Joe Dante

Joe Dante

Biographie

Né le 28 Novembre 1946 à Morristown, New Jersey, Joe Dante véritable passionné par les films de genre et le cinéma fantastique commence en écrivant pour divers magazines et fanzines. A l'âge de 22 ans il réalise avec son ami Jon Davison "The movie orgy", oeuvre de 7 heures, qui compile de nombreux extraits de films des années 50.

C'est cette expérience de monteur qui va lui permettre de rentrer au sein de l'écurie Roger Corman pour effectuer le montage de bandes annonces et de films. En 1976, il se voit proposer avec son ami Allan Arkush un défi: réaliser le film le moins cher de l'histoire de la compagnie: 60 000$. Ainsi, il coréalisera Hollywood boulevard, sympathique comédie racontant le quotidien d'une petite compagnie de production de séries B. Reprenant de nombreux plans issus d'anciens films, cette oeuvre ne présente aujourd'hui que l'intérêt d'avoir lancé Joe Dante dans la réalisation.

Deux ans plus tard, Joe Dante passe à la réalisation solo et à son véritable premier film avec Piranhas, excellente série B fortement inspirée par le récent succès des Dents de la Mer. Le film obtiendra un franc succès et séduira Steven Spielberg lui-même qui avouera avoir vu le film sur le conseil de ses avocats qui voulaient attaquer Dante pour plagiat. Au lieu de celà, Spielberg complimente ce jeune réalisateur....

En 1981, Dante va définitivement se faire remarquer avec l'excellent Hurlements. Le film en compagnie du Loup-garou de Londres défraye la chronique grâce à ses effets-spéciaux incroyables pour l'époque. Seulement, Dante ne prend pas le film sous un angle parodique mais rend au contraire un formidable hommage aux films de loups-garou de son enfance à travers l'histoire de cette journaliste persuadé d'avoir été attaqué par une créature. Encore aujourd'hui, The howling reste l'un des meilleurs films de loup-garou jamais réalisé. Un classique. En outre, l'hommage au cinéma passé sera d'ailleurs une constante dans le cinéma de Dante, oeuvre marqué comme aucune autre par la nostalgie.

Aussi, lorsque Steven Spielberg lui propose en 1983 de s'assossier avec lui, ainsi qu'avec George Miller et John Landis pour adapter à l'écran et rendre hommage à la célèbre série de Rod Sterling, La quatrième dimension, Dante accepte immédiatement d'être de la partie. Anthologie divisée en 4 histoires, le film assez inégal et marqué par un évènement tragique sur le tournage s'avère au final une déception. Cependant, deux segments se détachent nettement du lot: celui de George Miller et celui de Joe Dante. Véritable dessin-animé "live", l'histoire est celle d'un petit garçon dôté de pouvoirs illimités qui se crée son propre monde et sa famille idéale...

L'année suivante, Dante appartient désormais au circuit de Spielberg pour lequel il va réaliser son plus grand succès à ce jour: Gremlins. Le film devient rapidement l'un des grands cartons publics et critiques de cette année 1984. Joe Dante devient alors l'un des réalisateur les plus en vue d'Hollywood, mais pour la première fois, il n'a pas eu un contrôl total sur son oeuvre, Spielberg ayant été très présent sur le tournage. Cependant, le film reste l'un des meilleurs de son réalisateur et devient vite un phénomène culte en imposant un humour décalé et irrévérencieux. De nombreuses années après, la magie est toujours présente pour ce film qui constitue le second chef-d'oeuvre de Joe Dante

En 1985, Dante s'intéresse au monde de l'enfance et de la SF avec le très beau Explorers. Le film est un échec cuisant à sa sortie, la faute à une distribution baclée et à un film inachevé, le réalisateur aurait en effet préféré bénéficier d'un délai de tournage supplémentaire. Au final, l'oeuvre porte malgré tout la patte de Dante et constitue un film oublié mais qui constitue la meilleure illustration d'un rêve d'enfance plein d'amitié, de vaisseaux spatiaux, et d'extraterrestre verdâtres et tentaculaires...

Trois gamins plongés en plein rêve d'un voyage intersidéral à la rencontre d'extraterrestres (Explorers)

En 1987, retour chez Spielberg pour mettre en scène L'aventure intérieure. Jouissant d'une liberté totale, Dante laisse libre toutes ses folies et délires pour raconter l'histoire de cet homme miniaturisé et injecté dans un corps humain. Comédie fantastique et d'aventure de grande facture, le film ne connait qu'un succès modéré mais devient vite culte grâce au marché de la vidéo. Encore une fois Dante dynamite une oeuvre de studio pour y insuffler sa touche personnelle et décalée.

