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Massacres dans le Train Fantôme – Critique

Massacres dans le Train Fantôme

Avec Massacres dans le Train Fantôme, retour sur un film typique du cinéma de l'auteur de Texas Chainsaw Massacre.

Publié le 22 Septembre 2017 par GORE MANIAC · Voir la fiche de Massacres dans le Train Fantôme

Deux couples d'adolescents passent la soirée à la fête foraine locale. Ils décident finalement de s'aventurer toute la nuit au coeur du train fantôme et vont être le témoin d'un meurtre effroyable.

Décédé il y a quelques semaines, à l'âge de 74 ans, Tobe Hooper faisait partie des derniers illustres réalisateurs américains des années 70-80. Avec Massacres dans le Train Fantôme, retour sur un film typique du cinéma de l'auteur de Texas Chainsaw Massacre.

Lieu phare du cinéma d'horreur, la fête foraine a inspiré bon nombre de classiques. De Freaks à Elephant Man, en passant par le poétique Carnival of Souls, cet endroit, à la fois magique et effrayant, regorge de personnages pittoresques, que Tobe Hooper n'oublie pas dans la première moitié du film, tels le magicien fantasque, l'animateur mystérieux et la diseuse de bonne aventure mystique. Et que dire de la scène exposant des animaux difformes réels, aujourd'hui impensable (Hooper, ne manquant pas d'humour, nous présentant ensuite des strip-teaseuses qui recevront le même accueil, de la part d'un public rendu abruti par l'alcool et la sottise).

Le premiers tiers du métrage, riche en références cinématographiques (Halloween, Psychose, la Fiancée de Frankenstein), ancre bien ce Funhouse dans son époque, un vent de nostalgie flottant désormais sur ce long-métrage qui clôture la première partie de carrière du cinéaste. Comme souvent chez Hooper, le démarrage est donc plutôt tranquille, même si le réalisateur a acquis ici une certaine expérience.

On y découvre les principaux protagonistes, quatre ados plutôt convaincants, la jeune Elizabeth Berridge, avec son côté femme-enfant, interprétant avec beaucoup de justesse le rôle principal. Les forains y sont également inquiétants à souhait, l'ensemble baignant dans une atmosphère propice au frisson, sous la houlette musicale d'un John Beal inspiré.

La seconde moitié du film se tourne davantage vers l'horreur, le monstre de foire faisant une entrée en fanfare. Le maquillage réussi, signé Rick Baker, apporte une vraie dynamique à une série B démontrant le talent d'un Hooper en matière de petit budget indépendant. Certes, Massacres dans le Train Fantôme (dont le titre français tente de surfer judicieusement sur le succès de Massacre à la Tronçonneuse) n'a rien d'un film gore, comme beaucoup de films d'un Hooper privilégiant souvent l'ambiance aux visuels sanglants, mais les meurtres sont bien ficelés. Le kaléidoscope de la mise à mort de Liz, sans être assez explicite pour certains, est par exemple très efficace.

L'aspect macabre de l'attraction et le jeu de Kevin Conway donnent une belle profondeur à l'ensemble, même si ce Funhouse accumule aussi quelques clichés du genre. Une belle mise en bouche pour Hooper avant de s'attaquer à des défis plus relevés, notamment Poltergeist (son projet le plus ambitieux, produit par Steven Spielberg), qui sortira l'année suivante.

Récemment proposé en France par Elephant Films dans un superbe combo DVD/Blu-Ray, The Funhouse est enfin disponible dans une version restaurée de superbe facture, redonnant un cachet digne de ce nom à l'un des films les moins connus de Tobe Hooper. Pourtant, malgré quelques défauts mineurs, Massacres dans le Train Fantôme résume à merveille la carrière irrégulière de Hooper, composée de hauts et de bas, et mérite incontestablement qu'on y fasse encore escale, ne serait-ce que pour rendre hommage à l'un des rois de l'horreur US les plus controversés, finalement digne héritier du Grand-Guignol, savant mélange aujourd'hui oublié, entre mauvais goût assumé et humour noir.

GORE MANIAC
À propos de l’auteur : GORE MANIAC

J'essaie de partager ma passion pour un cinéma méconnu, mais qui mérite incontestablement qu'on s'y arrête !

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