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Ça - Partie 1 – Critique

Ça - Partie 1

La claque de 2017 pour certains, mais pour d'autres, une nouvelle adaptation ne parvenant pas à atteindre la virtuosité de l'œuvre de Stephen King. En tout cas, le divertissement est assuré et avec cela, tout le monde sera d'accord.

Publié le 13 Janvier 2018 par Kinema · Voir la fiche de Ça - Partie 1

Partageant avec Alien: Covenant le podium des films de genre les plus attendus de 2017, la nouvelle adaptation du classique de Stephen King a fait beaucoup parler d’elle. La bombe horrifique de l’année ou juste un pétard mouillé surestimé ?

La ville de Derry, théâtre des aventures d’une bande - aussi appelée le « Club des Ratés » - de sympathiques prépubères, est malheureusement aussi le terrain de chasse d’une entité dont l’appétit semble focalisé sur les 8-12 ans de cette charmante bourgade... Bien appuyé par une adroite campagne publicitaire, ce conte macabre a bénéficié d’un effet boule de neige entraînant une hype générale autour de sa sortie et en conséquence de cela, un carton au box-office avec des recettes colossales s’élevant à plus de 120 millions de dollars pour son premier week-end soit le meilleur démarrage de l’histoire pour un film d’horreur. En plus d’une incroyable réussite commerciale, il s’avère que l’accueil de la critique est lui aussi plutôt enthousiaste, phénomène assez rare pour une production d’épouvante et une adaptation littéraire qui plus est.

Sans tourner plus longtemps autour du pot, Ça mérite amplement le battage médiatique qu’il a engendré et peut indéniablement prétendre au titre de perle horrifique de 2017. Dans la chaise du réalisateur, on retrouve Andrés Muschietti considéré comme l’un des descendants du cinéma de Guillermo del Toro (Crimson Peak, L'Échine du Diable), mais aussi connu pour son long-métrage à succès Mama. Dans ce dernier, on suivait les mésaventures de Victoria et Lilly, deux orphelines tourmentées par un esprit à l’instinct maternel trop démonstratif. La qualité était au rendez-vous, mais plus spécifiquement, l’aspect qui nous intéresse est la tendresse du métrage envers ses jeunes protagonistes au centre d’un récit pourtant très sombre. Sur base de cela, Muschietti était clairement le candidat idéal pour retranscrire à l’image le roman de Stephen King à qui l’on connaît une bienveillance envers l’enfance jumelée à une sévérité parfois cruelle, car oui, les bambins ne seront pas ménagés.

Et ce, dès les premières minutes, car la scène d’ouverture introduisant notamment le personnage de Grippe-sou - Pennywise en version originale - donne le ton pour le reste du métrage. Une atmosphère lugubre qui sera contrebalancée par la chaleur de l’ambiance 80’s génération Goonies &Co et bien sûr par la bonhommie des personnages les plus attachants tels Bill et Beverly, interprétés par Jaeden Lieberher (Midnight Special) et Sophia Lillis ou encore le rôle de Richie alias « Grande Gueule » tenu par Finn Wolfhard, jeune acteur révélé par la série - d’ailleurs très ancrée dans cette même nostalgie - Stranger Things. Ce mélange des genres se ressent également au niveau de la BO signée Benjamin Wallfisch (A Cure for Wellness, Dans le Noir) où se côtoient les notes de pianos les plus froides pour accentuer le malaise, mais aussi des morceaux plus pop donnant à Ça des airs de feel-good movie.

Évidemment, on ne commettra pas le blasphème d’aborder le casting sans revenir sur la performance du glaçant Bill Skarsgård - frère d’Alexander Skarsgård (Hidden, Melancholia) et fils de Stellan Skarsgård (L'Exorciste : au commencement) - interprétant le clown cabriolant autrefois joué par Tim Curry (The Rocky Horror Picture Show) dans le téléfilm de 1990. Si le statut relativement culte de l’œuvre de Tommy Lee Wallace (Halloween 3 : Le sang du sorcier) n’est pas remis en question, Skarsgård donne à l’évidence une dimension cauchemardesque à son personnage dans la version de 2017.

Chapeau bas à Andrés Muschietti pour sa direction artistique et ses choix de réalisation. Rendre à César ce qui est à César n’est pas nécessairement synonyme de tomber dans un conformisme aveugle de consommateur, et c’est toujours mieux que de vouloir sans cesse pisser contre le vent en clamant à qui veut l’entendre que l’œuvre de King était meilleure. Peut-être est-ce le cas, mais là n’est pas la question.

Kinema
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