Voir la fiche complète du film : Blood Snow (Jason Robert Stephens - 2009)

Blood Snow

Un film de fantôme sympathique mais qui possède une photographie parfois proche de l'amateurisme et des errances de scénario gênantes. Heureusement sa courte durée permet d'éviter l'ennui...
Publié le 27 Août 2010 par GeoffreyVoir la fiche de Blood Snow
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Fantôme Rêve et Cauchemar

Blood Snow... Quel titre d'une banalité affligeante alors que le Necrosis originel a tout de même une autre gueule. Vous me direz que ça ne change rien au contenu du film (et vous aurez raison) mais il n'empêche que cette manie de remplacer les titres anglophones par d'autres également en Anglais afin d'assurer l'exploitation en France est agaçante. Bref, après ce petit coup de gueule salvateur, passons à la dissection de la bête.

La jolie jaquette DVD nous accueille agréablement avec quelques références à des prix glânés dans des festivals, notamment au Reel Film Festival de Los Angeles 2009 où il a tout de même été nominé dans les catégories "Meilleur scénario", "Meilleur Réalisateur" et "Meilleurs Effets Spéciaux". Si vous voulez mon avis, il n'a pas dû en remporter beaucoup et dans le cas contraire, je ne sais pas ce qu'ils boivent dans la Cité des Anges mais ils feraient mieux de se mettre à l'eau.


Les invasions Berbères...

Blood Snow nous conte l'histoire de six amis qui vont passer un weekend à la montagne. Ils rejoignent un chalet isolé, construit à l'endroit même où un massacre à eu lieu des siècles auparavant. Alors qu'une tempête de neige les isolent complètement, les spectres des cannibales ressuscitent...

Bon. A la lecture du pitch, rien ne provoque d'excitation chez le spectateur mais sait-on jamais, les meilleures histoires de fantômes ne sont pas forcément les plus compliquées. Le problème, c'est que le reste n'aura rien de mieux à nous présenter puisque l'histoire se contentera d'exhaler les relents d'un sous-Shining. En effet, comme dans le film de Kubrick, un petit groupe de personnes sont pris au piège par la neige et l'une d'elles va progressivement pêter les plombs sous l'impulsion de fantômes. Cauchemars ou réalité? Cette question lancinante servira de fil rouge au film et le réalisateur va prendre un malin plaisir à mélanger les deux.

Seulement, Jason Robert Stephens n'est ni Stanley Kubrick ni Wes Craven (rapport au mélange rêve/réalité) et ses tentatives de juxtaposition tombent parfois à plat. Notons tout de même des scènes qui fonctionnent malgré leur classicisme (les apparitions dans les miroirs notamment) ainsi qu'un certain talent pour distiller l'angoisse. Sa réalisation n'est peut-être pas le point fort de Blood Snow mais n'est pas non plus l'élément le plus négatif du film. Pour faire simple, on dira simplement qu'elle est "fonctionnelle".


Dreams are my reality...

Si le réalisateur est correct, le responsable de la photographie est par contre à fusiller en place publique ou à lapider (au choix). La luminosité du film est tout simplement immonde. Déjà, elle fluctue d'un plan à l'autre mais le pire reste les scènes de nuit. En effet, on a rarement vu des plans nocturnes qui donnent autant l'impression d'avoir été tournés en plein jour. Je pense notamment à la discussion d'un couple dans une chambre. Pour tout vous dire, j'ai cru que la séquence se passait le matin, au réveil, alors que ce n'était pas du tout le cas.

De même que la fameuse tempête dont parlent tous les personnages du film et qui les empêche de quitter le châlet se résume à l'écran à quelques flocons... quand il y en a! De fait, une scène fabuleuse voit un homme dire à un autre: "Ne sors pas! On n'y voit pas à un mètre!" tandis que le plan suivant, à l'extérieur, nous présente un superbe paysage blanc sans la moindre chute de neige.


A l'époque au moins on se fendait la gueule...

L'histoire est à l'avenant de ces erreurs puisqu'elle est truffée de trous. Certains ne sont pas gênants (l'origine des fantômes aurait pu être un peu plus explorée mais bon...) tandis que d'autres sont plus problématiques. Ainsi, un couple présent dès le début disparaît purement et simplement de l'histoire au gré d'une pirouette honteuse. Par la suite, leur sort sera réglé en quelques secondes au détour d'une vision et basta! C'est dommage car leur épopée dans la montagne aurait pu donner quelque chose de chouette. Et qu'on ne vienne pas me dire qu'il fallait raccourcir la durée du film car ses 69 minutes (!) sont déjà pénibles à atteindre.
Dialogues inutiles et inintéressants, action quasiment inexistante et scènes de remplissage sont légions.
Fort heureusement, la durée réduite permet d'éviter l'ennui.


Ne clignez pas des yeux, vous risqueriez de rater Michael !

Du coté des acteurs, il y a à boire et à manger. Certains sont bons, comme Kyson Lee alias Ando Masahashi dans la série Heroes, d'autres un peu moins à l'image de George Stults, rescapé de 7 à la Maison. Quant à Robert Michael Ryan, par ailleurs scénariste du film, il aurait sans doute dû se concentrer sur la qualité de son histoire plutôt que de venir errer devant la caméra. Les principales représentantes du sexe faible s'en sortent mieux que leurs homologues masculins et apportent une présence agréable à l'écran.
A noter, un très beau plan-nichon qui ravira les mâles de l'assemblée.

Signalons aussi la (très) brève présence de Michael Berryman en Guest-star, dans le sempiternel rôle du gars qui sait tout, qui veut prévenir les jeunes, mais que personne ne croit. L'utilité de son personnage et sa fin abrupte pourraient même le rapprocher du fameux Dick Halloran de Shining (encore!).


Je vous avais pourtant dit de ne pas cligner des yeux...

Pour finir ce tour d'horizon sur une note positive, sachez que la musique est assez réussie et souligne très bien les apparitions de fantômes. Jonathan Price a fait du bon boulot, dommage que son talent n'ait pas été mis au service d'une production de qualité supérieure.

Bref, on ne peut objectivement pas dire que Blood Snow soit un bon film. Pourtant on a déjà vu pire et il a le mérite de ne pas ennuyer le spectateur en raison de sa courte durée. Bref, c'est le genre de film utile pour digérer en somnolant le gros repas du dimanche midi, alors que le temps est à la pluie.
Geoffrey Claustriaux

A propos de l'auteur : Geoffrey
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