Voir la fiche complète du film : Killing Sharks (Pat Corbitt - 2002)
Critique

Killing Sharks

Un nanar qui s'appuie sur quelque chose de crédible, mais tombe à l'eau sitôt la première apparition du requin.
Publié le 8 Février 2014 par AqMEVoir la fiche de Killing Sharks
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Requin
Comme un grand nombre de prédateurs, le requin fait partie des animaux que l'être humain craint le plus, au même titre que le crocodile, la pieuvre géante ou encore l'ours. Il est donc assez logique que des producteurs peu scrupuleux tentent de jouer sur la peur de ces animaux en faisant des films d'horreur. Et ils ne sont pas nombreux à tirer leur épingle du jeu. On pourra noter le chef d'½uvre de Spielberg avec Les Dents de la Mer ou La Mort au Large d'Enzo G. Castellari. Pour le reste, on peut facilement passer son chemin, car beaucoup de bouses ponctuent la filmographie du squale. La faute sûrement à The Asylum qui a ridiculisé plus d'une fois le grand blanc à lui donnant des tailles improbables et des effets spéciaux ridicules. Du coup, entre des combats contre des pieuvres géantes, une transformation avec des tentacules ou avec un humain (Creature, Sharkman), pris dans une tornade (Sharknado) ou encore en mode fantôme (Ghost Shark), le requin ne fait plus peur du tout. En 2002 sort alors Killing Sharks (le titre original étant Megalodon) et il fait partie de ces films que l'on a envie d'aimer mais qui finissent en eau de boudin. Explication.

Un riche industriel fait construire la plus grande plateforme pétrolière du monde proche de la banquise. Cette méga structure va pouvoir aller chercher le pétrole encore plus profondément que toutes les autres plateformes. Une équipe de journaliste se rend alors sur les lieux pour faire des interviews de l'équipe et du riche bonhomme. Alors qu'un tuyau se bouche, les hommes en ressortent un poisson préhistorique que tout le monde pensait disparu. Malheureusement, en creusant, les hommes vont percer à jour une immense cave où vit encore des animaux préhistoriques et fluorescents. Malheureusement, cette crevasse cache aussi un requin de plus de 19 mètres de long, un Mégalodon, l'ancêtre du requin blanc. Et ce gros machin va attaquer la plateforme. On voit bien que le départ du pitch est très crédible, mais c'est la suite des évènements qui va se corser.


Non, ceci n'est pas un phallus.

En effet, la première heure du métrage est assez agréable. On observe tout ce petit monde s'activer sur la plateforme, entre les amitiés et inimitiés et on se prendra d'affection pour deux personnages, un peu plus érudit et spiritueux que les autres. Les effets spéciaux ne sont pas trop moches, utilisant le cel-shading pour noircir les contours et rendant le tout plus crédible. La première attaque de poisson est réussie et on ne s'y attend pas, surtout que l'on sait que ce n'est pas le requin. Tout ça n'est pas non plus extra, mais ça reste divertissant et sans aucune surenchère. Le meilleur passage est lorsque les deux personnages les plus intéressants tombent dans la caverne et découvrent tous les nouveaux animaux. C'est très beau et franchement réussi. Malheureusement, cette joie sera de courte durée, car dès l'apparition du requin, c'est la catastrophe.

Les effets spéciaux sont vraiment laids, ne rendant aucunement hommage à la bestiole qui se déplacera de manière lourde et pataude. Les différentes attaques restent de très mauvais goûts et ne susciteront aucun intérêt pour le spectateur qui reste de marbre devant son écran. Le pire étant l'attaque de la glace, qui fait penser à un phallus turgescent qui transperce une croûte de glace. Toute la crédibilité du film part à vau l'eau et c'est bien dommage. D'ailleurs le requin suffit à lui seul pour faire trembler la structure et menacer de la faire s'écrouler. Pas très crédible comme situation. D'autant plus que tout s'enchaîne à grande vitesse et sans grande cohérence, comme le crash de l'hélicoptère qui n'est là que pour tuer quelques personnages.

Au niveau du casting, hormis Robin Sachs, le reste n'est peuplé que d'inconnus au bataillon. Si les deux gros du film jouent comme des balourds, le reste est plutôt intéressant. La plupart des acteurs évitent la surenchère et essayent d'être le plus crédible possible. Difficile de l'être pour le « héros » du film avec ses cheveux peroxydés et ses cicatrices sur tout le corps, même s'il reste attachant. Même chose pour sa copine, qui a un côté ésotérique et qui demeure touchante. Alors certes, ce n'est pas la panacée, bien au contraire, comme le caméraman qui déboule en antarctique avec un short, mais ça reste relativement honnête. C'est vraiment le requin qui pose un gros problème.

Au final, Killing Sharks n'est pas un nanar comme les autres. S'appuyant sur quelque chose de crédible, il propose un spectacle qui tombe à l'eau dès l'apparition première du requin en question. Loin d'être convaincant, le film est tout de même agréable dans sa première heure et possède un certain capital sympathie. Mais c'est bien tout, et la sympathie ne fait pas tout dans le cinéma...

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