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Ghost in the shell - Stand alone complex

Une série honnête et plaisante si l'on oublie la comparaison avec le film de Mamoru Oshii et du manga. Dans le cas contraire, on pestera contre une intrigue simplifiée au possible (aucune relecture possible), une technique qui se contente des acquis et des symphonies trop rares pour créer une atmosphère hors du commun. Une déception pour les puristes. Une découverte en douceur de cet univers pour les novices qui s'adresse avant tout à eux. Fort heureusement, la deuxième saison s'avère bien meilleure et prenante que son aînée.
Publié le 21 Novembre 2012 par Dante_1984Voir la fiche de Ghost in the shell - Stand alone complex
8
Adaptation de manga Robot

En 2030, la section 9 est chargée des missions les plus dangereuses et de contrecarrer le cyberterrorisme pour veiller à la sécurité et au bien-être de la société. Toutefois, l'émergence d'un pirate informatique surnommé le Rieur risque de leur compliquer considérablement la tâche.

Est-il besoin de présenter le manga culte de Masamune Shirow qui a donné naissance à deux longs-métrages qui relèvent autant du chef d'oeuvre que du classique du 7e art ? Une oeuvre poétique et sombre empreinte d'une conception nihiliste sur le devenir de l'homme en tant qu'être vivant. Derrière son intrigue alambiquée et tortueuse au possible, les messages philosophiques trépignaient et permettaient une relecture de cet univers complexe à chaque visionnage. Le trip métaphysique était assuré, la sensation d'assister à un tournant majeur de l'animation ne fut que plus admirable.


On en reste coi.

Aussi, lorsque le projet de créer une série autour de cette merveille de la science-fiction fut amorcé, les attentes des fans de la première heure infligeaient une pression énorme sur les producteurs. Le pari est-il gagné ? Stand alone complex fait-il honneur à ses illustres aînés ? Quand on aborde les premiers épisodes avec en mémoire les deux films précédents, plusieurs points sont essentiels pour que cet anime s'inscrive dans la continuité et apporte sa pierre à l'édifice. Tout d'abord, il est bon de noter que Stand alone complex n'est pas la suite directe du premier long-métrage (pour rappel, Innocence fut réalisé deux ans après la première saison). Il faut donc voir cette nouvelle adaptation comme une vision différente. On ne parlera pas de reboot, mais la démarche est similaire.

Les personnages demeurent les mêmes, mais l'histoire, elle, change considérablement. Le fil rouge de l'intrigue est la traque du rieur, un pirate informatique qui multiplie les actes de terrorisme. Tout au long des 26 épisodes, l'on sent sa présence, même s'il n'est pas directement impliqué dans les événements. Une ombre qui semble tirer les fils des marionnettes (une référence au Puppet master ?) de ce cirque fantoche. On se plaît à constater que les missions de la section 9 disposent d'une diversité assez éloquente. Libération d'otages, infiltration dans les milieux mafieux, exfiltration de criminels, disparitions, protections de hauts dignitaires... La variété est au rendez-vous est permet de ne pas se lasser.


A force de traquer les ordures, on finit par tomber dedans.

Malgré cette volonté évidente de ne pas enfermer le spectateur dans une routine soporifique, ces mini-intrigues paraissent bien fades en terme de complexité. Mis à part quelques enjeux politiques et judiciaires, il n'y a rien de bien compliqué à saisir les tenants et les aboutissants. On a l'impression que les scénaristes ont voulu axer le récit pour un public plus large, moins regardant sur les détails. Certes, cela demeure plaisant à suivre, mais compte tenu du degré de profondeur de cet univers, on était en droit d'attendre des retournements de situations plus surprenants (lorsqu'ils sont présents) ou une démarche moins linéaire. Mention spéciale tout de même aux intermèdes avec les Tachikoma en fin d'épisodes où l'on s'insinue dans la vie privée de ces charmantes machines.

