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Vampire University – Critique

Vampire University
Une comédie vampirique légère qui recèle quelques moments sympathiques, mais fort peu assumé.
Publié le 20 Avril 2014 par AqME · Voir la fiche de Vampire University
Le film de vampires a souvent été maltraité. Figure de proue du cinéma horrifique et créature légendaire maléfique, le vampire a connu moult changements, autant morphologiques que psychiques. Bête déchue dans Nosferatu, monstre sanguinaire dans 30 Jours de Nuit, être machiavélique dans Dracula, amoureux transi dans Twilight, le vampire a pris cher depuis quelques années, devenant un phénomène de foire plus qu'un monstre horrifique. Il faut dire que la saga de Stephenie Meyer ne lui a pas fait du bien, mais que le mal avait déjà commencé avec la saga d'Anne Rice (oui, je n'aime pas Entretien avec un Vampire). Du coup, on bouffe du vampire à toutes les sauces et en ce moment, c'est souvent amer.

Vampire University a vraiment tout pour déplaire. Une jaquette tape à l'oeil, un pitch débile à souhait, une tagline purement hallucinatoire et incompréhensible. Le casting n'est pas là pour rassurer non plus avec une pelletée d'inconnus. Mais les surprises viennent de là où on ne les attend pas (sinon, ce ne serait plus une surprise !) et ce film peut être considéré comme une surprise agréable même si tout cela reste léger et inoffensif.


Joie ! Une jugulaire !

Le film part sur des bases plutôt biaisées dès le départ. Un vampire, professeur d'histoire à l'université, n'arrive plus à sortir les crocs et a perdu goût à la vie depuis qu'il a tué sa bien-aimée. Il se confie alors au directeur de l'université qui lui donne des conseils inutiles. Seulement, une étudiante va arriver et elle ressemble comme deux gouttes d'eau à son ex-femme. Les crocs vont pouvoir ressortir. Pas de doute possible, on est bien face à une comédie cabotine sur les vampires. Mais là où certains scénaristes et réalisateurs américains se seraient laissés aller vers un excès de sang et de blagues en dessous de la ceinture, Vampire University reste bien sage et propose même des moments plutôt intelligents et assez drôles.

La bonne idée du métrage est de mettre le vampire en tant que professeur d'histoire. Les moments où il relate les frasques de Genghis Kahn comme s'il les avait vécues, sont assez savoureux si le fou rire ne sera pas présent, un pouffement se fera ressentir, car tout cela dégage une certaine sympathie, mais aussi une certaine finesse. D'ailleurs le film est dénué de paires de seins ou de scènes purement destinées à chauffer un public adolescent. Certes, il y a de jolies filles et on voit un soutien-gorge, mais tout cela reste très gentil. Certaines choses sont suggérées et malgré une jaquette hideuse, le film reste vraiment soft.

On n'évitera pas par contre certains écueils de la comédie lourde avec son lot de protagonistes stupides à la American Pie et de situations grotesques qui font presque fauchées. On peut prendre par exemple l'attaque d'une confrérie où certains meurtres sont ridicules ou bien des situations entre potes qui sont débiles. On peut aussi râler sur une réalisation sans saveur ni prise de risque et un montage parfois hasardeux sur les coupures. Mais avec un faible budget, le film s'en sort plutôt bien, même s'il n'évite le cliché du jeune qui perde sa dulcinée ou encore du personnage enrobé qui est maltraité et qui dit des insanités sans arrêt.


Tomber la chemise !

D'ailleurs le casting n'est pas flamboyant, loin de là, et on se contente de quelques starlettes qui ont fait des apparitions dans des séries. Julie Gonzalo est magnifique et forcément, c'est un gros atout sur le sol américain. Elle tient ici deux rôles, puisqu'elle joue la mère et la fille et elle ne s'en sort pas très bien. On peut dire qu'elle est physiquement intelligente, mais c'est tout. Elle reste l'atout charme du film, l'élément vendeur. À ses côtés, Adam Johnson joue le professeur vampire et il est plutôt bon. C'est de lui que viennent toutes les parties comiques et il possède un visage agréable et bienveillant. Il contient quelques moments de faiblesse, notamment lors du gag de la guitare ou sur la fin, mais il possède un fort côté attachant. Le reste du casting est tout de même mauvais, notamment le duo d'humains qui est ridicules ou encore Gary Cole jouant le directeur et qui cabotine tout au long du métrage. Pour les amateurs de jolies filles, il n'y a pas grand-chose à se mettre sous la main hormis une ou deux belles plantes, mais c'est bien tout.

Au final, Vampire University n'est pas désagréable et il comporte même des moments sympathiques. S'écartant d'un côté érotique fort peu assumé par bons nombres de films de vampires, cette comédie légère n'est pas un excellent film, mais un divertissement honorable et qui n'a pas à rougir de certaines productions vampiriques dégueulasses comme 30 Jours de Nuit 2 : Jours Sombres ou encore Les Dents de la Nuit.

AqME
À propos de l’auteur : AqME

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