Voir la fiche complète du film : Dead Season (Adam Deyoe - 2011)

Dead Season

Suite à l'apparition d'une épidémie, un groupe de survivants tente d'échapper à l'assaut des zombies, sur une île d'apparence paradisiaque. <b>Dead Season</b> et son épilogue opportuniste n'apporte rien de nouveau au pays des morts-vivants.
Publié le 21 Août 2012 par GORE MANIACVoir la fiche de Dead Season
4
Zombie
Attention, cette critique contient des spoilers.

Suite à l'apparition d'une épidémie qui a décimé une grande majorité de la population, un groupe de survivants tente d'échapper à l'assaut des zombies, sur une île d'apparence paradisiaque, au large de la Floride.

Depuis le succès de l'adaptation cinématographique du jeu vidéo Resident Evil, il y a dix ans, le film de zombies a retrouvé une seconde jeunesse, permettant même à son pygmalion, George Romero, de relancer sa célèbre saga des morts-vivants.
Toutefois, il devient difficile de faire le tri entre exercices de style réussis et séries Z aussi dénuées de cerveaux que les morts-vivants qui hornent leurs pellicules crasseuses.

Reprenant en quelque sorte là où se termine le cultissime Zombie (idée que Romero finalisera dans Survival of the Dead), Dead Season nous propose de suivre le quotidien de survivants résistant sur une île tropicale aux assauts des morts-vivants. Budget serré oblige, le cinéaste privilégie ici la chronique sociale aux effets gore, en dévoilant les états d'âme d'une communauté dont la seule originalité criante se résume à ses repas !

Le début du métrage nous présente, de manière précaire, le quotidien maussade du couple de héros qui rejoindra une île qu'il espère saine et déserte. En chemin, un gamin perdra la vie au cours d'une attaque.
Le réalisateur nous donne le ton du film, cynique et impitoyable. Les personnages confirment cet état de fait en démontrant un minimum d'humanisme au début de leur parcours, situation qui changera au fil de leurs rencontres. Les membres de la communauté ne font pas non plus dans la dentelle. Pour faire partie du groupe, il faut apporter sa pierre à l'édifice, les faibles finissant dans les assiettes des forts. Adam Deyoe s'appuie sur ce point pour dénoncer la différence exiguë entre les deux camps, prêts à toutes les extrémités pour survivre.

Ainsi, il est difficile de s'attacher à ces "héros", tout en admettant qu'ils sont finalement assez normaux, et qu'il y aurait beaucoup de chances qu'on leur ressemble dans des circonstances similaires. La question du cannibalisme mise de côté, force est de constater malheureusement qu'il y a peu de chose à se mettre sous la dent !

Dead Season, victime d'un rythme inégal, d'acteurs modestes et de moyens limités, ne parvient jamais à trouver son équilibre entre série B nerveuse et chronique sociale. Deyoe ne creuse pas assez profondément dans la psyché de ses personnages, ce qui donne un film quelque peu bancal.
Les scènes de carnage y sont plutôt rares, malgré un final tentant de réparer cet oubli, et la caméra s'avère parfois fuyante, certaines scènes semblant être coupées trop brutalement. Dès lors, ce constant manque de profondeur nuit à un film que l'on peut qualifier de secondaire, à l'instar des récents Zombie Diaries.

A l'heure actuelle, on s'attachera bien plus volontiers à l'excellente série The Walking Dead, savant mélange d'action et d'humanisme, qu'à ces Direct to Video inondant nos supermarchés et n'apportant qu'une contribution mitigée au mythe du mort-vivant, désormais qualifié de "marcheur". Dix ans après sa renaissance, ce sous-genre horrifique parait s'enliser dangereusement dans les méandres du Z.
A conseiller uniquement pour occuper une soirée estivale pluvieuse, Dead Season et son épilogue opportuniste n'apporte rien de nouveau au pays des morts-vivants, à qui l'on conseillera cet hiver une hibernation bien méritée.

A propos de l'auteur : GORE MANIAC
Portrait de GORE MANIAC

J'essaie de partager ma passion pour un cinéma méconnu, mais qui mérite incontestablement qu'on s'y arrête !

Autres critiques

Spiders
Le film d'horreur doit être un grand huit de l'âme pour paraphraser Guillermo Del Toro. En ce sens, les thèmes abordés font appel à nos craintes et nos peurs les plus profondes pour susciter diverses émotions que l'on ne retrouve pas dans d'autres genres. Alors bien entendu, nombre de thèmes ont été traités avec plus ou moins de succès, que ce soit notre peur des clowns, de perdre un être cher,...
Insidious: Chapter 2
Il est de plus en plus difficile de trouver des artisans de l'horreur. Si dans les années 1980 le genre était assez prolifique, grâce à des réalisateurs comme John Carpenter et son Halloween , mais surtout Sam Raimi avec son Evil Dead , film qui fourmille de détails et d'idées autant sur le plan technique que scénaristique. Les effets numériques ont par la suite un peu tué tous ces...
Invasion Finale
En cours de transfert durant une tempête de neige, un prisonnier (Bruce Campbell) est victime d'un accident de voitures. Escorté par deux policiers, il échoue dans un petit aéroport privé, complètement isolé, et va découvrir très vite que quelque chose d'anormal est en train de se passer. Depuis les années 50, l'invasion extra-terrestre fait partie des thèmes récurrents en matière de...
Dragonball : Evolution
Dire que cette adaptation live du manga culte d’ Akira Toriyama s’est faite désirer est un doux euphémisme. En effet, cela faisait presque une dizaine d'années que des rumeurs couraient sur un possible long métrage et que des légions de fans s’excitaient à la moindre image "fake" débarquant sur le net. L’annonce officielle par la FOX de la mise en chantier du projet a donc logiquement attisé l’...
Club Dread
Pour tous les fans de films d'horreur, le slasher est un genre bien particulier. Il s'agit de mettre en avant un tueur psychopathe, de préférence masqué, et qui tue avec une violence inouïe et avec une arme plus ou moins originale. Ainsi, on connait la saga Halloween ou Vendredi 13 , ou bien plus récemment la saga Scream . Parfois, l'horreur est tellement poussée loin que cela vire au grand...