Voir la fiche complète du film : Cannibal Holocaust (Ruggero Deodato - 1979)

Cannibal Holocaust

LE film de cannibales par excellence. On adore ou on déteste. Mais un film à voir...
Publié le 1 Janvier 2008 par JulienVoir la fiche de Cannibal Holocaust
8
Jungle
Deux journalistes et deux cameramen de télévision, dont les reportages sont célèbres pour leur côté réaliste et sensationnel, décident de monter une expédition en Amazonie. Leur but est d'y retrouver les dernières tribus cannibales, les Yamamomos et les Shamataris, qui continuent de vivre comme à l'âge de pierre, à seulement quatre heures d'avion de New York. Un challenge de taille puisque toutes les équipes qui se sont lancées dans cette aventure n'en sont jamais revenues. Sur place, leur traque absolue du scoop et des images choc va vite tourner au drame et se retourner contre eux. Habités par une folie meurtrière, les cannibales vont aussitôt s'acharner sur les quatre reporters. C'est le professeur Monroe, anthropologue de renom, qui découvrira l'ampleur du carnage en partant à leur recherche...

Voilà un film à ne pas mettre entre toutes les mains. Ruggero Deodato (qui a tourné un nombre incalculable de films dans sa vie – plus de 200 paraît-il – dans des genres très différents), n'hésite pas à montrer l'insoutenable. Le film, qui commence comme une sorte de documentaire, tourne vite au film gore "réaliste". Les scènes de cannibalismes (d'un réalisme rarement égalé et proprement hallucinantes) sont très dures à visionner. Il y a des moments où l'on ne sait plus trop quoi penser. Est-ce la réalité ? Tout cela s'est-il vraiment passé ? Un peu à la manière du Projet Blair Witch plus récemment, Cannibal Holocaust joue la carte du réalisme et brouille les pistes. Le spectateur ne sait donc plus trop sur quel pied danser.
L'histoire, un peu difficile à suivre par moment à cause de nombreux flash-backs (on suit les aventures des quatre reporters disparut en même temps que le professeur Monroe, via une vidéo projetée dans une salle), a parfois du mal à captiver le spectateur.

Les scènes d'anthropophagie sont osées. Très osées mêmes (un des reporters se fait arracher le pénis à coups de pierre – aïe ! – et en gros plan siouplaît). De nombreuses scènes sont difficilement supportables, comme celle du viol dans la boue de la jeune cannibale par les trois reporters (le quatrième, une femme, assiste ébahie au spectacle, avant d'y prendre part à son tour). C'est parfois même carrément gerbant (une cannibale est "punie" par son "mari" d'une manière odieuse via l'introduction d'une pierre cloutée dans un certain orifice – cette scène est ignoble).

Adoré ou détesté, le film de Deodato demeure un film ovni. Entièrement tourné en décors naturels (pour renforcer l'aspect réaliste du film), le film offre quelques moments de frissons mais reste, très difficile à regarder sans ressentir une impression de malaise. Même avec le cœur bien accroché, on ne peut que laisser échapper des soupirs de dégoûts face à certaines scènes particulièrement corsées.
Si le film de Deodato est entré dans légende des "shock-horror movies" c'est bien par son réalisme et ses scènes gores outrancières. Personnellement, je n'ai du visionné le film que deux ou trois fois, et cela m'a suffit ! La mise en scène est anarchique (remarque, avec le peu de moyens dont ils disposaient, ils n'auraient pas pu faire mieux) et l'on s'ennuie ferme durant de longues séquences de dialogue (qui n'apportent pas grand chose à l'histoire en plus).

Au final, Cannibal Holocaust reste une curiosité qu'il est bon d'avoir vu au moins une fois dans sa vie. Et si le film paraît terriblement daté aujourd'hui, il n'en a pas pour autant perdu de sa force. Le film est quand même (très) fortement déconseillé aux personnes (très) sensibles !

Autres critiques

Meurtres à la Saint-Valentin 3D
Pour certains, les remakes sont un fléau et on peut les comprendre. Très souvent inférieurs aux originaux, ils ont en plus tendance à dénaturer les mythes et à rabaisser nos boogeymen préférés au rang de fillettes bougonnes et inoffensives. Prenons l'exemple le plus flagrant avec le dernier Freddy et son lot d'acteurs imberbes face à un tueur qui pourrait jouer dans Plus belle la vie . De plus,...
Sharktopus Vs Pteracuda
Si le survival animalier est devenu la proie d’étrons cinématographiques depuis plusieurs années, il faut reconnaître que certains producteurs (au hasard, SyFy ou Asylum) sont parvenus à repousser les limites de l’absurde avec brio. On croirait presque que n’importe quel tâcheron muni d’une caméra peut s’improviser réalisateur. Une histoire, un concept? Ce n’est pas sous ces latitudes qu’on en...
Boogiepop phantom
À Tokyo, des étudiants disparaissent mystérieusement dans les rues de la ville. Les bruits de couloir abondent sur le Boogiepop, le dieu de la mort, qui serait responsable desdites disparitions. Si ces quelques lignes résument grosso modo le point de départ de Boogiepop phantom, il sera d'autant plus difficile de poursuivre sur la suite de l'histoire. À cela, une raison particulière : il n'y a...
Atomic Shark
Moins connue que ses confrères décérébrés de chez SyFy ou Asylum, la société de production Tomcat n’est pourtant pas avare en bobines méphitiques. Des métrages horrifiques montés avec trois bouts de ficelles et des idées au ras des pâquerettes. En de telles circonstances, il n’est guère étonnant qu’ils aient accouché d’un des pires films de requins jamais réalisés:...
Animals
**Attention, cette critique contient quelques spoilers.** Ancien grand espoir de football américain à l'université, Syd Jarrett n'est plus que l'ombre de lui-même depuis une grave blessure qui l'a forcé à retourner dans sa ville de naissance, un patelin paumé. Désormais ouvrier, son seul plaisir est de retrouver chaque soir ses amis dans le bar de la ville. Un soir, il fait la connaissance de...