Voir la fiche complète du film : Planet of the Sharks (Mark Atkins - 2016)

Planet of the Sharks – Critique

Planet of the Sharks
Quand le survival animalier rencontre Waterworld, cela donne une bévue déplorable du mythe du requin-tueur répondant au nom de Planet of the Sharks. Derrière ses atours post-apocalyptique fauchés, il en résulte un film raté et ennuyeux malgré ses situations virevoltantes pour faire se succéder l’improbable à la débilité profonde.
Publié le 22 Août 2019 par Dante_1984 · Voir la fiche de Planet of the Sharks

Innover dans le domaine de la sharksploitation ne relève pas de la gageure, mais du non-sens. Depuis plus d’une dizaine d’années, SyFy et Asylum ont fini d’achever le semblant de crédibilité que l’on pouvait octroyer au genre. Si l’on ne s’étonne guère de trouver des productions toutes plus affligeantes les unes que les autres, il reste néanmoins surprenant, voire amusant, de se rendre compte que la bêtise humaine se fraye toujours un chemin vers la case du petit écran. En parallèle de bestioles hybrides et d’aberrations innommables, Planet of the Sharks emprunte le même sentier putride que la saga Sharknado. À savoir, réaliser l’amalgame des genres.

L'un des derniers bastions de l'humanité

Ici, il n’est pas question d’accaparer les poncifs du film catastrophe, mais ceux de la science-fiction à la sauce post-apocalyptique. Conséquence ultime du réchauffement climatique, la Terre est désormais recouverte d’eau. Seules quelques grappes de survivants habitent sur des plateformes flottantes aux faux airs de bidonvilles. Sous la houlette de Mark Atkins, déjà responsable du misérable Sand Sharks, on n’aura pas droit au mélange de deux métrages aux antipodes, mais plutôt à une pâle resucée de Waterworld au pays des squales. La trame n’est pas forcément similaire, mais les codes de l’univers et les bases de l’ambiance sont néanmoins là pour nous le rappeler.

Entre Junk City et Salvation, on a l’impression que les structures sont strictement identiques. N’en déplaise à quelques plans aériens présentant un agencement dissemblable, chaque lieu semble avoir été filmé au même endroit, mais sous un angle différent. Faits de bric et de broc, les ultimes bastions de l’humanité sont à l’image des haillons que portent la plupart des intervenants. En plus des squales, il aurait été bienvenu de proposer des antagonistes pour tenter de dynamiser la progression. Par exemple, un sale petit arriviste pour s’octroyer les dernières ressources exploitables. Hormis une incursion ridicule chez des survivants moitié sauvage moitié barge, on se concentre uniquement sur la menace animalière.

En pleine tempête ?

Et ce n’est pas forcément un atout. Pour une planète infestée de requins, force est de constater que le nombre de poissons à l’écran est plutôt restreint. Il y a bien ce banc qui écume les mers et les océans en compagnie d’une femelle alpha, mais les attaques sont beaucoup trop sporadiques et décousues pour convaincre. De plans sous-marins identiques en envolées au-dessus des pontons ou des embarcadères, on nous dessert toujours le même processus. Il n’y a aucun esprit de groupe ni de cohérences dans les assauts. On relègue alors les requins à des missiles à tête chercheuse (comme dans Sharknado) pour mieux occire cette palette indigente d’acteurs déconfits.

Si l’on ne peut guère parler d’un scénario digne d’intérêt, les premiers instants avaient le mérite d’éviter moult invraisemblances dans son déroulement. Pourtant, la dernière partie et l’épilogue partent en roue libre. Ce qui nous rappelle ainsi que l’on se trouve en présence d’un délire made in Asylum et non d’un «simple» téléfilm fauché et nullissime. Non seulement les raccourcis téléphonés nous imposent une issue pour parer à la menace de nos chers poissons cartilagineux, mais ils nous infligent un happy-end hors de propos sur le problème de la montée des océans. À noter que l’ensemble, passablement absurde et grotesque, se révèle plus bavard qu’à l’accoutumée.

Manger une kitesurfeuse, c'est mal (ou pas si l'actrice est mauvaise)

Au final, Planet of the Sharks s’engage vers des territoires (presque) méconnus de l’idiotie. Sur fond de récit post-apocalyptique pauvre et sans âme, le film de Mark Atkins noie le poisson avant même de se confronter à la première attaque de requins. Des effets spéciaux archaïques, une brochette de seconds couteaux aux expressions dignes de sardines, une histoire alambiquée et totalement décousue dans ses derniers instants... Comme à l’accoutumée, SyFy et Asylum se démènent pour recenser un maximum de tares et de défauts en seul métrage. On a beau avoir vu bien pire que cette pénible itération, il n’en demeure pas moins un survival animalier sans fondement ni intérêt. Mention particulière aux stocks-shots de kitesurf maintes fois recyclés.

Dante_1984
À propos de l’auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches.

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