Voir la fiche complète du film : Destination Finale 4 (David R. Ellis - 2009)

Destination Finale 4

Le quatrième épisode d'une série à bout de souffle et à court d'idées...
Publié le 27 Septembre 2009 par GeoffreyVoir la fiche de Destination Finale 4
6

Attention, cette critique s'appuye sur une vision en 2D du film, le cinéma préféré de votre serviteur n'ayant pas les installations nécessaires pour une projection 3D.

Décevant. Tout simplement décevant. Ce nouveau volet de la saga des Destination Finale n'avait d'autre prétention que de divertir le public mais malgré celà, il fait au final assez pâle figure par rapport à ses trois aînés. Le retour de David R. Ellis derrière la caméra était pourtant de bon augure mais le problème de ce film c'est qu'il a été pensé pour la 3D et uniquement conçu comme un support à ce gadget et non pas comme un "vrai" film de cinéma. Destination Finale 4 ne parvient ainsi jamais à dépasser son status de "prétexte" pour nous balancer une tonne d'effets en trois dimensions et finit donc par s'essoufler méchamment. Comme toute la saga finalement.


L'escalator: une chouette séquence complètement inutile...

Quatre amis assistent à une course de Nascar. Durant l'événement, Nick a une vision dans laquelle un accident sur la piste résulte à l'effondrement d'un balcon dans les gradins et la mort de plusieurs personnes innocentes, incluant ses amis et lui. Alarmé, Nick ordonne à ses amis de quitter les lieux. Quelques étrangers les suivent et l'inévitable survient: une cinquantaine de personnes décèdent suite à un accident. Mais la Mort n'aime pas laisser s'échapper ses proies et est bien décidée à revenir chercher ceux qui lui ont échapper une première fois...


Hiiii! Un car-wash fou!

La franchise des Destination Finale n'a jamais été réputée pour la qualité de ses scénarios qui sont invariablement les mêmes mais bien pour ses morts violentes et souvent sanguinolentes. Ce quatrième épisode ne déroge pas à la règle et pousse même le vice plus loin: à l'instar de Saw 3 qui ne proposait qu'une litanie de tortures, Destination Finale 4 ne s'embarasse pas d'un quelconque scénario ou de profondeur psychologique pour ses personnages et se présente au final comme une espèce de film à sketches sanglants vaguement reliés par une histoire prétexte et donc sans intérêt.

En effet, rarement a-t-on vu des personnages aussi peu développés et intéressants. Cet argument ne tient pas vraiment la route puisque c'était déjà le cas dans les trois premiers épisodes mais tout de même, dans ce quatrième opus on atteint des records dans l'indigence des héros. Les personnages sont évidemment stéréotypés (surtout le dragueur horripilant) mais les acteurs sont incapables de nous faire ressentir la moindre sympathie pour eux, à tel point qu'on est bien incapable de se rappeler de leurs prénoms une fois le générique de fin arrivé. Ce point n'est pas forcément un argument valable pour démolir ce film mais ce qui est dommage, c'est que leurs morts soient aussi décevantes.


Sans doute la mort la moins fun de la saga...

De fait, si l'on vient voir un Destination Finale c'est pour assister à des mises à mort sanglantes, inventives et imprévisibles. Or c'est tout le contraire dans ce quatrième opus. Les meurtres ont beau être relativement bien trouvés, ils suscitent au final trop peu de tension et sont bien trop grand-guignolesques pour être effrayants ou angoissants. On est loin ici de la douloureuse cuisson des 2 blondes dans Destination Final 3 ou de la série d'accidents domestiques du deuxième épisode pour ne citer que les exemples les plus évidents. Aucune future "séquence culte" n'émerge de cette enchaînement de morts sympathiques mais anodines qui constitue le coeur de Destination Finale 4. De plus, le fait que la plupart des effets gores soient en 3D nuit fortement à l'angoisse générale des scènes puisque les litres d'hémoglobine en CGI ne sont pas crédibles une seule seconde.