Toutefois, le principal problème de Stand alone complex est de supprimer le traitement philosophique de son histoire. Ce choix est, à mon sens, l'erreur la plus incompréhensible et la plus regrettable qui soit. Ce constat rejoint ce qui a été dit sur la simplification du scénario. Pourquoi ? Cela aurait permis une relecture de la série et de la (re)découvrir sous un jour nouveau. Or, on ne trouve rien de cette atmosphère éthérée empreinte de mélancolie. L'essence même de l'univers est respectée, mais l'on ne retrouve pas ce qui donnait cette touche indéfinissable aux longs-métrages. La magie et la poésie s'en sont allées et l'on se sent lésé.


La révolte des machines ?

Malheureusement, la technique est loin d'être aussi bluffante qu'à l'époque du premier Ghost in the shell. Les traits sont simplifiés (apparemment, ce fut le mot d'ordre au sein des studios) au possible et l'on ne parvient pas à trouver des plans qui nous laissent sans voix. Pour un anime de 10 ans, la 2D demeure acceptable, mais la 3D a terriblement mal vieillie (il est vrai que certaines productions beaucoup plus récentes se permettent de nous infliger un rendu similaire). Fort heureusement, elle est utilisée avec parcimonie ; principalement pour les décors et les véhicules (très moches et sans imagination). Tout comme le générique de début entièrement réalisé en images de synthèse (pas exceptionnel, mais honnête pour l'époque).

Au niveau de l'atmosphère, on regrette aussi une bande-son beaucoup trop discrète. Une remarque d'autant plus rageante que les quelques morceaux entendus sont d'une qualité certaine. Il reste néanmoins un respect évident vis-à-vis de la caractérisation des protagonistes. On retrouve avec plaisir le major Kusanagi, Batou, Togusa, Ishikawa et tant d'autres qui demeurent égaux à eux-mêmes. Nul besoin de s'étendre sur le sujet, les habitués ne seront pas dépaysés et l'on se plaît parfois à découvrir des nouveaux traits de leurs personnalités qui n'entrent pas en contradiction avec ce que l'on connaît d'eux.


La boîte de conserve Jameson revient et il n'est pas content.

Stand alone complex n'est pas une mauvaise série. Elle dépeint un univers cyberpunk avec implication et l'immersion est au rendez-vous. Néanmoins, la comparaison avec l'adaptation précédente et le manga d'origine était inévitable. On aurait été sans doute plus indulgent s'il ne s'agissait pas de Ghost in the shell. C'est donc avec autant de déplaisir et d'incompréhension que l'on constate l'absence du questionnement philosophique sur la nature humaine et ce qui nous caractérise en tant qu'espèce vivante (ce ne sont pas les petites amorces dans les trois derniers épisodes qui changeront la donne), une animation honnête mais loin d'être inoubliable et une atmosphère sonore quasi anecdotique. Il en découle un anime divertissant et agréable à plus d'un titre, mais trop léger pour faire honneur à l'univers de Masamune Shirow. (6/10)

Saison 2 : Une deuxième saison plus en adéquation avec l'univers original. Le scénario se veut plus recherché et ne lésine pas sur l'exposition des motivations des onze individuels. Ainsi, les réflexions philosophiques sur la conscience d'être et notre place au sein d'une société déshumanisée sont présents. Qui plus est, les relations entre protagonistes et les révélations sur leur passé permettent de s'immerger plus à même dans l'histoire. Un rythme plus tendu, des enjeux plus importants, Second gig parvient à gommer une grande partie des errances de la première saison pour ne conserver que le meilleur. (8/10)

N.B. Étant donné l'évolution de la série et la disparité entre les deux saisons, la note finale est une moyenne.

A propos de l'auteur : Dante_1984
Portrait de Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches. Puis, j'ai souhaité faire partager mes dernières découvertes en laissant des avis sur les films que je voyais.

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