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Stuff, The – Critique

The Stuff
Le créateur des Envahisseurs affirme que les crèmes glacées sont nos pires ennemies ! La preuve avec The Stuff, variante autour du thème de l'invasion extra-terrestre.
Publié le 1 Janvier 2008 par GORE MANIAC · Voir la fiche de The Stuff

David Rutherford (Michael Moriarty), détective, est engagé par une puissante entreprise pour découvrir le secret de fabrication du nouveau dessert préféré du pays : The Stuff.

Créateur de la mythique série de science-fiction Les Envahisseurs, en 1967, Larry Cohen peut être considéré comme l'un des meilleurs artisans des seventies. Polyvalent, il est également reconnu pour ses qualités de scénariste (Cellular, Maniac Cop) et de producteur. Dès 1974, il réalise Le Monstre est Vivant, premier épisode de sa saga cinématographique la plus réputée : la trilogie des It's Alive.

L'invasion extra-terrestre avait donc déjà bien inspiré Cohen lorsqu'il réalisa The Stuff en 1985. Un peu dans le creux de la vague face à l'émergence des psycho killers (Maniac) et autres slashers (Halloween, Vendredi 13), plus visuels et spectaculaires que sa marque de fabrique, davantage psychologique, le cinéaste se lance dans une série B qui, à la manière du Blob, préfère jouer la carte du second degré.

Ainsi, la menace se présente sous la forme...d'une crème glacée, qui annihile toute forme de pensée de la part de ses consommateurs, jusqu'à la mort. Cette idée de départ peut paraître risible, voire ridicule. Toutefois, il serait trop simpliste de penser à un nanar pur jus connaissant la réputation du metteur en scène. Tout d'abord, le casting, constitué d'illustres inconnus ou presque, nous propose des personnages certes parfois caricaturaux, mais attachants (le privé et son adjoint black, le militaire, l'enfant) qui, passé un début de film un peu lent, finissent par remporter l'adhésion générale, malgré un final avec l'armée un peu trop burlesque pour être crédible.

Car, après un démarrage sérieux (mais poussif), Cohen propose un second tiers de métrage vraiment marquant (agrémenté par des effets spéciaux un peu datés mais assez efficaces), avant d'achever son film par un baroud d'honneur militaire trop fantaisiste pour faire de The Stuff une vraie bonne trouvaille.

On enragerait presque, tant ce film dispose d'une patte personnelle intéressante, surtout à compter du second visionnage, s'amusant à démystifier le marche dé consommation, rendant un dessert plus dangereux pour l'américain moyen qu'une arme nucléaire. Même si certaines séquences (notamment les spots publicitaires pour la crème glacée) présentent un côté kitsch quelque peu agaçant, l'ensemble dispose d'un côté railleur et anticonformiste plaisant, à l'image du héros, aux méthodes d'investigation assez peu conventionnelles ou du final, pied de nez sarcastique aux riches industriels, véritables méchants du métrage.

L'ennemi est donc ici d'origine extra-terrestre, substance blanche au goût exquis, qui envahit par l'estomac l'ensemble des citoyens, variation plaisante sur le thème du corps étranger possédant son hôte humain (voir également La Chose, mais aussi la série des Body Snatchers), puisque l'hôte est ici consentant et satisfait de son sort.

Entre certaines baisses de rythme et un second degré parfois trop poussé, la mise en scène de Cohen est néanmoins un frein réel à la qualité de ce film, qui ne décolle pas nettement. Le scénario, inventif et débridé, pouvait permettre à cette série B de faire partie des bonne surprises S-F de la décennie, mais à trop hésiter entre parodie et classique, The Stuff se contentera de procurer un bon moment de détente à tout fan de cinéma de genre qui se respecte, même si le film gagne à être revu, le spectateur attentif pouvant y percevoir la causticité de Larry Cohen, artisan honnête du cinéma de genre, qui présente ici sa version décontractée des Envahisseurs.

GORE MANIAC
À propos de l’auteur : GORE MANIAC

J'essaie de partager ma passion pour un cinéma méconnu, mais qui mérite incontestablement qu'on s'y arrête !

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