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The Human Centipede

Un film comme tant d'autres dont la sulfureuse réputation n'est pas méritée, mais dont le scénariste devrait suivre une psychanalyse...
Publié le 31 Décembre 2012 par AqMEVoir la fiche de The Human Centipede
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Pour se faire remarquer dans le cinéma de genre, il faut soit faire un bon film original, soit partir dans le trash, le dégueulasse et le malsain. C'est ce qui se passe avec The Human Centipede, film néerlandais qui a défrayé la chronique et les sites internet spécialisés dans le cinéma horrifique.
Partant d'un postulat de base complètement loufoque, le film se taille une réputation de film sale, à la limite du supportable mais doté d'un réalisme incroyable. Bien évidemment, cela m'a interpellé et il a été très difficile de se procurer le film pour pouvoir en faire une vision en bonne et due forme. Alors, le film est-il vraiment aussi malsain que ça ? Le gore et le trash sont-ils poussés à leur paroxysme ? Pour être tout à fait honnête, je ne pense pas et on peut voir des films beaucoup plus révulsant que celui-ci (A Serbian Film pour ne citer que lui). Maintenant, le film contient quelques passages savoureux et d'autres beaucoup moins. Descendons dans la cave de ce cher docteur Heiter pour voir de quoi il en retourne.


Fait pas beau chez vous, on se croirait aux JO de Londres...

Quand on découvre le scénario pour la première fois, on reste subjugué par la bêtise de celui-ci. Comment un cerveau humain peut-il envisager une seule seconde que tout cela soit plausible et même pensable. En gros, on va suivre le docteur Heiter, spécialisé dans le détachement de frères siamois, et on le voit pleurer trois chiens qui se sentent le cul. Puis il descend finalement de sa bagnole et tire une fléchette hypodermique sur un gros routier en train de chier. Plan suivant, on retrouve deux jolies américaines qui font faire une fête dans un endroit paumé. Malheureusement, elle crève au milieu de nulle part et décident de traverser une forêt sombre, de nuit sous la pluie (ça, ça ne s'invente pas !) et trouve refuge dans la maison de ce cher docteur. Il les drogue, les ligote sur un lit et décide de créer un monstre (pour lui une ½uvre majeure), un mille-pattes humain.
Alors là, je ne sais pas ce que mange Tom Six, réalisateur et scénariste du film, mais il doit y foutre une sacrée dose de champignons hallucinogènes, parce que mettre en image une idée aussi barge, il faut le faire et l'assumer ! Invraisemblable de bout en bout, l'histoire ne se perd en explication scientifique et on ne peut que rester dubitatif sur la possibilité de faire cette expérience, mais aussi sur les raisons qui pousseraient quelqu'un, même un docteur fou, à faire ce genre d'expériences inutiles.

Mais je pense que Tom Six est loin d'être bête et qu'il sait que son projet et son histoire sont totalement hors de propos d'un point de vue scientifique, et contrairement à des séries comme Fringe ou les Experts, il ne va pas se perdre en explications foireuses et tâtonnantes, pour ne pas en plus perdre une crédibilité supplémentaire.

Le plus gros défaut du film, c'est qu'il ne suscite pas de réelle peur, et pour un film d'horreur, cela est un vrai problème. Jouant la carte du dégout et du trash, Tom Six se perd un petit peu dans son objectif et dans son ambiance, qui ne distille aucun moment de frayeur. C'est d'autant plus problématique que la réalisation reste très bonne, et que les effets sont très bons.
Alors pourquoi qualifie-t-on se film, de film d'horreur me direz-vous ? Et bien parce que le sujet est relativement malsain et que la manière de conduire le scénario, avec un docteur complètement frappadingue font que le film est dérangeant. Malgré cela, on ne ressentira pas de fort sentiment dans le métrage, n'ayant pas le temps de prendre en affection les deux jeunes filles ou le chinois énervé et seul le personnage du docteur semble bien travaillé et avoir un traitement de faveur. Donc, d'un point de vue ambiance et implication du spectateur, c'est raté, proposant quelque chose de froid et d'impersonnel.


Ach !

D'ailleurs, on ressent bien au travers des acteurs, ainsi que celui des personnages, que seul celui du docteur Heiter a été travaillé avec sérieux. L'acteur l'incarnant est complètement habité par le personnage et fait vraiment froid dans le dos. Profitant d'un physique disgracieux et sec, Dieter Laser livre une prestation formidable incarnant la rudesse et la folie à la perfection. Il suffit d'un regard ou d'une expression pour qu'il vous fasse froid dans le dos. C'est surement pour cela aussi que le film semble si froid et si impersonnel, reflétant le personnage principal et son obscur dessein. On voit très nettement que les autres personnages ne sont pas forcément travaillés et que n'importe qui aurait pu faire l'affaire. Le japonais rebelle, meneur de la chenille est assez convaincant, mais la fin ne justifie pas forcément ses moyens. Les deux autres actrices, prises dans la bestiole ne sortent pas leur épingle du jeu, ne servant que de chair à canon et le sort réservé à la plus rebelle ne nous touche pas plus que cela et c'est dommage. Enfin, les deux derniers rôles reviennent à deux flics allemands tout droit sortis d'un épisode de Derrick, avec le look et tout ce qu'il faut, avec une prestation surjouée au maximum et on n'y croit pas une seule seconde. D'autant plus que leur sort vient d'une chance inouïe pour le méchant de l'histoire.

Bien entendu, comme le film s'est taillé une réputation de film pour allumés du bulbe, il a fallu mettre le paquet dans des effets gores et dans des effets scatologiques. Tom Six va faire plaisir aux fans de ce genre, présentant des passages absolument éc½urants au milieu de scènes plus ou moins surprenantes. Ce qu'il y a d'étonnant, c'est qu'au-delà du fait de l'ignominie de l'acte de faire ce mille-pattes, Tom Six ne va pas mettre tant de gore que ça et il va plutôt jouer sur l'humiliation, la réduction de l'humain en une simple bête de foire pour susciter une quelconque émotion auprès du spectateur. Le problème, c'est que tout cela semble tellement irréel que l'on a du mal à croire ce que l'on voit et que le sort des trois pauvres bougres ne nous semble pas si important que cela. Par contre, le réalisateur nous livre quelques fulgurances, et la scène où le toubib explique comment il va faire pour créer ce mille-pattes humains, devant les victimes est tout simplement remarquable, cruelle et drôle. Seulement, hormis les passages scatos comme le mec qui chie dans la bouche de l'autre, ou encore la dernière qui subit une infection et qui suppure du pus, ce n'est pas tellement si gore et si crade que ce que j'ai pu entendre.


La bande à Basile version SM ! Là, ce n'est pas sûr que tout le monde s'éclate.

Au final, The Human Centipede est un film moyen qui ne doit sa réputation qu'à l'humiliation de l'être humain et à quelques effets scatos bien dégueulasses. Si l'histoire semble invraisemblable, l'ambiance froide et l'acteur principal sont assez bons. Malheureusement, le film ne fait ressentir aucune émotion et le tout semble creux et juste bon à faire dans le trash sans se poser des questions. La fin, nihiliste et sans espoir demeure tout de même sympathique. Bref, un film comme tant d'autres dont la sulfureuse réputation n'est pas méritée, mais dont le scénariste devrait suivre une psychanalyse. Moyen donc.

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