Voir la fiche complète du film : Krampus : The Reckoning (Robert Conway - 2015)

Krampus - The Reckoning

Un énième étron sans fondement qui s’approprie le mythe de Krampus sans en retirer l’essentiel. Une production qui s’éparpille aux quatre vents en oubliant de soigner son histoire et son traitement. Pour la décoration et l’ambiance de Noël, on repassera ou pas…
Publié le 31 Décembre 2017 par Dante_1984Voir la fiche de Krampus : The Reckoning
2
Noël

Le détournement des fêtes de Noël au profit d’un spectacle gore n’est pas né d’hier. En lieu et place des psychopathes affublés d’un peignoir rouge et d’une barbe blanche, le cinéma de genre aime à exploiter certains mythes. Les années2010 auront été marquées par Saint, DTV relativement sympathique qui dévoilait le véritable visage de Saint-Nicolas. Depuis, c’est Krampus qui semble avoir pris le relais. À mi-chemin entre le grinch et le père Fouettard, la créature est au centre de nombreux métrages. Hormis Krampus de Michael Dougherty, les initiatives se sont avérées bien vaines. La faute à de faibles moyens, mais surtout à un manque flagrant d’inspiration. Et ce n’est pas avec Krampus - The Reckoning que la donne est sur le point de changer.

On passe d'un sympathique dessin...

On ne peut même pas dire que cela démarre sur de bonnes bases. On nous inflige la sempiternelle introduction censée évoquer un mystère avant d’embrayer sur le calvaire d’une petite fille, une sorte de Cosette des temps modernes. Difficile de s’immiscer dans cette entame laborieuse où la vacuité des décors rejoint les errances d’un scénario qu’on devine inepte. Le film d’horreur se pare d’atours policiers avec un massacre inexplicable et le rôle central de la fillette. Ça lorgne du côté du Cas39 et autres diableries enfantines pour tenter de nous mettre mal à l’aise. Seulement, le réalisateur est incapable de communiquer le moindre sentiment, si infime soit-il.

Côté ambiance, la bande-son brille par son absence. Les silences sont légion et sont d’autant plus flagrants entre deux lignes de dialogues. Échanges qui, au demeurant, n’ont strictement aucun intérêt. On ressasse des évidences. On tergiverse sur des points de détails. Les exercices de psychologie pédiatrique se veulent basiques au possible. C’est bien simple, ils ne creusent jamais la psyché dérangée de Zoé. Pourtant, le principal prétexte pour faire avancer cet ersatz d’intrigue. En ce sens, les protagonistes se contentent de suivre des investigations de pacotille. Et ce ne sont pas les quelques morts mal filmées qui infirmeront cet état de fait.

A une poupée en mousse abominable !

Si violence il y a, elle se montre très surfaite. Les pouvoirs du Krampus se cantonnent uniquement à immoler ses victimes. D’ailleurs, la créature pâtit d’un design effroyable. Rarement, Krampus aura été si mal représenté à l’écran. Il évoque un satyre bas du front à la dentition affûtée. Pour entacher le mythe, il surgit sous forme d’un amas de pixels plus rigide qu’une bûche de Noël. De fait, on expédie aussi vite que possible ses interventions tout en minimisant son importance. Le fait qu’il soit constamment entouré de pénombre ou victime d’un cadrage abominable n’atténue en rien un ratage complet sur l’attraction principale du film.

Entre temps, l’on s’ennuie ferme. L’impression se confirme quand les scènes de sexe se multiplient avec, pour intermèdes, des passages où les regards de bovins fusent. La mioche, elle, joue les sorcières vaudous avec trois bouts de ficelles. Les acteurs occupent l’espace avec un détachement perceptible. On n’évoquera pas d’interprétation puisqu’il n’y en a pas. Chaque séquence laisse à penser à de pathétiques improvisations. En guise d’apothéose, l’intrigue s’offre un épilogue tarabiscoté où on se retrouve projeté dans le subconscient du personnage principal. Une piètre tentative pour justifier la présence de l’introduction.

Un selfie saignant !

Au final, Krampus - The Reckoning n’est pas un métrage où il est question de détourner la fête de Noël. Il dénature simplement l’histoire de Krampus de la pire des manières envisageables. Affublé d’un scénario sans consistance, d’une créature mal lunée et d’une progression erratique, le film de Robert Conway est incapable de prendre la mesure du mythe initial. L’ensemble tient davantage du policier que de l’horreur. Des investigations qui traînent en longueur et ne possèdent aucune cohérence. Comble de la négligence, certaines explications, somme toute évasives, font l’impasse sur quelques pistes évoquées en amont de l’intrigue. Aussi inutile qu’improbable.

A propos de l'auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches. Puis, j'ai souhaité faire partager mes dernières découvertes en laissant des avis sur les films que je voyais.

Autres critiques

Batman et Red Hood : Sous le masque rouge
Un film Batman est toujours un événement, et puisque les long-métrages live sont plus difficiles et plus longs à mettre sur pied, DC Comics se tourne depuis quelques temps vers l'animation pour raconter les aventures du Chevalier Noir. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que la qualité est au rendez-vous. Superman/Batman: Ennemis publics , Batman Vs. Dracula , Superman/Batman:...
Stake Land
A l'époque de ma critique de Mulberry Street , j'avais déjà loué la capacité du réalisateur Jim Mickle à tirer le maximum des maigres moyens mis à sa disposition et force est de constater qu'avec Stake Land , il a encore augmenté son niveau d'un cran, en gommant les imperfections de son précédent essai. Ce faisant, il réalise le sans-faute, propulsant son road-movie vampirique au rang de film à...
Deep Water
Qu’il soit géant ou d’une taille tout à fait normale, le scorpion est un arachnide peu exploité dans le domaine du survival animalier. Hormis de timides (et très dispensables) incursions telles que Stinger , Deadly Stingers ou Scorpius Gigantus , la préférence va clairement du côté des araignées. Sur la base d’une histoire de l’écrivain thaïlandais S. P. Somtow, Deep Water...
Meurtres
Le premier contact avec Meurtres est des plus agréable. En effet, la superbe jaquette peinte n'est pas sans rappeler les grands classiques d'antant et n'hésite pas à proclamer fièrement "L'un des meilleurs slashers de ces dernières années". Honnêtement, après les tonnes de slashers tous plus banals les uns que les autres qui ont fleuri durant la vague de Néo-slashers consécutive au succès de...
Black Christmas
À quelques exceptions prêtes, le slasher s’est étiolé au fil du temps dans les affres du bis et du Z pour ne fournir que des productions à l’emporte-pièce. Pourtant, les années1970 et 1980 ont posé les bases d’un sous-genre horrifique avec quelques références indétrônables en la matière. Le Black Christmas de Bob Clark fait partie de ces films ayant contribué à définir les codes...

Sur Horreur.net