Voir la fiche complète du film : A Cadaver Christmas (Joe Zerull - 2011)

A Cadaver Christmas

Un film modeste qui fait la part belle à l’humour noir sous couvert d’une approche Grindhouse. Un effort louable qui aurait gagné à une progression et des dialogues moins répétitifs pour se distinguer. Un moment fun et décomplexé qui s’adresse avant tout aux amateurs du genre.
Publié le 24 Décembre 2017 par Dante_1984Voir la fiche de A Cadaver Christmas
7
Noël Zombie

Un temps délaissé dans les affres du bis, les films Grindhouse ont connu un regain d’intérêt ces dernières années, notamment avec le diptyque de Quentin Tarantino et de Robert Rodriguez. Depuis, quelques incursions ont vu le jour. La plus percutante et célèbre d’entre elles étant Machete. Toutefois, certaines productions sont complètement passées inaperçues. En cause, un budget restreint et une distribution qui est demeurée sur le territoire de l’Amérique du Nord. Et pourtant, derrière un pitch initial qui fait honneur aux films d’exploitation dont il s’inspire, A Cadaver Christmas s’avère une sympathique initiative dans un domaine qui ne se prend pas au sérieux.

Ca a déjà saigné !

D’emblée, le grain de l’image met tout de suite dans l’ambiance. Faux raccord, montage inconstant et mauvaise qualité de la pellicule ont ici deux visées. La première est de correspondre à la symbolique d’une production Grindhouse avec un style poisseux et fignolé à la va-vite. La seconde est de masquer le budget anémique dont dispose l’équipe. Bien qu’il ne s’agisse pas du seul artifice auquel on a droit - et les idées ne manquent pas pour dissimuler la modestie de l’entreprise -, ce choix a le mérite de faire illusion. Mieux que ça, on pourrait presque croire à un pur produit des seventies. En tout état de cause, le rendu fait son office et donne le ton, celui du troisième degré où l’on assume pleinement la bêtise du propos. À savoir, une invasion de zombies sur un campus.

Enfin, dans un bâtiment universitaire. Hormis l’entame et quelques rares plans extérieurs, l’ensemble se déroule à la manière d’un huis clos où il convient d’arpenter les lieux. Salles de classe, laboratoire, remise, sous-sol et couloirs en pagailles donnent droit à une exploration relativement variée, bien que linéaire. Tout l’intérêt du métrage étant d’user jusqu’à la corde des poncifs déjà éculés. Et pour ce faire, l’intrigue ne passe pas par quatre chemins. Elle ressasse tous les clichés et les caricatures inhérentes aux films Grindhouse et de morts-vivants. L’ensemble n’est pas ultra-référentiel ou désopilant comme Shaun of the Dead, mais le résultat est plus probant et constant qu’escompté.

Don't open, dead inside for Christmas...

Malgré le côté décalé et passionné de la bobine, il est vrai que l’on se heurte parfois à certains écueils. Les principales maladresses résident dans les soubresauts du rythme et la répétitivité de certaines séquences. Pour la première raison, le problème se situe surtout dans un ventre mou où une succession d’échanges creux est censée faire la lumière sur la cause de cette invasion putride inopinée. À coup de flashbacks et de réparties pas forcément cinglantes, on comprend aisément que la justification n’est rien d’autre qu’un prétexte téléphoné. La seconde remarque fait écho à la précédente. D’atermoiements en affrontements, le schéma narratif est plus cyclique qu’évolutif dans sa progression. De fait, de nombreuses redites minent quelque peu un plaisir coupable.

Quant à l’humour noir, on le goûte ou pas. L’appréciation est similaire à l’intérêt que l’on porte aux films Grindhouse. On ne cherche aucune délicatesse, mais plutôt l’incongruité des situations où les incohérences se départissent avec autant d’énergie que les protagonistes. Intervenants qui ressassent aussi des clichés. Qu’importe, puisque l’esprit du métrage tend à tirer toutes les ficelles de ce genre de productions. Pour le reste, le récit n’est guère avare quand il s’agit de répandre des litres d’hémoglobines. Bien qu’ils se cantonnent généralement à demeurer dans l’ombre des couloirs exigus, les zombies, eux, disposent de maquillages corrects.

On recherche un projectionniste et un plombier dans la salle

Au final, A Cadaver Christmas n’est pas déplaisant. Derrière son aspect complètement fauché, le film de Joe Zerull se révèle généreux tout en assumant parfaitement son délire. À savoir, se complaire dans la mouvance Grindhouse en guise de palliatif à ses faibles moyens. Certes, il n’est pas exempt de défauts, notamment au niveau de la progression et de certains échanges dispensables. Mais dans l’ensemble, ce métrage, aussi discret que modeste, se sort plutôt bien des pièges de la production. L’inventivité qui encadre la mise en scène contraste avec une intrigue sans prise de tête qui privilégie un sens de l’humour décalé. Une entreprise folle qui se solde par un film dans l’ensemble convaincant, bien qu’il persiste quelques maladresses.

A propos de l'auteur : Dante_1984
Portrait de Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches. Puis, j'ai souhaité faire partager mes dernières découvertes en laissant des avis sur les films que je voyais.

Autres critiques

John Carter
Au XIXe siècle, John Carter refuse de s'engager dans une guerre qu'il ne reconnaît pas comme la sienne. Par un malheureux concours de circonstances, il va néanmoins se retrouver téléporté sur Mars. La planète rouge est loin d'être morte et ses habitants sont également enclins à sombrer dans des luttes intestines. Pour John Carter, la découverte se mêle à la surprise face à cet univers...
Massacre au Camp d'Eté 2
**Attention, cette critique contient des spoilers.** Cinq ans après une sanglante vague de crimes commise non loin de là, un camp de vacances est victime de mystérieuses disparitions en chaîne. Moins connue que son homologue Jason Voorhees, Angela est pourtant au centre de la saga des Sleepaway Camp , initiée en 1983 et toujours d'actualité (un sixième volet est prévu pour 2011). Oeuvrant à la...
Transformers : La Revanche
Le premier opus de l'improbable adaptation des robots transformables avait laissé un gout amer dans la bouche de bon nombre de spectateurs. Scénario et humour au raz des pâquerettes, visuellement bordélique, montage fait à la hache, tout était réuni pour obtenir un bon gros navet et cela aurait été le cas s'il n'avait pas été bourré jusqu'à la moelle d'effets spéciaux...
Sulfures: Don't Let Him In
**Attention, cette chronique contient des spoilers**. Afin de se mettre au vert quelques jours, un riche héritier accepte d'accompagner une jeune femme, connue la veille, le frère de cette dernière et sa fiancée, à la campagne, le temps d'un week-end censé être reposant. Tandis que la population locale évoque avec crainte un tueur en série sévissant dans les bois, le quatuor découvre un homme...
Monster Brawl
Un geek féru de films d'horreur et de catch parvient à réunir huit monstres sacrés sur le ring, afin de déterminer quelle sera la créature la plus puissante au monde ! Le moins que l'on puisse dire en consultant le pitch de Monster Brawl , c'est que le réalisateur et scénariste du film, Jesse T. Cook, n'a pas eu peur d'aller très loin dans son délire, en confrontant des légendes du Septième Art...