Ce manque de scènes mémorables est d'autant plus étonnant qu'Ellis nous avait offert le jouissif Destination Finale 2, lequel multipliait justement les séquences aussi inventives qu'imprévisibles. Pourtant le film est techniquement bien emballé mais à un aucun moment le réalisateur ne parvient à instaurer un climat de stress. S'est-il trop reposé sur ses lauriers? Cette réflexion est également de mise pour Eric Bress qui a pondu le scénario. Le bonhomme, scénariste de L'Effet Papillon et de Destination Finale 2 excusez du peu, semble ici à court de jus et signe ici un script facile malgré quelques idées amusantes comme la mise en abîme dans un cinéma 3D. Le scénario tourne en rond et se permet même de reprendre plusieurs fois le coup du Flash-back ainsi que de plagier (en moins bien) une des meilleurs mises à mort du premier épisode. Pour être honnête on en attendait plus, beaucoup plus.


Méfiez-vous du cinéma en relief...

Au final, Destination Finale 4 se présente comme un gros gadget dédié à la gloire de la 3D et nul doute qu'une vision en trois dimensions s'impose pour en profiter pleinement même si l'utilisation du procédé reste très banal et ne surprend plus un public habitué à ces effets de parc d'attraction. Toutefois, pour sa valeur cinématographique intrinsèque ainsi que pour le plaisir qu'on en retire dans sa version "classique", cet opus ne mérite pas mieux qu'un petit 5/10. Sans conteste le moins fun de la série à cause d'un manque de gore et de scènes cultes, Destination Finale 4 ferait mieux de sonner le glas de la franchise car il est sans doute grand temps que la Mort tire définitivement sa révérence.

A propos de l'auteur : Geoffrey
Portrait de Geoffrey

Comme d'autres (notamment Max et Dante_1984), je venais régulièrement sur Horreur.net en tant que lecteur, et après avoir envoyé quelques critiques à Laurent, le webmaster, j'ai pu intégrer le staff début 2006. Depuis, mes fonctions ont peu à peu pris de l'ampleur.

Autres critiques

Dracula 3D
L'adaptation entreprise par Dario Argento pour le grand écran du célèbre roman de Bram Stoker est un ratage quasi complet. C'est un constat qu'il faut faire d'emblé si l'on veut pouvoir en tirer un peu de satisfaction, refusant d'accepter totalement le bourbier progressif dans lequel, celui que l'on nomma autrefois "le maître de l'horreur", s'empêtre plus profondément avec chacun de ses derniers...
Les Faucheurs
Les Faucheurs , c'est l'exemple même du film qui base tout sur son génial postulat de base sans essayer de le développer outre mesure, pour finalement se trainer péniblement jusqu'à la conclusion. En effet, à l'instar d'un film comme L'Effet Papillon 2 , le film de Dario Piana commence de fort belle manière mais son intérêt s'amoindrit à mesure que le temps passe et...
Beau-Père, Le
David Harris fait la rencontre de Susan Harding. Rapidement, ils tombent tous deux amoureux. En apparence, David semble être le mari idéal. Charmant, attentionné, sociable et à l’aise avec les enfants, rien ne trouble un bonheur sans faille jusqu’à ce que Michael, le fils aîné de Susan revient à la maison. Les tensions entre les deux hommes s'exacerbent, mais Michael porte des...
Slender Man
Considéré comme une légende urbaine montée de toute pièce pour une diffusion virale sur le web, Slender Man est un personnage aussi inquiétant que passionnant. La silhouette humaine élancée, d‘où son patronyme, l’absence de visage renvoyant à un anonymat dans sa forme la plus stricte... Ces caractéristiques sont ancrées dans l’imaginaire collectif sous des noms et des mythes...
Insidious: Chapter 2
Il est de plus en plus difficile de trouver des artisans de l'horreur. Si dans les années 1980 le genre était assez prolifique, grâce à des réalisateurs comme John Carpenter et son Halloween , mais surtout Sam Raimi avec son Evil Dead , film qui fourmille de détails et d'idées autant sur le plan technique que scénaristique. Les effets numériques ont par la suite un peu tué tous ces...