir cet instant d'allégresse dans ce monde de brut !


« Meurs, misérable animatronique ! »

Pour ce qui est des attaques en elle-même, elles se veulent rapides et vite expédiées. Les trucages (encore eux) mettent en évidence les squales, des jambes agitées ou un acteur aux prises avec un animatronique de mauvaise facture. Quelques gerbes de sang plus tard et des hors-champ qui nous font hurler au scandale, les victimes poussent leur dernier souffle (le spectateur n'en est pas loin également). Ça manque de créativité, de violence brute, de démembrements ou de batailles sous-marines âpres entre les hommes et les requins. Là encore, l'on se rend compte du problème avancé plus tôt : fainéantise. N'oublions pas que les attaques édulcorées à l'écran ne servent absolument pas le « mobile » de la bande de pecnots cupides.

La sharksploitation montre plus que jamais un regain d'activité (surtout auprès des studios de production SyFy et Asylum pour notre plus grand malheur) dans les domaines les plus farfelus qui soient. Pourtant, Shark night disposait de moyens nettement plus confortables pour apposer sa petite griffe (si modeste soit-elle) au sein du survival animalier. Malgré ses formes attirantes (le cadre des bayous toujours intéressant, bien que peu présent en dehors des abords du lac), personne n'est dupe et surtout pas le spectateur avisé (ou même le novice en la matière). Personnages aussi plats qu'une limande, histoire prévisible aux rebondissements inappropriés, effets spéciaux calamiteux... Bref, les clichés et les défauts pullulent dans tous les sens. Shark night n'est rien d'autre qu'une série B de luxe fainéante qui se complaît dans sa propre médiocrité.

Dante_1984
À propos de l’auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches.

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