Voir la fiche complète du film : Devil Story : Il était une fois le Diable (Bernard Launois - 1985)

Devil Story : Il était une fois le Diable – Critique

Devil Story : Il était une fois le Diable
Un authentique OFNI. Un nanar culte qu'il faut voir pour croire.
Publié le 13 Février 2012 par Geoffrey · Voir la fiche de Devil Story : Il était une fois le Diable

Depuis des mois, le DVD de Devil Story trônait sur ma pile de films à chroniquer sans que j'ose y toucher. La raison de cette réticence était simple : ce film me faisait peur. Etais-je de taille à m'attaquer à ce que nos confrères de Nanarland.com, par ailleurs édteurs du DVD, décrivent comme, je cite, le plus mauvais film du monde et de sa proche banlieue ?

De plus, Devil Story me plaçait face au plus grand cas de conscience de ma carrière de chroniqueur : devais-je le critiquer "sérieusement" ou, au contraire, le traiter en tant que digne représentant du nanar ?
Après réflexion, puisque sa réédition par Nanarland en partenariat avec l'éditeur Sheep Tapes se faisait sous le signe de l'humour et du nanar, j'ai décidé de privilégier l'angle d'attaque humoristique. D'où cette faramineuse note de 10/10 pour un film qui, en temps normal, n'aurait récolté qu'un zéro triplement pointé.

Mais que peut donc raconter un film dont la jaquette est ornée d'une espèce de zombie en habits de SS avec une momie en arrière-plan ?
Devil Story, c'est d'abord l'histoire d'un mec tout pas beau qui tue des gens au hasard. Pis arrive un campeur qui ramasse du bois en sautillant. Pis y a un couple qui se perd et la femme qui est attaquée par un chat fantôme. Pis y a un cheval tout gentil qui fait peur à tout le monde, surtout à un fermier incapable de tirer correctement un coup (de fusil). Pis y a une momie égyptienne qui sort de nulle part ! Et pis y a une maquette de bateau qui surgit du sol en carton! Et pis... ET PIS... AAAAARGH !

[Veuillez excuser l'interruption momentanée de cette critique. Le rédacteur s'est évanoui devant tant d'inepties. Pour patienter, voici un graphique reprenant les enjeux de l'histoire et les liens entre les personnages. L'original se trouve ici]

[Fin de l'interlude. Désolé pour ce contre-temps.]

Bon, reprenons. Pour être clair, tout est nul dans Devil Story. Nul de chez nul. Mais cette nullité n'a rien à voir avec, par exemple, la nullité des atrocités de chez Asylum ou de Nu Images. Non, Môssieur. Dans Devil Story, c'est de la nullité FRANÇAISE! Oui Môssieur ! Et puis, dans Devil Story, on ne se fout pas de la gueule du spectateur comme dans les productions sus-citées. On est généreux dans Devil Story. Le public est venu chercher du monstre, de l'action et des morts, et bien on va lui en donner !
De fait, le film n'est jamais ennuyeux. Il se passe plein de trucs (je pense que le terme qui convient est foutraque), on ne comprend rien, mais le tout passe comme une lettre à la poste. Bernard Launois a réussi un authentique exploit en pondant un film aussi barré sans que celui-ci ne soit jamais ennuyeux ou ne largue le spectateur en cours de route.

J'ajouterais que, personnellement, je ne m'étais jamais autant marré devant un nanar, d'où le 10/10.


...

Il faut dire que techniquement, le film n'est pas si mauvais que cela. La réalisation de Bernard Launois (mais pas le montage) est digne d'un petit téléfilm d'après-midi, ni plus, ni moins, ce qui facilite grandement le visionnage.

Par contre, on ne peut pas en dire autant des acteurs. L'actrice principale, par exemple, est au-delà de la nullité. Elle repousse si loin les limites du non-jeu que les actrices porno d'Echap mériteraient presque un oscar en comparaison. Et que dire des seconds rôles, tous plus faux les uns que les autres ? Je ne vais pas les énumérer, car ce serait fastidieux et inutile, mais il y en a tout de même trois qui méritent que l'on parle d'eux.

Premièrement, il y a le vieux fermier qui passe le film à tirer sur le même cheval, dans le même pré de cinquante mètres carrés, sans jamais le toucher. Alors lui, j'en suis amoureux. On nous le montre, de jour comme de nuit, essayer de tuer un cheval qui court, dans une espèce de running-gag absurde et sans rapport avec le reste du film. Il tire dans un sens, se retourne, tire encore, tire au-dessus, tire en-dessous, à gauche, à droite, etc... Et même lorsque le cheval passe à deux mètres de lui, il le rate encore ! (Notons que ce passage est le seul dans lequel les deux "adversaires" sont réunis, les autres n'étant qu'un "habile" montage alterné de stock-shots et de gros plans.)


