Voir la fiche complète du film : Battle Royale 2 : Requiem (Kenta Fukasaku, Kinji Fukasaku - 2003)

Battle Royale 2 : requiem

Une suite très décevante de l'excellentissime Battle royale. Encore une séquelle qui n'aurait jamais dû voir le jour. Une de plus...
Publié le 1 Janvier 2008 par GeoffreyVoir la fiche de Battle Royale 2 : Requiem
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Battle Royale 2 c'est un peu l'histoire de la plupart des suites du cinéma. Le premier film a très bien marché et on a décidé de lui faire une séquelle malgré le fait qu'il n'y avait aucune justification cinématographique. A la fin de l'excellent premier épisode, Nanahara et sa copine parvenaient à s'enfuir du jeu et devenaient de ce fait des criminels recherchés. On aurait pu, éventuellement, voir ce qu'il advenait d'eux par la suite mais cela ne faisait plus très "Battle royale". Le concept de base c'est tout de même de voir une classe d'étudiants s'entretuer.
Quelle pirouette allait donc bien pouvoir nous trouver les auteurs, tout en conservant un lien avec le premier film? Et bien, il faut bien avouer qu'elle n'est pas piquée des vers.

Shuya Nanahara est devenu un terroriste qui a déclaré la guerre aux adultes! Et en bon terroriste, il fait péter des immeubles. Le gouvernement décide alors d'envoyer une classe d'étudiants pour les déloger, lui et ses sbires, d'une île sur laquelle ils sont repliés. D'où un nouveau Battle Royale...

Soit. Même si c'est un peu bancal, ce point de départ en vaut un autre, et si c'est l'occasion de nous servir un nouveau carnage aussi varié et jouissif que le premier, pourquoi pas.


La permanente de la mort!

Le problème de cette suite, outre le fait qu'on sente constamment qu'elle est inutile, c'est que tout semble superficiel. J'ai déjà parlé de l'intrigue, mais le plus gros point noir ce sont les personnages. Il ne sont pas attachants du tout et n'ont aucune personnalité. Un comble alors que justement, ce qui faisait tout l'intérêt du premier (et encore plus du livre dans lequel c'est encore plus développé), c'était de voir les différentes réactions des protagonistes face à l'horreur de la situation. Ici point de fioritures, c'est du rentre-dedans.
Il faut tout de même reconnaître que le début est assez efficace, avec un débarquement qui n'est pas sans rappeler, toutes proportions gardées, la fureur de celui d' Il faut sauver le soldat Ryan .

Si tout le film avait été comme cela, on se serait retrouvé avec un grand défouloir pas bien méchant mais brutal et l'ensemble aurait été sympathique. Seulement, à sa moitié, Battle royale 2 bascule dans le grand n'importe quoi. Le film devient ridicule mais surtout très barbant avec ses longs monologues.
Shuya Nanahara est devenu un gros mou qu'on croirait shooté au Valium tellement il est amorphe. L'acteur a l'air de s'en foutre royalement alors qu'on sait, pour l'avoir vu dans le premier, qu'il est capable de beaucoup mieux. De plus, ce qu'on lui fait dire ne fait pas que frôler le ridicule, ça met carrément les pieds dedans. Le film se veut un pamphlet critique sur l'action américaine dans le monde mais il manque tellement de subtilité que ça en devient une attaque en règle. Pour la finesse, on repassera...


Quasiment la seule séquence réussie du film...

Ca commence avec le professeur surexcité du début qui récite tous les pays bombardés par les USA. Ce dernier vaut d'ailleurs le coup d'oeil, rien que pour lui il faut voir le film une fois. Joué par un Riki Takeushi en totale roue libre, le prof donne l'impression d'avoir complètement pété une durite et part en "freestyle" à la moindre occasion. Notez que cela donne un coté sympa et surréaliste au personnage parce qu'on ne sait jamais comment il va réagir.

Le problème avec le message du film, c'est qu'on ne comprend pas bien où il veut nous amener. Il est très ambigu et laisse une sensation bizarre. Il voudrait presque légitimer les actes de Shuya alors qu'il a tout de même commis un attentat tuant plein d'innocents. De plus cette explosion de buildings, comme tout le monde l'aura remarqué, est une démarcation peu fine (comme tout dans ce film!) des attentats du 11 septembre. De là à penser que le réalisateur est d'accord avec cette manière de faire et avec ce qui est arrivé au Wall trade center, il n'y a qu'un pas. Je ne le franchirai pas ici, mais il y a tout de même de quoi se poser des questions. Le top du top, c'est évidemment le final en Afghanistan où les survivants veulent construire un monde meilleur...


Riki Takeushi et son jeu d'acteur tout en finesse...

A force de se perdre dans les méandres de monologues insipides, le film en devient franchement ennuyeux. De fait, la seconde partie du métrage n'a plus grand chose d'un Battle royale. Après une heure, les ados choisis pour s'entre-tuer rejoignent le camp de Shuya et sont libérés de leur collier. Du coup, plus besoin de s'entre-tuer et on se demande alors: quel intérêt?
Il y avait pourtant quelques idées à exploiter. La fille du professeur tué à la fin du premier film participe à cette session du Programme, mais c'est totalement sous-employé, ainsi que l'idée du binôme (chaque élève a un partenaire qui doit rester en vie sous peine de mourir tous les deux). Une remarque tout de même pour la fille du professeur: quand on se souvient de comment elle traitait son père dans Battle Royale, on a du mal à croire qu'elle vienne risquer sa vie comme ça pour rien. Mais bon, comment déjà dit plus tôt, Pourquoi pas...

C'est vraiment dommage que le scénario ait choisi une mauvaise voie, car la réalisation du début laissait augurer de bonnes choses. On était bien au coeur de l'action et c'est uniquement la seconde partie qui plombe complètement Battle Royale 2. Le changement de réalisateur en cours de tournage y est certainement pour beaucoup... Espérons que si il y a un 3, les scénaristes reviennent au concept de base sans se lancer dans des digressions politiques balourdes.
Geoffrey Claustriaux

A propos de l'auteur : Geoffrey
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Comme d'autres (notamment Max et Dante_1984), je venais régulièrement sur Horreur.net en tant que lecteur, et après avoir envoyé quelques critiques à Laurent, le webmaster, j'ai pu intégrer le staff début 2006. Depuis, mes fonctions ont peu à peu pris de l'ampleur.

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