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Frenzy – Critique

Instinct de survie : l'océan de la peur

En privilégiant la survie au sens strict du terme, Frenzy dispose de bases saines pour s’insinuer dans le survival animalier où les requins tiennent la vedette. Malheureusement, les effets spéciaux, le rythme entrecoupé de flashbacks pas toujours justifiés et le dénouement altèrent considérablement la qualité générale du film. Dommage, car les situations jouent de diversité et la progression reste dynamique.

Publié le 22 Septembre 2019 par Dante_1984 · Voir la fiche de Instinct de survie : l'océan de la peur

Ces dernières années, peu de films de requins sont parvenus à se distinguer. Le mot d’ordre général étant de faire n’importe quoi avec peu de moyens et une absence totale de talent (et de scrupules), on peut compter sur les doigts d’une main les métrages potables de la décennie2010. Il est vrai qu’il est tellement plus simple de laisser libre cours à la bêtise que maîtriser les fondamentaux d’un genre, même s’il s’agit du survival animalier. Entre deux productions pestilentielles, on peut néanmoins apprécier quelques modestes sursauts d’orgueil. Une fois n’est pas coutume, Frenzy fédère un minimum d’attentes devant quelques bonnes idées et ce qui apparaît, de prime abord, comme un traitement «sérieux».

Le grand bleu en passe de se teinter de rouge ?

Au lieu de nous desservir les sempiternelles bévues côtières, Frenzy s’accapare les bases de la survie en milieu hostile avec un cadre opportun pour des attaques de requins. L’approche est similaire à ce que le premier Open Water avait pu proposer. Ici, il n’est pas question d’un naufrage ou d’un abandon de plongeur, mais d’un crash d’avion. En dépit d’une première séquence qui ouvre le sujet à la manière d’un found-footage, la mise en condition est immédiate. On ne s’entiche guère de tergiversations et, chose assez rare pour le souligner, les protagonistes ne sont pas déplaisants. Certes, on a droit à quelques poncifs, mais rien de préjudiciable pour les crédibiliser.

Car l’attachement des personnages s’avance comme un facteur essentiel dans la suite des événements. L’isolement et la confrontation avec les animaux viennent renforcer le rapprochement avec le spectateur. Le fait d’être livré à soi-même et le danger permanent sont plutôt bien retranscrits. Par ailleurs, la progression reste dynamique et n’hésite pas à malmener les survivants à intervalles réguliers. On dénote de bonnes idées qui augurent la présence des squales, comme les corps flottants sur un débris qui disparaissent subitement en arrière-plan ou l’absence totale de repères face à l’étendue de l’océan.

Un petit bout de rocher bien gardé

Bien que le cadre de l’intrigue soit restreint au seul lieu du crash dans un premier temps, la variété des situations et la cohérence qui en découle étonnent par cette rigueur. Globalement, les comportements restent réalistes pour affronter les requins. Tout semble indiquer que l’on a droit à un téléfilm qui détonne dans le paysage de la sharksploitation. Seulement, le film de Jose Montesinos souffre de défauts qui atténuent considérablement ce bon a priori. À commencer par des flashbacks récurrents. S’ils ont pour objectifs de développer le background des personnages et leurs relations, ils surgissent de manière inopportune et cassent le rythme pourtant travaillé. On a donc l’impression qu’ils font office de remplissage.

Mais cet écueil n’est rien en comparaison des effets spéciaux. Si l’on a vu bien pire, les requins font clairement tache. En l’occurrence, ils n’ont rien à envier aux étrons d’Asylum tant les trucages sont grossiers et les incrustations capricieuses. Seuls quelques plans sous-marins restent corrects, même s’ils sont souvent identiques. On notera également une violence édulcorée qui ne parvient guère à retranscrire la cruauté de la situation et la vulnérabilité des hors-d’œuvre en combinaison. Par ailleurs, on a droit à un dernier tiers qui part en roue libre et propose une confrontation à la MacGyver pour tenter d’occire les squales avec les moyens du bord.

Encore une réplique mordante ?

Au final, Frenzy aurait pu s’avancer comme un survival animalier de qualité si l’aspect formel inconstant ne contrastait pas avec des intentions tout à fait louables. Les images de synthèse pour reproduire les requins sont calamiteuses. Elles anéantissent les nuances suggestives des confrontations et l’urgence de la situation initiée en amont. Malgré une certaine énergie et une continuité relativement intéressante à suivre, on se heurte à des défauts des plus handicapants pour apprécier cette production dans de bonnes conditions. Il en ressort un résultat en demi-teinte que l’on peut classer entre Open Water et Instinct de survie dans sa manière d’appréhender le film de requins. Sympathique, mais perfectible sur de trop nombreux points.

Dante_1984
À propos de l’auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches.

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