Voir la fiche complète du film : Battleship (Peter Berg - 2012)

Battleship

Un nouveau blockbuster qui lorgne du côté de la saga Transformers et de World invasion : Battle Los Angeles. Du spectacle, des moyens conséquents, une réalisation nerveuse complètement passé à la trappe à cause d'un scénario qui tient sur la moitié d'un post-it et des stéréotypes plus que pénibles. Certes, Battleship est distrayant, mais en creusant un peu plus profondément, l'on se rend compte qu'il n'a rien de bien original à nous offrir. Une production burnée, mais sans surprise.
Publié le 31 Août 2012 par Dante_1984Voir la fiche de Battleship
6
Bateau Extra-Terrestre

Notre planète est assaillie par une horde de vaisseaux spatiaux qui s'échoue au large de l'archipel d'Hawaï. Une flotte américaine en manoeuvre dans la zone va devoir repousser l'invasion.

C'est donc avec trois bouts de ficelle en guise de scénario que Hasbro reprend le célèbre jeu de société pour en faire un blockbuster complètement décérébré. Tout comme leur licence phare Transformers, Battleship ne surprendra personne tant ses intentions sont aussi claires que les eaux des récifs coralliens. Peter Berg, responsable d'Hancock ou Le royaume, renoue avec le cinéma après un bref passage à la télévision, mais semble suivre un chemin identique à celui de Michael Bay tellement son dernier projet sent l'opportunisme à plein nez en se servant de son budget plus pour allécher le public plutôt que pour lui offrir un film intéressant.


Notre brochette de caricatures ambulantes.

Du spectacle, une overdose de testostérone, de l'action, des explosions... Vous l'aurez compris, débranchez vos neurones, installez-vous confortablement et profitez des images, Battleship va vous en mettre plein les mirettes. Les moyens sont grandiloquents, les effets spéciaux sont absolument exempts de tout reproche. Le design des vaisseaux spatiaux s'avère recherché tant l'on voit une sorte de compromis entre l'organique et la machine. Armes ultra-perfectionnées (même si les missiles sont des versions améliorées des nôtres), capacité de se mouvoir sur les eaux avec célérité et souplesse, champ de force qui permet une protection optimale... Les idées ne manquent et, si certains de ces aspects ne recèlent rien de novateur, l'ensemble se fond parfaitement dans le décor.

Si l'on poursuit dans les points positifs, les batailles sont rondement menées et les effets pyrotechniques donnent le change lors des affrontements. C'est nerveux, rythmé et, là également, visuellement ébouriffant. Les explosions sont impressionnantes et l'environnement maritime parfaitement exploité. La mise en scène confère au film un enrobage de première qualité avec une image propre, des effets spéciaux sans l'ombre d'un défaut et de séquences orchestrés pour faire un maximum de dégâts, de bruits et de fureur pour contenter le spectateur qui réclame sa dose d'action.


Mayday! Mayday! Notre scénario prend l'eau !

En dehors de ses apparences aguicheuses, Battleship nous inflige une histoire écrite par des scénaristes surpris en flagrant délit de fainéantise. Des extraterrestres qui se tapent l'incruste sur notre bonne vieille Terre pour nous foutre une raclée. Des amerloques patriotiques jusqu'au bout des ongles et nostalgiques de Pearl Harbor. Combiner les deux et vous obtenez un motif (non) valable pour une bataille pour la survie de l'espèce humaine et ses idioties. C'est tellement simpliste que l'on aurait pu croire le récit sorti tout droit de chez Asylum (qui se sont amusés à pomper le film pour en faire American warship) ou SyFy.

Non seulement l'histoire véhicule des clichés grossiers et flagrants, mais se targue en plus les inévitables messages proaméricains et un patriotisme du plus mauvais goût qui n'est pas sans rappeler World invasion : Battle Los Angeles. « God bless America » « Les marines sont les meilleurs ! » Bien sûr, on arrange le tout pour donner à l'armée ses lettres de noblesse. Il s'agit d'une grande famille où tout le monde s'entraide face à l'ennemi commun. Vous aurez droit à un emploi sûr et gratifiant (ça fait toujours son petit effet, surtout en période de crise), la reconnaissance de vos pairs et la fierté de vos proches. En somme, une jolie campagne de recrutement. Un travail propre et net, comme dirait l'autre.


Pourquoi elle ?