En 1988, Dante réalise Les banlieusards (1988), comédie noire et déjantée avec Tom Hanks sur la vie dans les banlieues américaines et les rapports de voisinage. Film inédit au cinéma en France mais qui connût un vif succès outre-atlantique. Un film aujourd'hui oublié mais à redécouvrir et qui porte immanquablement la patte innimitable du réalisateur en égratignant la "way of life" Américaine. Un film vraiment sympathique et sans prétentions.

ébridé que le premier volet, le film se livre à un véritable jeu de massacre, les gremlins sont bien les héros de ce film plus corrosif et méchant que l'original, mais au final il faut bien le dire, un peu inférieur à son prédécesseur. Bien qu'excellent et imaginatif, nous peinons à retrouver la magie du premier volet. Cependant, encore une fois Joe Dante se laisse aller à toutes les folies et nous livre une suite réjouissante et corrosive. Les spectateurs Américains en revanche ne feront pas un triomphe au film (contrairement à la France où le film totalisera quand même plus de 2 millions d'entrées, le dernier succès de Dante au box-office hexagonal).

Une séquelle allant beaucoup plus loin dans la folie et le délire que son prédécesseur (Gremlins 2 - the new batch)

En 1993, Joe Dante réalise ce qui constitue peut-être son chef d'oeuvre le plus aboutit: Panic sur Florida beach (Matinee). Racontant la présentation d'un film d'horreur de série B (Mants) dans une petite ville de Floride au bord du chaos pendant l'affaire des missiles de Cuba en 1962. Dante raconte sa propre enfance dans cette histoire montrant des cinémas à l'ancienne, le rock 'n roll et les films fantastiques à petit budget, le tout avec une élégance rare... Un chef d'oeuvre malheureusement oublié, victime d'un bide lors de sa sortie, et qui rend hommage à tout un pan du cinéma fantastique et de série B. A la manière de Tim Burton et de son Ed Wood, Joe Dante réalise avec Matinee son oeuvre la plus personnelle. Au final nous avons là une comédie touchante de nostalgie servit par la formidable interprétation de John Goodman dans une parodie de réalisateur entre William Castle et Alfred Hitchcock. Un film vraiment réjouissant qui espérons le, trouvera un jour la reconnaissance méritée.

Après cet échec commercial cuisant, Dante se tourne vers la télévision (HBO) pour laquelle il réalise en 1997 l'excellent: La seconde guerre de sécession (The second civil war). Film de politique fiction, l'histoire est celle d'un Etat qui décide de fermer ses frontières au reste du pays, ce qui provoque une succession d'évènements qui aboutissent à une pagaille totale comme le réalisateur sait nous en montrer. Même si le métrage s'essouffle quelque peu dans sa dernière partie, le film est l'occasion pour son réalisateur de régler quelques comptes avec son pays, les médias et les politiciens, en utilisant son style bien particulier et en faisant appel à quelques acteurs fétiches (Kevin McCarthy, et surtout Dick Miller, présent dans tous les films du réalisateur: guettez ses apparitions !!)

Retour au cinéma en 1998, avec le très commercial mais décalé Small soldiers, anti-consumériste et anti-militariste dans l'âme, le film détourne sa fonction première en faisant des monstres les héros du film (alors que les soldats semblait sur la campagne d'affichage être les véritables good guys). Cependant, le ton trop noir et éloigné du film par rapport au public ciblé font de Small soldiers un succès très mitigé. Dès lors, Joe dante entame une longue traversée du désert de 5 années et surtout une lassitude vis à vis du système Hollywoodien.

Son retour est pour 2003 avec Les looney Tunes passent à l'action, film génial tiraillé entre le film tout public et formaté qu'il aurait dût être et le formidable hommage à Chuck Jones complêtement loufoque. Encore une fois Dante dynamite de l'intérieur et s'approprie une oeuvre à priori "de studio". Les gags fusent, les références aussi et le film servit par des effets spéciaux très réussi atteind son but: divertir de façon intelligente. Mais là encore, l'échec au box office est énorme. Espérons que le bonhomme n'aura pas à attendre 5 nouvelles années pour nous offrir un nouveau film....