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Mega Shark Vs. Octopus – Critique

Mega Shark Vs. Octopus
Durant une plongée sous-marine, une scientifique est interpellée par la fuite d'un groupe de baleines. Un téléfilm qui n'échappe pas aux outrances de ce genre de produits, bien dans l'esprit de la firme Asylum.
Publié le 2 Janvier 2010 par GORE MANIAC · Voir la fiche de Mega Shark Vs. Octopus
**Attention, cette critique contient quelques spoilers.**


Durant une plongée sous-marine, une scientifique est interpellée par la fuite d'un groupe de baleines. En fait, la fonte de la calotte glacière a ramené à la vie deux monstres marins que l'on croyait éteints depuis des millions d'années : une pieuvre géante et un mégalodon.


Spécialisée dans les nanars à budget réduit, la maison de production Asylum s'est aussi lancée avec un zèle effroyable dans les films de terreur animalière, repoussant le ridicule le plus loin possible, les effets numériques octroyant désormais à n'importe quel abruti un peu équipé d'inscrire son nom à un générique de téléfilm en tant que superviseur des effets spéciaux.
A l'instar de la série des Godzilla, Asylum nous concocte donc ici un duel entre deux monstres disparus, idée de base au combien simple et efficace à un certain niveau quand le scénario est signé par un ignare décérébré probablement recalé au casting de Bob l'éponge.


Le scénario de ce métrage est en fait l'oeuvre de Jack Perez, qui se cache ici sous le pseudonyme d'Ace Hannah (sic). Perez avait été mieux inspiré en dirigeant la bombe latina Carmen Electra dans Monster Island, oeuvre bis mais sympathique, et avait aussi réalisé une honnête suite du thriller Sexcrimes. Dans un éclair de lucidité, il a donc masqué son identité, probablement pour permettre à ses enfants d'aller à l'école sans avoir honte du métier de leur paternel.
Autre "personnalité" ne pouvant pas, par contre, se masquer derrière un faux nom : Lorenzo Lamas. L'ancienne star de la série Le Rebelle campe désormais les guests stars dans des oeuvres aussi improbables que Dark Waters, Blood Angels, Succubes et autres Raptor Island, dans lesquelles son nom doit probablement attirer quelques actionnaires. Avec un charisme digne d'une limande, Lamas joue ici un militaire stupide portant la queue de cheval (une rareté dans le monde de l'armée, sic), ne servant que de faire valoir au trio de scientifiques, interprété avec une certain justesse.


Comme il s'agit d'un des deux seuls points positifs de ce métrage, il est donc important de souligner le jeu de ces acteurs inconnus mais apportant un peu de profondeur à ce métrage assez bavard qui, après un démarrage assez lent mais correct, chute dans un Z consternant de débilité dès la première attaque du requin géant qui...avale un avion en plein vol ! Dès lors, plus rien ne pourra nous surprendre, de l'attaque du célèbre Golden Gate Bridge de San Francisco par ce même megalodon, qui s'attaque aussi aux navires de guerre de l'armée, au bowling version pieuvre géante, variante du célèbre jeu dans lesquelles les quilles sont remplacées par des sous-marins.


Revenons en à l'autre point fort du téléfilm, la qualité de sa photographie. Les jeux de lumière y sont en effet bien travaillés et, des couchers de soleil sur la plage aux bunkers et autres bases militaires, Alexander Yellen a vraiment soigné le rendu visuel de cette oeuvre, apportant un soupçon de qualité à une oeuvre commerciale n'en ayant que très peu à son bord.


Long et fastidieux, ce téléfilm médiocre se devait de se terminer par un combat épique entre une créature qui a souvent inspiré l'illustre Ed Wood (voir la scène culte de La Fiancée du Monstre, avec Lugosi en proie à une pieuvre en plastique qu'il devait lui même faire bouger) et le requin le plus gigantesque de tous les temps. Ce duel numérique se résume à quelques morsures et des nappes de sang qui finiront par se noyer dans les profondeurs de l'océan, ne sortant pas le téléspectateur des abîmes insondables de l'ennui dans lesquels il s'était perdu depuis fort longtemps.


En résumé, un téléfilm qui n'échappe pas aux outrances de ce genre de produits, bien dans l'esprit de la firme Asylum.

GORE MANIAC
À propos de l’auteur : GORE MANIAC

J'essaie de partager ma passion pour un cinéma méconnu, mais qui mérite incontestablement qu'on s'y arrête !

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