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Mortal Kombat 2 : Destruction Finale

Un film extrêmement fendard d'un point de vue nanard, mais d'une nullité absolue du point de vue cinématographique...
Publié le 20 Octobre 2010 par GeoffreyVoir la fiche de Mortal Kombat 2 : Destruction Finale
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Comment le dire gentiment et sans méchanceté? Mortal Kombat 2: Destruction Finale est... euh... un OVNI dans le ciel du paysage cinématographique. Même pas une aberration de la nature puisque ce film a été pensé par des hommes comme vous et moi. Enfin, comme vous et moi c'est vite dit car je ne voudrais pas vous insulter en vous associant aux gens qui ont pondu cette chose filmique.
Ce film ne se contente pas d'être mauvais, il est INCROYABLEMENT mauvais. Mais en même temps il s'avère extrêmement fun pour peu qu'on le regarde d'un oeil amusé et moqueur. Car c'est un fait, Mortal Kombat: Destruction finale est fendard d'un point de vue nanard mais d'une nullité abyssale d'un point de vue cinématographique...


Totophe Lambert n'a pas voulu revenir jouer Rayden... Dommage

À peine revenus sur la Terre, victorieux du Mortal Kombat, les guerriers humains réunis par Rayden, le dieu du tonnerre et des éclairs, déchantent. Le ciel se déchire, et de sombres créatures en descendent. À leur tête, l'empereur d'Outre-monde, Shao-Kahn lui-même...


Cette bonne vieille trogne de Brian Thompson est Shao Khan

La première adaptation sur grand écran du jeu vidéo Mortal Kombat réalisée par Paul W.S. Anderson était un film plutôt agréable malgré son scénario creux au possible. Mais comment en aurait-il pu être autrement quand le métrage s'inspire d'un jeu où les héros ne se font que se tataner à longueur de temps. Le film d'Anderson avait donc logiquement repris le pitch du jeu: un tournoi, des combattants, et le dernier qui reste a gagné. Simple et efficace.
Dans cette suite, les scénaristes ont vu plus grand et nous proposent rien de moins qu'un assaut des forces du mal à l'échelle planétaire. Enfin, le spectateur ne verra surtout que des hangars et des terrains vagues, mais nous y reviendrons. Mortal kombat: Destruction Finale commence donc là où le premier film s'achevait: nos héros sont de retour sur Terre tandis que Shoa Khan fait son apparition ricanante.

D'emblée, l'intro donne le ton du film. Les décors sont affreux, avec des incrustations foireuses, et l'arrivée tonitruante des méchants fait déjà sourire. Sous des éclairages flashy, des ninjas multicolores jaillissent de tous les cotés tandis que les différents boss du jeu jouent à celui qui sera le plus effrayant. Ca commence bien! Je vous rassure, la suite ne relèvera pas le niveau et s'amusera même à enfoncer le film toujours plus bas.


A l'échelle planétaire qu'on vous dit!

Pour ne rien arranger, les acteurs sont mauvais comme des cochons. James Remar (devenu depuis le papa de Dexter) incarne Rayden en remplacement de Christophe Lambert mais n'est quand même pas plus crédible dans la défroque du dieu du tonnerre que ne l'était le célèbre acteur français. Robin Shou nous refait son Liu Kang sans charisme tandis que Brian Thompson vocifère et grimace tant qu'il peut sous le masque (ou sans le masque) de Shao Khan. A ce niveau, parler de surjeu relèverait de l'euphémisme.
Toutefois, malgré ses efforts pour attirer l'attention et remporter la palme de la mauvaise prestation, Brian se fait coiffer au poteau par Deron McBee (le héros de Time Barbarians, excusez du peu), qui nous interprête ici un Motaro d'anthologie. Repoussant toutes les limites de ses muscles faciaux, l'acteur grimace, grogne et hurle comme si sa vie en dépendait. Peut-être même qu'observant attentivement les images on pourrait le voir baver! Bref, sa prestation est tout simplement hallucinante.
La seule à tirer son épingle du jeu dans tout ce bordel est Talisa Soto même si elle a l'air de s'ennuyer à fond les ballons.


Motaro, la classe tranquille...

Et puisque le mot d'ordre sur le plateau était "faites n'importe quoi, n'importe comment", le réalisateur a logiquement décidé de se mettre au diapason de son équipe. Caméra complètement à coté de la plaque, cadrages foireux et effets spéciaux nullissimes seront donc au programme.
John R. Leonetti qui faisait ici ses premiers pas en tant que réalisateur ne sait visiblement pas comment filmer ses scènes d'action et nous gratifie d'un gros concentré de tout ce qu'il ne faut pas faire. Ajoutez à celà un éclairage hideux au possible et vous obtenez des images d'une laideur sans nom.
Ce dernier point est d'autant plus incompréhensible quand on sait que l'homme est un directeur de la photographie reconnu et assez apprécié. Il a notamment officié entre autre sur: Dead Silence (2007), Le Roi Scorpion (2002), The Mask (1994) ou encore Chucky 3 (1991). Pas d'obscurs petits navets donc. Mais si John R. Leonetti est doué avec des ampoules, il l'est beaucoup moins une caméra à la main comme nous le prouvera encore par la suite la désolante séquelle de l'effet papillon.


Des ninjas colorés! Plein!

Les effets spéciaux sont effroyables de nullité. Les décors et les incrustations pour simuler de grands paysages sont horribles mais le pire restera sans doute la transformation du gentil et du méchant en créatures titanesques. Les deux monstres géants qu'on croirait animés en image par image comme au bon vieux temps d'Harryhausen (mais en moins bien) s'affrontent dans un combat final nanard d'une grande intensité et qui marquera durablement la rétine des inconscients qui auront regardé le film jusque là.

Bref, Mortal Kombat 2: Annihilation est à réserver aux amateurs de nanards faciles d'accès ou aux fans hardcore du jeu vidéo qui s'amuseront (?) de voir toute la galerie des personnages défiler sous leurs yeux. Car on n'apprécie pas un film comme celui-ci pour ses qualités intrinsèques, mais bien pour le fun qu'il procure à sa vision. Et celui-ci au moins est bien présent.
Geoffrey Claustriaux

A propos de l'auteur : Geoffrey
Portrait de Geoffrey

Comme d'autres (notamment Max et Dante_1984), je venais régulièrement sur Horreur.net en tant que lecteur, et après avoir envoyé quelques critiques à Laurent, le webmaster, j'ai pu intégrer le staff début 2006. Depuis, mes fonctions ont peu à peu pris de l'ampleur.

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