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L'Etrange pouvoir de Norman – Critique

L'Etrange pouvoir de Norman

Premier essai transformé pour Chris Butler avec une histoire bourré d’humour et de clins d'oeil au cinéma de genre. Aucun temps mort à déplorer, un parti pris artistique évident, Paranorman n'est sans doute pas un chef d'oeuvre (réservé à quelque élite), mais il s'en sort admirablement en réunissant tous les publics sur un même film. Drôle et attachant.

Publié le 18 Janvier 2013 par Dante_1984 · Voir la fiche de L'Etrange pouvoir de Norman

Norman, un garçon capable de parler aux morts, est contraint de sauver sa ville d'une malédiction séculaire qui a ressuscité des zombies.

Premier long-métrage pour Chris Butler (Sam Fell ayant déjà réalisé Souris city) dont il signe également le scénario, L'étrange pouvoir de Norman s'offre les services de la société de production Laïka (Coraline). Un studio pas vraiment connut, mais, à l'évocation de leur précédent projet, l'on se dit que ledit film est entre de très bonnes mains. Pas moins de dix ans auront été nécessaires pour passer d'une simple idée dans l'esprit (dérangé) de Chris Butler pour la voir se concrétiser à l'écran. Alors, réussite indéniable ou déception magistrale ?


On fait la sourde oreille ?

Tout d'abord, le choix du stop-motion est judicieux, et ce, pour plusieurs raisons. D'une part, les films de ce genre se font de plus en plus rares. À part quelques perles cinématographies (Mary & Max, Les noces funèbres, Coraline... pour ne citer que des exemples récents), on nous octroie maintes images de synthèse parfois splendides, parfois lamentables. En tous les cas, ce procédé vieillit très mal au fil des ans et laisse un aspect froid et austère sur la pellicule. Certes, l'animation peut paraître saccadée (notamment sur la synchronisation labiale ou certains mouvements), mais cela apporte une sympathique touche d'imperfection qui, finalement, ajoute au charme du métrage.

D'autre part, le travail acharné, voire maniaque, sur les prises de vue traduit une réelle implication de toute l'équipe pour donner vie à la petite ville de Blithe Hollow. Bien que fictive, celle-ci puise son influence dans l'est des États-Unis, plus précisément le Massachusetts, ferment d'anecdotes surnaturelles et autres malédictions croustillantes sur les sorcières. Heureux hasard, cet état abrite la ville de Salem dont Blithe Hollow s'inspire grandement. Une communauté modeste, une architecture qui n'a guère évolué (tout comme les mœentalités), un passé présent que personne ne veut ressasser… Pas de doute, l'ambiance est posée de fort belle manière, mais ce n’est qu'un aspect parmi tant d'autres pour faire avancer l'histoire.


La rubrique des ratons écrasés, bonjour !

Récit qui, au demeurant, peu paraître très classique, voire prévisible. Certes, l'équipée nocturne à travers les rues de la ville, les zombies qui reviennent à la vie et le dénouement n'ont rien de bien original à nous offrir. Pourtant, il est un point que nous n’avons pas encore abordé et fait toute la différence : l'humour, noir pour être précis. En effet, Paranorman multiplie les séquences rocambolesques en s'amusant entre l'effrayant (pour les protagonistes) et le cocasse (pour le spectateur). C'est à prendre au deuxième, voire au troisième degré, mais l'alchimie fonctionne. Une nuit de terreur a rarement aussi été divertissante.

L'histoire est un condensé de clins d'oeil et de références au cinéma de genre. Du film de série Z en guise d'introduction, à la sonnerie d'un portable ou même à des moments précis, le cinéphile se donnera à coeur joie de toutes les remarquer. En soi, la volonté de mêler à une intrigue somme toute limitée (au départ) à un parti pris pleinement assumé sur l'autodérision en exagérant l'importance (ou pas) de situations inextricables permet de ravir les grands et les petits devant l'écran. Un pur régal pour les uns, une splendide découverte du cinéma horrifique pour les autres et ce, tout en douceur, sans la moindre violence.


The dead rises (again)...

Violence ? Enfin presque. Les dangereux spécimens ne sont pas ceux ce que l'on croit et certains concitoyens bien intentionnés redeviennent nostalgiques du bûcher et de la pendaison. En gros, l'effet de groupe exacerbe les tensions et montre une part peu glorieuse de la nature humaine et son histoire. Une manière subtile de dire que le passé ne nous quitte pas vraiment, même si on le refourgue aux oubliettes ou dans un coin tordu de notre esprit. Là encore, le sujet est traité avec légèreté et humour, donc pas de crainte à avoir, le message n'est ni pompeux, ni ennuyant.

En ce qui concerne les protagonistes, on nous offre un panel de physiques aussi dissemblables qu'improbables. Norman et ses cheveux hérissés, le dodu Neil, le cancre Alvin ou le bodybuildé Mitch, sans oublier la soeur de Norman en version Barbie. À leur manière, ils trahissent des traits de leur personnalité rien qu'en les regardant. On aurait pu pester contre ce procédé étant donné que leur caractère se révèle des stéréotypes éculés, mais c'est parfaitement assumé. La raillerie l'emporte et sert le propos décalé et comique de l'histoire.


Une histoire à vous hérisser les cheveux sur la tête.

Bref, Paranorman est un film d'animation délectable. Si l'on s'en tient à son scénario ou ses héros du dimanche sans prendre le temps de les découvrir, on criera à l'imposture (il n'y a rien de bien original dans l'ensemble). Pourtant se seraient occultés les 80 % du métrage où l'humour, les références et une mise en scène maîtrisée parviennent à créer un moment plaisant où les yeux avertis et les plus jeunes se retrouveront pour 90 minutes menés tambour battant à travers les rues de Blithe Hollow. N'hésitez pas à faire le détour, ses charmants habitants se feront une joie de vous accueillir (avec des fourches, des torches et des boules de bowling…).

Dante_1984
À propos de l’auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches.

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