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Sharknado 3 : Oh Hell No! – Critique

Sharknado 3

Un nouvel opus qui suscite plus l’ennui que l’indignation. Aucune surprise à avoir, Sharknado 3 est un étron cinématographique pas même sympathique dans le domaine du nanar. Derrière de faux airs comiques qui ne prennent jamais, il n’évoque que le mépris.

Publié le 11 Septembre 2016 par Dante_1984 · Voir la fiche de Sharknado 3

Si l’on ne change pas une équipe qui gagne, l’adage vaut apparemment pour les pires étrons cinématographiques. Tout est possible avec les producteurs déjantés d’Asylum, mais l’on reconnaîtra que Sharknado rencontre un certain succès sur les écrans américains. En partant de ce principe, pourquoi ne pas étirer un concept farfelu de base jusqu’à en obtenir le nectar de la bêtise humaine? Tel est le pari insensé de ce troisième opus. Poursuivre dans la surenchère du grand n’importe quoi, repousser les frontières (déjà bien éloignées) du concevable via un opportunisme à peine masquer sous de faux airs de parodie assumée.

Non, ceci n'est pas un fan art.

La multitude de références cinématographiques peut aller en ce sens. Au lieu de se cantonner à ravager un seul film, Sharknado3 en massacre une petite dizaine. Dans le désordre, la saga Star Wars, Mémoires de nos pères, James Bond, Twister et consorts. Le«film» se targue également d’un joli pied de nez aux productions Universal en plaçant l’un de ses parcs d’attractions Universal Studios au cœur de la tempête. Dans les intentions, tout cela peut contribuer à une manière différente de tourner en dérision la machine hollywoodienne à grand renfort de blagues potaches et de situations rocambolesques. Sauf que l’on parle d’Asylum et de son nouveau bébé fétiche, alias Sharknado!

Outre une intrigue qui devrait donner un sens inédit à l’absurdité, on se confronte à un florilège de séquences invraisemblables, des incohérences à ne plus savoir qu’en faire. Si certains y trouvent un aspect fun décomplexé au possible, l’on a surtout droit à une succession de péripéties sans queue ni tête qu’un montage merdique ne vient rien arranger. On commence à Washington, on poursuit le calvaire sur la côte Est, sans oublier Orlando avant d’atteindre des nuées stratosphériques. On tente de justifier vainement le tout par quelques explications aussi obscures que le fond de la gueule de squales mal dégrossis et le tour est joué!

SharkTycoon !

Peu importe si l’ensemble tient la route, mais un minimum de cohérence (un mot que les scénaristes eux-mêmes doivent en ignorer le sens) n’était pas pour déplaire. Appelons ça un prétexte sous le couvert du divertissement bas de gamme, il demeure néanmoins que ces élans pseudo-comiques sont plus ridicules qu’amusants. Preuve en est avec un casting de seconde zone qui cabotine un maximum et finit aussi par s’ennuyer. Car malgré la présence de plusieurs Sharknados et la faible durée du métrage, la progression s’enlise très vite. Il y a bien quelques attaques, mais rien qui puisse tenir sur la longueur. D’ailleurs, les requins n’occupent qu’une place secondaire.

Réduits à de vulgaires projectiles sans cervelles (quand il ne s’agit pas de poissons pixellisés inertes qui tombent sur une bande d’abrutis), les tempêtes pâtissent d’une énorme baisse de régime. De moins en moins variés (au niveau des espèces), de plus en plus mal fichus, les squales se contentent de jouer les filles de l’air affamées. Constat identique pour les exécutions. D’un côté, on a droit à une grande gueule pourvue de dents affûtées. De l’autre, des flingues, des armes blanches, des tronçonneuses à double lame, des sabres laser et des rayons de la mort. Avec cela, on imagine les pires manières de les employer ou de trépasser et l’on obtient des morts en pagaille qui n’interpellent nullement tant les trucages se révèlent désolants.

Shark in space !

Au final, Sharknado3 poursuit son odyssée de la débilité sans faiblir sur les substances illicites. Des situations confondantes d’inutilité, des acteurs pathétiques, des effets spéciaux ignobles, ainsi qu’une soi-disante atmosphère comique parfaitement assumée... Ce troisième opus démontre qu’on peut toujours creuser un peu plus pour s’enfoncer dans les affres d’une ineptie sans borne. À croire qu’Asylum tente d’imposer des standards de nullité pour laisser à penser que l’on peut en retirer une certaine gloire, en sus de quelques billets verts bienvenus. Ou comment endommager gravement le cerveau des spectateurs avec un film coincé entre le survival animalier et la catastrophe au sens strict du terme.

Dante_1984
À propos de l’auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches.

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