Voir la fiche complète du film : Killer Mountain - Les Roches Maudites (Sheldon Wilson - 2011)

Killer Mountain - Les Roches Maudites

Dépourvu de second degré, un survival animalier qui laissait augurer une approche honnête du genre, mais qui chute dans le gouffre de la facilité et de la bêtise dans sa dernière partie. Entre le ton sérieux et les ultimes élucubrations du scénario, un résultat inégal, voire paradoxal, au regard de l’ambiance de départ.
Publié le 18 Mars 2018 par Dante_1984Voir la fiche de Killer Mountain - Les Roches Maudites
4

Au vu de sa filmographie, Sheldon Wilson apprécie particulièrement le survival animalier, comme le démontre Kaw ou Carny. Des métrages modestes, perfectibles par leur moyen, qui réussissent néanmoins à se distinguer de la masse putride des DTV et autres ignominies inhérentes au genre. À l’évocation du réalisateur, on s’attend donc à un traitement relativement honnête compte tenu du faible crédit accordé aux productions SyFy et consorts. Si le cadre (le Bhoutan) et le sujet pouvaient se prêter aux exactions d’un yéti mal luné, il n’en est rien. L’histoire s’attardera sur des créatures que ne renieraient pas certains cryptozoologues.

Tout là haut, au pied de la montagne...

Avant de pouvoir s’y confronter, l’approche est relativement étonnante dans le sens où le metteur en scène soigne son entrée. Le déroulement n’est certes guère surprenant. Cependant, il a le mérite de poser les bases d’un rythme timoré, prompt à jouer sur la présence invisible des monstres. Les appels radio, le camp de base dévasté, ainsi que des vidéos de qualité médiocre récupérées sur place... Ces éléments concourent à instaurer un minimum d’ambiance dans l’histoire. Chose assez rare, pour ne pas dire inespérée, en de telles circonstances. Autre point sur lequel se distingue Killer Mountain, l’absence de second degré et d’humour en dessous de la ceinture.

Là encore,on se trouve à contre-courant des intentions fomentées par quelques tâcherons, comme si la dérision du genre justifiait le manque de talents et d’intérêt. On sent une réalisation appliquée, à tout le moins un respect évident, pour développer les ficelles du survival animalier. Le fait de jouer sur la survie en milieu hostile, a fortiori dans des conditions climatiques extrêmes, a le mérite d’offrir un traitement différent. Celui-ci se base davantage sur les dangers naturels plutôt que sur les monstres. Élément qui surviendra bien plus tard. Il est vrai qu’on n’évite pas certaines incohérences, notamment ce qui a trait au matériel et aux tenues des protagonistes. Des maladresses assez grossières.

Il vaut mieux jouer la carte de l'infilitration

Tout semble indiquer que l’on se trouve en présence d’un survival animalier décent. La réalisation est plus que correcte. Le cadre est exploité avec rigueur. Dans leur ensemble, les dialogues ne sont pas d’une bêtise effarante. Rien d’exceptionnel, mais en aucun cas catastrophique. Malheureusement, les choses se gâtent lorsqu’on affronte de visu lesdites créatures qui auraient mieux fait de rester dans l’ombre. En cause, des trucages abominables qui anéantissent les efforts consentis jusqu’alors. Évoquant un mélange de lézard et de ver, le design n’est guère inspiré, mais pire que cela, les animations sont aussi rigides qu’une cordée gelée perdue dans la montagne.

La dernière demi-heure rattrape inexorablement l’absence d’absurdités propres au genre. On entraîne l’expédition dans une quête pseudo-mystique en y incorporant quelques légendes locales et des intentions sous-jacentes pour le moins discutables. Non satisfaits de manquer de crédibilité, les aboutissants tiennent à saboter les quelques aspects notables de l’intrigue. Exécutions sommaires, comportements contradictoires et raccourcis géographiques improbables égrènent leur poison pour mieux paralyser les modestes qualités constatées précédemment. Au même titre qu’un épilogue précipité et ridicule, la dernière demi-heure sombre dans une stupidité toute pénible à contempler.

Alors, on reste sur sa faim ?

Au final, Killer Mountain aurait pu être une distraction relativement sympathique. L’absence d’humour bas du front et le soin apporté à la progression pour présenter un minimum de cohérences à l’ensemble sont assez rares dans le genre. On ne parlera pas de réalisme exacerbé, mais la démarche est néanmoins présente pour tenter de fournir un métrage correct. Entreprise à moitié réussie s’il n’y avait pas cette dernière ligne droite qui s’égare dans le blizzard. Outre des créatures complètement ratées, le dénouement semble avoir été tourné avec les yeux bandés pour obtenir un travail aussi discordant. Au lieu de confirmer un traitement convenable du survival animalier, une production médiocre achevée à la va-vite.

A propos de l'auteur : Dante_1984
Portrait de Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches. Puis, j'ai souhaité faire partager mes dernières découvertes en laissant des avis sur les films que je voyais.

Autres critiques

Night Wolf
**Attention, cette critique contient quelques spoilers.** Exilée aux Etats-Unis, Sarah rentre en Angleterre pour une quinzaine de jours. Heureuse de retrouver ses proches, son retour ne fait toutefois pas l'unanimité. De nouveau bien ancré dans le paysage de l'horreur depuis une bonne dizaine d'années désormais, la Grande-Bretagne semble déjà chercher son second souffle. Ainsi, le producteur de l...
Total Recall : Mémoires Programmées
Le cinéma américain actuel est malade. C'est un fait, et il suffit de regarder les quelques sorties en salles pour s'en rendre compte. Bien souvent, ce sont les grands réalisateurs qui sortent de bons films, et encore, et parfois, il faut regarder dans les sorties en DVD pour voir quelques pépites du pays outre-Atlantique. Mais quels sont les symptômes de cette anémie cinématographique ? Le...
Black Christmas
Le Black Christmas de Bob Clark est considéré par les spécialistes, contrairement à une croyance populaire répandue qui veut que ce soit le Halloween de Carpenter, comme le père fondateur du slasher (avec la Baie Sanglante ). Il faut dire que tous les futurs ingrédients de ce sous-genre mal-aimé s'y trouvaient déjà et ce, deux ans avant que le Michael Myers de Big John débarque sur les écrans...
Détour Mortel 2
Depuis toujours, les monstres ont fasciné l'imaginaire collectif et les monstres de foire ont longtemps agrémenté les fêtes foraines, attirant la curiosité malsaine de l'être humain, qui recouvrait dans ces moments là ses instincts voyeuristes les plus primitifs. Dès les années 30, le cinéma s'empara de cette thématique, le plus souvent dans le but de dénoncer la méchanceté et la...
Amityville
Si les remakes ont toujours fait partie du modèle hollywoodien, les années 2000 ont connu un recyclage effréné de productions emblématiques. Après le succès mérité du Massacre à la tronçonneuse de Marcus Nispel, le cinéma de genre a particulièrement été impacté. Bien que sa notoriété soit restée dans les mémoires pour les affaires DeFeo et Lutz, le cas Amityville a été progressivement dénaturé au...