Voir la fiche complète du film : Massacres dans le Train Fantôme (Tobe Hooper - 1981)

Massacres dans le Train Fantôme

Avec Massacres dans le Train Fantôme, retour sur un film typique du cinéma de l'auteur de Texas Chainsaw Massacre.
Publié le 22 Septembre 2017 par GORE MANIACVoir la fiche de Massacres dans le Train Fantôme
7
Parc d'attractions - Fête Foraine

Deux couples d'adolescents passent la soirée à la fête foraine locale. Ils décident finalement de s'aventurer toute la nuit au coeur du train fantôme et vont être le témoin d'un meurtre effroyable.

Décédé il y a quelques semaines, à l'âge de 74 ans, Tobe Hooper faisait partie des derniers illustres réalisateurs américains des années 70-80. Avec Massacres dans le Train Fantôme, retour sur un film typique du cinéma de l'auteur de Texas Chainsaw Massacre.

Lieu phare du cinéma d'horreur, la fête foraine a inspiré bon nombre de classiques. De Freaks à Elephant Man, en passant par le poétique Carnival of Souls, cet endroit, à la fois magique et effrayant, regorge de personnages pittoresques, que Tobe Hooper n'oublie pas dans la première moitié du film, tels le magicien fantasque, l'animateur mystérieux et la diseuse de bonne aventure mystique. Et que dire de la scène exposant des animaux difformes réels, aujourd'hui impensable (Hooper, ne manquant pas d'humour, nous présentant ensuite des strip-teaseuses qui recevront le même accueil, de la part d'un public rendu abruti par l'alcool et la sottise).

Le premiers tiers du métrage, riche en références cinématographiques (Halloween, Psychose, la Fiancée de Frankenstein), ancre bien ce Funhouse dans son époque, un vent de nostalgie flottant désormais sur ce long-métrage qui clôture la première partie de carrière du cinéaste. Comme souvent chez Hooper, le démarrage est donc plutôt tranquille, même si le réalisateur a acquis ici une certaine expérience.

On y découvre les principaux protagonistes, quatre ados plutôt convaincants, la jeune Elizabeth Berridge, avec son côté femme-enfant, interprétant avec beaucoup de justesse le rôle principal. Les forains y sont également inquiétants à souhait, l'ensemble baignant dans une atmosphère propice au frisson, sous la houlette musicale d'un John Beal inspiré.

La seconde moitié du film se tourne davantage vers l'horreur, le monstre de foire faisant une entrée en fanfare. Le maquillage réussi, signé Rick Baker, apporte une vraie dynamique à une série B démontrant le talent d'un Hooper en matière de petit budget indépendant. Certes, Massacres dans le Train Fantôme (dont le titre français tente de surfer judicieusement sur le succès de Massacre à la Tronçonneuse) n'a rien d'un film gore, comme beaucoup de films d'un Hooper privilégiant souvent l'ambiance aux visuels sanglants, mais les meurtres sont bien ficelés. Le kaléidoscope de la mise à mort de Liz, sans être assez explicite pour certains, est par exemple très efficace.

L'aspect macabre de l'attraction et le jeu de Kevin Conway donnent une belle profondeur à l'ensemble, même si ce Funhouse accumule aussi quelques clichés du genre. Une belle mise en bouche pour Hooper avant de s'attaquer à des défis plus relevés, notamment Poltergeist (son projet le plus ambitieux, produit par Steven Spielberg), qui sortira l'année suivante.

Récemment proposé en France par Elephant Films dans un superbe combo DVD/Blu-Ray, The Funhouse est enfin disponible dans une version restaurée de superbe facture, redonnant un cachet digne de ce nom à l'un des films les moins connus de Tobe Hooper. Pourtant, malgré quelques défauts mineurs, Massacres dans le Train Fantôme résume à merveille la carrière irrégulière de Hooper, composée de hauts et de bas, et mérite incontestablement qu'on y fasse encore escale, ne serait-ce que pour rendre hommage à l'un des rois de l'horreur US les plus controversés, finalement digne héritier du Grand-Guignol, savant mélange aujourd'hui oublié, entre mauvais goût assumé et humour noir.

A propos de l'auteur : GORE MANIAC
Portrait de GORE MANIAC

J'essaie de partager ma passion pour un cinéma méconnu, mais qui mérite incontestablement qu'on s'y arrête !

Autres critiques

Sharknado 2
Quand on touche au survival animalier, on découvre davantage d’étrons indigestes plutôt que de véritables pépites. Des producteurs peu scrupuleux tels que SyFy ou Asylum ont tôt fait de dénaturer le genre popularisé par les Dents de la mer pour en faire des «trucs» où l’absurde côtoie des abysses de stupidités insondables. Avec Sharknado , l’on se dit qu’on atteint le summum de la débilité...
Continuum
Le voyage dans le temps est une thématique récurrente de la science-fiction. Développé à maintes reprises par les romanciers, repris par le cinéma et décliné fréquemment pour la télévision, ce sujet ne cesse d’alimenter nos écrans et la culture sous toutes ses formes (ou presque). Aussi, il est assez difficile d’offrir un concept novateur dans cette catégorie, à tout le moins le...
La Guerre des mondes
Certaines œuvres sont ancrées dans l’imaginaire collectif si bien qu’elles font l’objet de variations et révisions à des intervalles plus ou moins réguliers. Hasard des plannings télévisuels, La Guerre des mondes a bénéficié de deux nouvelles adaptations sorties quasi simultanément à la fin 2019. La version de la BBC se voulait assez proche de son modèle littéraire avec une...
Evil Dead
Le film d'horreur a beau être un genre ultra-référencé, l’annonce d’un nouveau remake, d’un reboot ou d’une préquelle d'un de nos précieux classique fait à chaque fois frémir. Si l’on a bien trop tôt fait de crier à l’hérésie ou au manque cruel d’imagination des scénaristes et producteurs actuels, l’histoire nous a pourtant appris qu’il ne faut pas pour autant ranger ces films dans la catégorie...
Lake Placid 3
Un zoologiste emménage aux abords de Lake placid avec sa famille pour trier les affaires de sa mère. Mais le lac est loin d'être aussi calme qu'il n'y paraît. En effet, des crocodiles géants sèment la terreur dans ses contrées... Initié en 1999 par le sympathique film de Steve Miner, la saga Lake placid fait dorénavant la joie des producteurs avides de nanars vite faits, mal réalisés. En 2007,...