Pour ce qui est des protagonistes, on s'aventure en terrain connu. Les acteurs sont plutôt corrects dans leur rôle respectif (exception faite de la très inutile Rihanna), même si l'on aurait aimé voir davantage Liam Neeson à l'écran. Toutefois, la caractérisation pâtie des caricatures de circonstances. Le héros un peu suicidaire qui se ressaisit au moment opportun (à aucun moment, on ne craint pour sa vie tant il paraît intouchable), le fidèle second prêt à donner 200 % de sa personne, le navigateur un peu benêt, la petite amie qui cache sous sa blondeur une intelligence (extraterrestre ?) ou le scientifique froussard… Un exemple non exhaustif de la brochette de personnages qui nous sont infligés.

Et pour magnifier le tout, les dialogues sont d'une stupidité intergalactique. Les échanges sont au mieux inutiles, au pire d'un abrutissement complet. Nous avons droit à quasiment toutes les variantes du « C'est quoi ça ? ». « C'est quoi cette connerie ? » « C'est quoi cette merde ? » « C'est quoi ce truc ? » Et les réponses qui suivent s'avèrent tout aussi gratinées : « J'sais pas trop. » « Nom de Dieu » « On est dans la merde ! » Quelle poésie ! Quelle subtilité ! Vraiment, un grand bravo aux dialoguistes. Le film aurait pu être muet, cela n'aurait rien changé à la compréhension de l'histoire, peut-être même que l'on aurait été plus indulgent.


Désolé pour le dérangement. On repassera.

Bref, Battleship est avant tout un moment de pur divertissement qui déconnecte votre cerveau. L'on suspecte çà et là quelques élans patriotiques sournois faisant passer l'armée comme un gage de sécurité et d'abnégation au profit de la nation. Un message qui semble désuet, même si certains s'efforcent encore de le perpétuer. Nanti d'un visuel absolument impeccable, le film de Peter Berg n'en reste pas moins un blockbuster bête et gentil qui traîne son histoire avec force et conviction. Tout le monde y croit sauf le spectateur. On serait même plus indulgent si les clichés et les caricatures véhiculés n'étaient pas aussi flagrants. A présent, tentons de couler le cuirassée. A6... Transmission... Bip... Un coup dans l'eau... Bip... Bip... Réessaye... Bip...

A propos de l'auteur : Dante_1984
Portrait de Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches. Puis, j'ai souhaité faire partager mes dernières découvertes en laissant des avis sur les films que je voyais.

Autres critiques

Grizzly : le Monstre de la Forêt
L'été n'amène pas cette année que des campeurs dans un grand parc national américain. En effet, deux jeunes femmes sont attaquées mortellement par un gigantesque grizzly. Suite au décès d'une employée, le responsable de la sécurité, Michael Kelly (Christopher George), et son équipe décident de livrer un combat sans merci à cet animal géant doté d'un appétit féroce ! Même s'il a toujours été...
Silent night
Cinq films auront été nécessaires à Douce nuit, sanglante nuit pour certifier que les fêtes de Noël ne sont pas toujours synonymes de goinfrades assumés, de papiers cadeaux chiffonnés et autres joyeusetés propres à notre société de consommation. On peut aussi offrir des productions empoisonnées qui n’ont cessé de se dégrader au fil des épisodes. En dehors d’un premier opus correct, il en...
Douce nuit - sanglante nuit 4: l'initiation
Grâce à la magie du cinéma et son incommensurable absurdité dans certains cas, une franchise qui voit se succéder des films infâmes ne s’arrête pas en si mauvais chemin. Hormis le premier opus, Douce nuit sanglante nuit brille par sa nullité intrinsèque. Surenchère incohérente d’histoires plus maigres qu’un sucre d’orge, guirlandes d’interprètes à la ramasse, décorations de pacotilles et...
Evil Dead
Le film d'horreur a beau être un genre ultra-référencé, l’annonce d’un nouveau remake, d’un reboot ou d’une préquelle d'un de nos précieux classique fait à chaque fois frémir. Si l’on a bien trop tôt fait de crier à l’hérésie ou au manque cruel d’imagination des scénaristes et producteurs actuels, l’histoire nous a pourtant appris qu’il ne faut pas pour autant ranger ces films dans la catégorie...
L'enfer des zombies
À plus d’un égard, L’enfer des zombies occupe une importance particulière dans le genre horrifique et le cinéma transalpin. Surfant sur la vague initiée par les films de Romero, le présent métrage est également considéré comme le premier film d’horreur de Lucio Fulci. Déjà versé dans le giallo et le thriller sulfureux, comme l’attestent Le venin de la peur et L’...