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Jurassic Predator – Critique

Jurassic Predator

Un survival animalier raté, pas même convaincu de son pitch initial, aussi invraisemblable que prévisible. À la fois répétitif et ennuyeux sur la longueur, Jurassic Predator relègue sa créature au second plan avec des incursions inopportunes, voire farfelues pour certaines d’entre elles. Pas forcément risible, il en ressort néanmoins une tentative des plus dispensable dans le genre.

Publié le 30 Juin 2019 par Dante_1984 · Voir la fiche de Jurassic Predator

Les marais demeurent un endroit propice à l’émergence de créatures monstrueuses. On peut évoquer Man-Thing ou, pour rester dans les bayous de la Louisiane, Frankenfish et son aberration sur nageoire plutôt jouissive. Ce cadre est également le terrain de chasse de Victor Crowley dans la saga Butcher et souvent l’objet de rites étranges, notamment dans La Porte des secrets. Un tel environnement offre une atmosphère singulière, car teintée de mystères. Les marais sont aussi au centre de productions de seconde zone, comme Alligator Alley ou Killer Shark. Et, au vu de ce que nous propose Jurassic Predator, nul doute qu’il convient de le remiser dans cette catégorie de bas étage.

Eh, mec ! On a des effets spéciaux fauchés, mais on garde le sourire !

Pourtant, il n’est pas question de placer des squales ou des alligators au centre de toutes les exactions. Néanmoins, ces derniers font de la figuration sur les berges du bayou. Leur délassement est heureusement épargné par d’immondes images de synthèse, car ils ne sont pas au cœur des attaques. En lieu et place de leur appétit féroce, c’est à un tout autre reptile, disparu celui-ci, que nous les devons. Tour à tour présenté comme un liopleurodon, puis le prédateur X, on retiendra surtout que la bête inclut la famille des pliosaures pour simplifier des propos confus et peu amène en ce qui concerne la rigueur scientifique. Pourtant, l’intrigue n’a rien de bien alambiqué à nous offrir.

Les clichés sont de circonstances avec un couple qui se découvre sur le tard, un ex mal embouché, des faire-valoir d’un ridicule consommé et une brochette de seconds couteaux assez pathétiques. En dehors de cette caractérisation fauchée, la trame nous inflige une succession de séquences prévisibles et linéaires au possible. Toutefois, les incohérences restent plus timorées qu’à l’accoutumée. Hormis, l’invraisemblance d’un reptile de cette taille dans un écosystème aussi restreint, l’ensemble tient à peu près la route. Certes, cela reste très convenu, voire ridiculeà bien des égards, mais on nous épargne un fatras d’absurdités. En revanche, on n’échappe pas aux lignes de dialogue faméliques proches du non-sens.

Les deux cerveaux (vides) du film

Quant aux bayous, on découvre les coins et les recoins d’un marais où tout se ressemble. Les panoramas sont identiques pour dépeindre la vaste superficie couverte, tandis que la mangrove et autres lieux sauvages sont exploités sans la moindre identité. Là, un entrelacs végétal épars. Ici, une berge envahie d’alligators. Là encore, un petit tour en barque sur un bras d’eau plus étroit qu’il n’y paraît. Tout comme les repères afférents, la cohésion géographique n’est guère présente, donnant l’impression d’un montage saccadé et de prises de vue négligées. Un point qui a son importance étant donné que l’on situe l’action du film uniquement en ces lieux, pas même dans la plus proche bourgade.

Quant au pliosaure en question, il bénéficie de plans sous-marins similaires avec une nage frénétique et mal coordonnée. Mais cela n’est rien en comparaison des scènes où le reptile sort la tête de l’eau. Les trucages et les incrustations sont effroyables, presque autant que les mines impavides des rares hors-d’œuvre. Il faut attendre la dernière partie pour que tout s’emballe avec, au menu, une violence aussi furtive qu’édulcorée. De même, on nous inflige quelques irruptions aberrantes, comme le survol du pliosaure pour passer d’un cours d’eau à un autre et goûter à la chair de deux chasseurs. Une séquence digne de Jurassic Shark !

Encore une bestiole qui a les crocs...

Sans surprise, Jurassic Predator est un survival animalier indigent qui éprouve toutes les peines du monde à fournir un travail tout juste médiocre. Malgré l’absence relative d’incohérences scénaristiques, le film d’Amir Valinia se «rattrape» avec un cadre mal exploité, des acteurs au rabais totalement inexistants et une créature aussi ignoble qu’improbable en ces contrées. Avec quelques allusions maladroites à Lake Placid, notamment dans son dénouement, le métrage est dépourvu d’identité, encore plus d’originalité. Il en ressort une incursion poussive et sans âme où, finalement, la confrontation entre les différents intervenants prévaut sur la présence du pliosaure. De quoi mettre le reptile sur la touche...

Dante_1984
À propos de l’auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches.

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