Voir la fiche complète du film : La Horde (Yannick Dahan, Benjamin Rocher - 2009)

La Horde – Critique

La Horde

Suite au meurtre d'un des leurs, un quatuor de policiers décide de se rendre justice lui-même. Sans être inoubliable, La Horde est avant tout un bel hommage au cinéma gore de la vieille école.

Publié le 27 Août 2010 par GORE MANIAC · Voir la fiche de La Horde

Dans la banlieue parisienne, suite au meurtre d'un des leurs, un quatuor de policiers décide de se rendre justice lui-même en investissant, de nuit, la tour d'un immeuble délabré dans lequel squatte un gang. Néanmoins, l'opération se passe mal et, au dehors, de terribles événements changent la donne.

Journaliste dans plusieurs revues (Positif, Mad Movies...) et présentateur sur CinéCinéma d'Opération Frisson et de soirées d'épouvante sur Canal + , le joyeux drille Yannick Dahan devait, un jour ou l'autre, passer derrière la caméra, afin de rendre hommage aux cinéastes qu'il vénère. La France s'étant désormais ouverte au cinéma de genre depuis une bonne décennie, il était tout à fait possible pour lui de signer une série B à son image, à savoir furieuse et décomplexée.


C'est dommage, la déco venait juste d'être refaite...

Le scénario n'est pas le point névralgique de La Horde. D'une guérilla urbaine chère aux productions Besson, Dahan et son complice, Benjamin Rocher, dévient rapidement vers un survival basique mais efficace, dont la principale originalité est de lier le destin d'ennemis héréditaires (flics et voyous) face à une horde de zombies sanguinaires, dans une tour HLM en ruine, lieu de combat il est vrai idéal car représentatif d'un certain malaise social.
Côté dialogues, même si l'on sourit devant certaines expressions de René, rien de bien croustillant, les personnages accumulant les grossiéretés et autres quolibets inutiles, les policiers ne relevant pas le niveau. La bande originale, avec l'incontournable morceau de rap final, est convenue, et prouve que Dahan reste davantage, à l'heure actuelle, un cinéphile plutôt qu'un cinéaste.

Ses inspirations les plus affirmés restent bien évidemment Assault  de John Carpenter (pour la collaboration inévitable entre flics et truands) et le cultissime Dawn of the Dead, de George Romero . Même si, artistiquement parlant, on peut lui préférer le premier film de Romero, La Nuit des Morts-Vivants, Zombie a durablement marqué les esprits. Ainsi, du remake de Snyder, L'Armée des Morts, en passant par les jeux vidéo et autres hommages ou parodies (Shaun of the Dead), ce film peut être considéré comme le parangon du film de zombie. Dès lors, sachant que de l'hommage à la copie, il n'y a parfois qu'un pas, le duo Rocher-Dahan marchait sur des oeufs.

Heureusement, les personnages sortent du lot, plus par leur intense détermination et leur foi, que par leur humanité, il est clair assez peu visible à première vue. Seule tête d'affiche du film, Claude Perron, vue en outre dans les oeuvres décalées de son compagnon Albert Dupontel (Bernie, Enfermés Dehors), tient la route en clone de Ripley (la ressemblance est frappante dès la scène de la salle de bains).


On peut être coquette tout en chassant les zombies !

A ses côtés, le trio Ebouaney-Martins-Pignot est convaincant, le personnage de René apportant un semblant de bienveillance à ces héros qui n'en ont que le nom.

Les effets gores sont plutôt réussis, même si les gros plans sont rares. Mais, entre quelques explosions de cervelles et fusillades en série, l'action ne manque pas dans un film dynamique qui ne se pose guère de questions, élément salvateur dans un milieu où désormais chaque scène est calculée et repensée. Autre point fort du métrage, sa capacité à accélérer le rythme à l'aube d'un épilogue explosif, où les scènes de bravoure ne manquent pas (la scène du garage puis celle de la cave, avec la présence de Dahan en chef de file zombie).

Sans fioritures, le dénouement prouve une fois de plus la détermination insubmersible des survivants, nouvelle preuve de l'envie chez Dahan de s'éloigner des poncifs du genre, ce qui permet finalement à son premier long-métrage de se distinguer de l'ensemble de la production, et de finir de manière expéditive et intense.


Woups !

Sans être inoubliable, La Horde, premier film de zombie hexagonal, est avant tout un bel hommage au cinéma gore de la vieille école. Sans égaler Haute Tension, ce long-métrage prouve également la bonne santé du cinéma de genre dans nos contrées.

"Et comme disait mémé en découvrant les nombreuses utilisations possibles du mode vibreur de son nouveau portable, si c'est interdit, c'est que c'est bon !"


Un webmaster se cache sur cette photo... saurez-vous le retrouver ?

GORE MANIAC
À propos de l’auteur : GORE MANIAC

J'essaie de partager ma passion pour un cinéma méconnu, mais qui mérite incontestablement qu'on s'y arrête !

Autres critiques

The Bunny Game

The Bunny Game

Il est parfois des films qui succèdent à la rumeur et prévalent avant tout pour l'aura qui s'en dégage plutôt que sur une pseudo-vision artistique. Le cinéma en possède quelques-uns, mais pour rester dans les années 2000, nous pouvons citer A serbian film . À la hauteur de sa réputation, il en émanait un profond malaise. À la fois malsain, scabreux et exempt de toutes contraintes morales...
Abominable

Abominable

Qu’on le nomme sasquatch ou bigfoot, le mythe de ce primate géant au cœur des forêts de l’Amérique du Nord s’est démocratisé au XXe siècle, notamment avec l’émergence de la cryptozoologie. De canulars en témoignages troublants, la légende possède des variantes sur la plupart des continents. Ancrée dans la culture populaire, l’histoire est une manne providentielle...
Dark Hour, The

Dark Hour, The

**Attention, cette critiques contient quelques spoilers.** Une poignée de survivants d'une guerre bactériologique considérable se terre dans des sous-terrains envahis par divers dangers. Le cinéma de genre ibérique se porte bien. Après quelques tentatives érotico-fantastiques assez fantaisistes durant les années 60-70 (cf les filmographies de Jesus Franco et de Jacinto Molina), le cinéma espagnol...
The Creeps

The Creeps

Au rayon grosse débilité profonde, je voudrais The Creeps de Charles Band de chez Full Moon. Les grandes figures monstrueuses de la littérature ont inspiré plus d'une fois les amateurs de bis et de films d'horreur. En témoigne les différentes adaptations du monstre de Frankenstein de Mary Shelley, de Dracula de Bram Stoker ou encore de la momie et du loup-garou. D'ailleurs, même les...
Jurassic Predator

Jurassic Predator

Les marais demeurent un endroit propice à l’émergence de créatures monstrueuses. On peut évoquer Man-Thing ou, pour rester dans les bayous de la Louisiane, Frankenfish et son aberration sur nageoire plutôt jouissive. Ce cadre est également le terrain de chasse de Victor Crowley dans la saga Butcher et souvent l’objet de rites étranges, notamment dans La Porte des secrets . Un tel...