Voir la fiche complète du film : Dead Space: Downfall (Chuck Patton - 2008)

Dead Space Downfall

Une préquelle au premier Dead Space perfectible en de nombreux points et qui souffrent surtout de plusieurs approximations sur le plan de la réalisation et de la narration. On peut néanmoins apprécier un traitement mature et le respect des fondamentaux de la saga vidéoludique, où l’on évite tout second degré propre à certaines productions du même acabit.
Publié le 19 Janvier 2020 par Dante_1984Voir la fiche de Dead Space: Downfall
6
Extra-Terrestre

En matière de science-fiction horrifique, Alien et Event Horizon demeurent des références cinématographiques incontournables. Dans le domaine vidéoludique, la saga Dead Space a repensé (et repoussé) les limites du survival-horror aux frontières intersidérales. Un virage déjà amorcé à l’époque par Doom 3 qui privilégiait l’exploration et une atmosphère oppressante à la place d’une action coutumière à la célèbre franchise. La qualité de l’ambiance et l’immersion du titre de Visceral Games offrent des expériences éprouvantes qui préservent encore aujourd’hui toute leur efficacité. Au vu de son succès, il n’est guère étonnant que le premier opus se soit vu accompagné d’un film d’animation.

Sous divers formats, comme les livres, les produits dérivés permettent d’étendre la mythologie de base. Seulement, ce type de procédé tient plus de velléités mercantiles prétextant un fan service de rigueur et non à une réelle nécessité. Dead Space Downfall s’avance comme une préquelle au premier volet. Ce métrage est censé faire la lumière sur les événements ayant eu lieu au sein de l’Ishimura. Malgré l’ouverture que laisse entendre ce postulat, les révélations demeurent assez circonspectes, jouant la carte de la découverte «fortuite» et du mystère lié à l’artefact. On aurait pu s’attendre à une genèse plus fouillée et dense, notamment en ce qui concerne le dogme de l’unitologie et la nature de cette espèce invasive.

Eu égard à la brièveté du métrage, on se rend compte que la narration reste assez superficielle dans son développement. Les scènes-clefs manquent de liant, tandis que les dialogues sont sommaires dans la majorité des échanges. Certains d’entre eux se parent de considérations caricaturales en résonnance avec la caractérisation des personnages. À quelques exceptions prêtes, les protagonistes se distinguent surtout par une apparence physique dissemblable et non à des traits de personnalité recherchés. Le fond demeure assez maladroit et dénote une évidente précipitation dans la production pour faire coïncider la sortie du métrage et celle du jeu.

On peut aussi s’attarder sur le style graphique qui contraste avec la tonalité générale. L’aspect 2D en «dessin animé» classique n’est pas forcément un mal, surtout lorsqu’on apprécie la qualité des rares images de synthèse qui ont de quoi effrayer dans le mauvais sens du terme. Cependant, le rendu tranche radicalement avec l’univers dépeint. L’obscurité du jeu n’est pas pleinement exploitée. On remarquera également de nombreuses approximations de proportions des personnages par rapport au cadre. Et cela ne tient pas à l’anatomie dégénérée des xénomorphes. Des illogismes visuels qui, là encore, démontrent un travail bâclé, à tout le moins réalisé avec des moyens réduits et des délais trop courts.

Pourtant, tout n’est pas à rejeter en bloc. L’aspect gore est bel et bien présent, tout comme la nécessité de démembrer les xénomorphes. De même, l’exploration de l’Ishimura réussit à varier les environnements et à respecter une certaine cohérence architecturale entre les différentes zones. On songe à la serre, aux aires de décollage ou encore aux conduites techniques. Par ailleurs, la progression reste dynamique et ne faiblit à aucun moment. Dans le jeu, cette caractéristique aurait pu atténuer la qualité de l’ambiance. Pour un film où l’immersion est forcément moindre, ce choix évite d’instaurer une routine lénifiante propre à perdre définitivement le spectateur.

Au final, Dead Space Downfall demeure un film d’animation relativement modeste. Cette préquelle n’offre que peu d’éclaircissements quant à l’espèce invasive qui a investi l’Ishimura. Au-delà d’une scénarisation pour le moins basique, on se confronte à un panel de personnages vaguement dégrossis. Par ailleurs, la qualité de l’animation se montre fluctuante tant du point de vue des proportions que de certains mouvements mal coordonnés. À défaut de frissonner ou de sursauter, on retiendra l’ambiance horrifique globalement réussie et une évolution narrative fluide, même si elle reste linéaire à bien des égards. Une adaptation moyenne, non dénuée d’atouts, mais qui pâtit d’une production «marketing» trop tendue pour proposer une odyssée spatiale éprouvante.

A propos de l'auteur : Dante_1984
Portrait de Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches. Puis, j'ai souhaité faire partager mes dernières découvertes en laissant des avis sur les films que je voyais.

Autres critiques

Star Trek: Générations
L'équipage légendaire de la série originelle se faisant plus que vieillissant et bedonnant (Kirk et Scotty en tête), il était temps pour ce septième film de donner un nouveau souffle à la saga Star Trek en introduisant enfin l'équipage de la bien nommée série Next Generation . Mais pour que la transition se fasse en douceur, quoi de mieux que de faire se rencontrer les deux capitaines pourtant...
Fido
À la suite d'un nuage radioactif cosmique, les morts sont revenus à la vie ! Terrible nouvelle que voici, mais c'était sans compter la merveilleuse société Zomcon et ses scientifiques de génie qui ont eu la fantastique idée de domestiquer nos chers défunts. Vous en avez assez de faire le jardin, les tâches ménagères ou de promener le chien ? Prenez un zombie Zomcon ! Après avoir réalisé çà et là...
Escape from Cannibal Farm
Suite à une série de mésaventures, une famille lambda se voit contrainte de demander l’asile dans une ferme reculée où vivent des rednecks sanguinaires, à tendance débile. Derrière ce synopsis, matière propice à un bon torture-porn/survival sans prétention, se dissimule un scénario un peu tiré par les cheveux rendant le tout indigeste. « On va cacher le fait qu’on n’a pas...
Last of the Living
Quand on s’attaque à un thème aussi exploité que les morts-vivants ou la comédie de zombies en l’occurrence, il faut avoir un minimum d’idées et un scénario potable pour se lancer dans l’aventure. Faire un film sans imagination et surtout sans apporter un petit quelque chose au genre, c’est un peu comme suivre le troupeau de moutons qui saute de la falaise. Autrement...
Star Trek
Des années que les fans l’attendaient et il est enfin là, sept ans après Némésis , le dixième film de la saga. Avec à la barre J.J. Abrams , auteur d’un incroyable Mission impossible 3 et créateur des séries que sont LOST, Alias et la toute récente Fringe , Star Trek 11 a finalement débarqué sur nos écrans. Onzième film ? Pas tout à fait car le métrage est intitulé Star Trek , un...