Voir la fiche complète du film : Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban (Alfonso Cuarón - 2004)

Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban – Critique

Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban
Enfin une adaptation digne des écrits de J-K Rowling. Malgré quelques problèmes narratifs, le spectacle est visuellement réussi.
Publié le 1 Janvier 2008 par Julien · Voir la fiche de Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban

Qualifier Harry Potter de simple phénomène littéraire relève du doux euphémisme. Aujourd’hui, le nom d’Harry Potter n'est plus seulement synonyme de phénomène littéraire mais aussi de billets verts par millions pour les producteurs. Avec le succès des livres et des films, le nom d’Harry Potter est sur toutes les lèvres, des jeunes comme des plus âgés. Car il ne faut pas croire que l’univers de l'apprenti sorcier ne touche que les moins de douze ans. C’est d'ailleurs l’une des grandes forces de l’œuvre – un bien grand mot, certes – de J.K. Rowling : toucher un public extrêmement large avec un matériau somme toute assez classique (qu'il s'agisse des personnages ou de l'histoire).

Après les deux adaptations plutôt mitigées de Chris Colombus (alors qu’on aurait bien vu Steven Spielberg, un temps rattaché au projet, les réaliser), c’est au tour d’Alfonso Cuaron d’aborder les aventures de l’apprenti sorcier le plus connu (et lucratif) de la planète. Le scénariste Steve Kloves est toujours fidèle au poste, tout comme le casting principal du film (excepté le regretté Richard Harris, remplacé par le non moins convaincant Michael Gambon dans le rôle d’Albus Dumbledore).

Harry Potter entre en troisième année au collège de sorcellerie de Poudlard après s’être enfuit de chez sa famille d’adoption frappadingue, les Dursley. Mais une nouvelle menace pèse sur lui : un redoutable sorcier criminel, le sinistre Sirius Black, s’est échappé de la prison d’Azkaban. Les gardes de la prison, les sombres Détraqueurs (Dementors, en anglais) se lancent à sa recherche. Harry Potter va encore avoir fort à faire cette année…

Alfonso Cuaron, beaucoup plus doué que Colombus pour manipuler une caméra, diriger des acteurs et créer un véritable climat de magie à l'écran, a effectué un travail remarquable. Sa mise en scène est inspirée et ses mouvements de caméra sont amples et impressionnants (l’envol de l’Hippogriffe Buck, les apparitions des Détraqueurs). On a enfin l’impression de voir les aventures d’Harry Potter dans toute leur splendeur prendre vie devant nos yeux. Les décors et les costumes sont soignés, tout comme les effets spéciaux (même si, encore une fois, il semble que le loup-garou soit une créature toujours aussi difficile à générer). Les acteurs s'en sortent un peu mieux que dans les précédents films (notamment Daniel Radcliffe) mais leurs interprétations ne sont pas non plus inoubliables.

Alors bien sûr, les puristes y trouveront toujours matière à redire. Il est vrai que faire tenir en 2h30 un livre de plus de 450 pages est une sacré gageure (on se demande comment va s’en sortir le réalisateur britannique Mike Newell sur l’opus suivant, Harry Potter et la Coupe de Feu, étant donné l’imposant matériau fourni par le roman au titre éponyme). Mais heureusement, l’essentiel du roman a été préservé (avec quelques touches d’humour en plus tout à fait appropriées). Cependant, pour ceux qui ne sont pas des inconditionnels d’Harry Potter ou tout simplement étranger à son univers, de nombreux éléments pourront paraître anodins, voire superflus, et alourdissant ainsi le rythme narratif (l’un des gros soucis du film pour certains).

Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban est sans conteste la meilleure adaptation à ce jour des romans de J.K. Rowling (à moins que Mike Newell parvienne à faire mieux mais on en doute un peu à vrai dire) et il serait dommage de se priver de ce très beau film d’une telle légèreté et d’une telle beauté visuelle.

Julien
À propos de l’auteur : Julien

Autres critiques

Les innocents

Les innocents

Dans le domaine du fantastique, certaines œuvres littéraires du XIXe siècle demeurent des classiques qui, non contents de poser les bases d’un genre, le transcendaient à travers des intrigues intemporelles. On songe à Edgar Poe, Mary Shelley, Oscar Wilde ou encore Bram Stoker. Dans la même veine, Henry James a écrit Le tour d’écrou , roman remarquable en tout point, tant dans sa prose...
Puppet Master

Puppet Master

Les poupées, au même titre que les requins, les serpents, les fantômes et les psychopathes, font partie du folklore et du paysage cinématographique d'horreur. Sont-elles l'objet d'un fantasme inavoué ? Je ne saurai répondre à cette question. Cependant, elle représente un danger potentiel, car malgré leur faiblesse, elles sont petites et peuvent en silence se faufiler partout. On se...
The Dyatlov pass incident

The Dyatlov pass incident

Renny Harlin possède une filmographie pour le moins inconstante, alternants nanars de luxe ( Driven , Le pacte du sang ...) avec des productions plus recommandables, à tout le moins honnête ( Cliffhangher , Cleaner ...). Aussi, il est difficile d’aborder l’une de ses réalisations avec une idée arrêtée. De l’appréhension sur le fond, de l’esbroufe sur la forme, les craintes ne manquent pas pour...
Age of Dinosaurs

Age of Dinosaurs

Depuis Le monde perdu d’Arthur Conan Doyle, les dinosaures ont souvent été source d’émerveillement pour les enfants et d’aventures pour les adultes. Des classiques du septième art en séries B anecdotiques, le sujet a connu un véritable regain d’intérêt avec Jurassic Park . À divers degrés d’appréciation, le roman, comme les films, a su marquer les esprits. Depuis,...
Tesis

Tesis

Etudiante à la faculté des sciences de la communication de Madrid, Angela se lance dans une thèse de doctorat portant sur la représentation audiovisuelle de la violence. Ses recherches l’amènent à se retrouver malgré elle en prise avec un réseau de tournage de snuff-movies secrètement implanté dans la fac. Tout commence lorsque la jeune femme rencontre Chema, un étudiant solitaire, amateur de...