Le terrrrifiant cheval...


...et le tireur bigleux. Lui, je l'aime...

Puis, il y a Pascal Simon qui se démène dans le rôle du monstre. Grognements étouffés par un masque ridicule, lèvres qui ne s'ouvrent pas et attitude générale grotesque font de ce personnage un élément incontournable de Devil Story. C'est d'ailleurs lui qui est mis en avant sur la jaquette (oui le zombie habillé en nazi, c'est lui, même si la représentation dessinée n'a rien à voir avec la réalité).

Sous le masque, Pascal Simon se dépense sans compter. Il donne tout ce qu'il a, surtout quand le ridicule n'est pas loin. Il faut le voir régurgiter des litres et des litres de sang lors de sa confrontation d'anthologie avec le cheval. C'est juste magique. Un vrai choc des titans.


Pascal Simon est LE MONSTRE !

Et pour finir, il y a la momie.
Si son costume est relativement réussi (soyons indulgents, même si on remarque les gants), il n'en va pas de même pour son charisme. Se déplaçant à l'allure d'un papy perclus de rhumatismes, raide comme un piquet et affublée d'une fiancée à la coiffure d'un autre monde, cette momie est sans conteste l'une des pires insultes faite aux traditions égyptiennes. Toutefois, la voir étriper des gens incapables de l'éviter (alors qu'elle avance à du 0,5 km à l'heure, je le rappelle) a quelque chose d'assez jouissif.


Tremble Boris Karloff, la relève est là (ou pas).

Bref, vous l'aurez compris, je me suis bien éclaté devant cet ahurissant OFNI complètement à l'ouest, alors que je ne suis pas un amateur hardcore de nanars. C'est pourquoi je ne peux que vous conseiller de le voir. Vous ne serez pas déçus.

Geoffrey
À propos de l’auteur : Geoffrey

Comme d'autres (notamment Max et Dante_1984), je venais régulièrement sur Horreur.net en tant que lecteur, et après avoir envoyé quelques critiques à Laurent, le webmaster, j'ai pu intégrer le staff début 2006. Depuis, mes fonctions ont peu à peu pris de l'ampleur.

Autres critiques

Black Christmas

Black Christmas

Le Black Christmas de Bob Clark est considéré par les spécialistes, contrairement à une croyance populaire répandue qui veut que ce soit le Halloween de Carpenter, comme le père fondateur du slasher (avec la Baie Sanglante ). Il faut dire que tous les futurs ingrédients de ce sous-genre mal-aimé s'y trouvaient déjà et ce, deux ans avant que le Michael Myers de Big John débarque sur les écrans...
Vampires suck : Mords-Moi Sans Hésitation

Vampires suck : Mords-Moi Sans Hésitation

Il est une chose qu'on peut se demander concernant Jason Friedberg et Aaron Seltzer : mais comment font-ils pour encore convaincre des producteurs de leur donner de l'argent? A l'instar d' Uwe Boll , le duo de réalisateurs/scénaristes nous pond catastrophe sur catastrophe et continue, malgré tout, à nous abreuver de parodies toutes moins drôles les unes que les autres. Vous avez...
Le Fantôme de l'Opéra

Le Fantôme de l'Opéra

**Attention, cette chronique contient des spoilers.** En 1877, à l'Opéra Garnier de Paris, Christine, jeune cantatrice, doublure de la célèbre Carlotta, attire l'attention d'un mystérieux personnage, tandis que d'étranges disparitions ont lieu dans l'établissement. Près de dix ans après Opera , Dario Argento renoue avec un univers musical et scénique cher aux italiens, en...
Amityville : La maison du diable

Amityville : La maison du diable

Aux yeux d’un public non averti, comme des amateurs de phénomènes paranormaux, Amityville est l’un des plus célèbres cas de maisons hantées au monde. Partant d’un fait divers sordide, puis de l’emménagement de la famille Lutz, la « maison du diable » a défrayé la chronique et continue de partager les partisans de l’arnaque et ceux de la hantise avérée. D...
The Baby

The Baby

Malgré des résultats plus que mitigés, le faux documentaire continue de faire des émules. Il faut reconnaître que l’on a davantage droit à des productions laborieuses aux qualités discutables ( Area 407 …) qu’à des bobines inquiétantes qui laissent planer le doute sur l’éventuelle véracité des faits avancés. Pourtant, le succès de certaines « grosses » sagas...