Voir la fiche complète du film : Le Piège (David Schmoeller - 1979)

Le Piège

L'éternelle cavalcade pour de jeunes gens poursuivis par un psychopathe, qui ne ferait toutefois pas tapisserie dans un giallo, où le survival revu et corrigé par le réalisateur de Puppet Master, à la fin des seventies...
Publié le 1 Janvier 2008 par GORE MANIACVoir la fiche de Le Piège
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Des jeunes touristes, perdus dans un endroit désertique, trouvent refuge dans un ancien musée tenu par un vieil homme stoïque et mélancolique. Ils ont néanmoins perdu la trace de leur ami, tué quelques heures plus tôt dans une station service.

Les années 70 voient émerger un nouveau sous-genre horrifique : le survival ! L'idée de base est simplissime : isoler quelques jeunes gens un peu ras du bulbe dans un bled paumé dans lequel sévit une bande de dégénérés, et réunir les deux équipes pour un duel souvent aussi sanglant que basique. Référence du genre, Massacre à la Tronçonneuse (1974) donna lieu à d'autres films plus ou moins réussis, dont La Colline a des Yeux, qui empruntent le même créneau.  En 1979, un cinéaste inconnu (qui signera plus tard Puppet Master), tente de donner un élan nouveau au survival avec une bande fauchée nommée Tourist Trap. On avait quelque peu oublié ce film, comme tant d'autres (à tort ou à raison), jusqu'au jour où le support DVD relança ce métrage.

La première scène nous met dans le bain en nous résumant à merveille ce que sera ce film : fauché mais original. Un jeune homme échoue dans une station service et se fait tuer, victime de meubles et de mannequins prenant vie dans une ambiance oppressante et trouble. En effet, ce film peut agacer par un manque évident de moyens. L'interprétation, plutôt bancale (à quelques exceptions près), et les effets spéciaux, aujourd'hui assez kitsch (surtout la première scène et celle du foulard ensuite), enlisent le métrage dans un aspect série B qu'il est difficile de laisser de côté. Néanmoins, la personnalité inquiétante du tueur, appuyée par les décors du film (avec ces étranges mannequins de cire), et la musique obsédante de l'excellent Pino Donaggio (le compositeur attitré de Brian De Palma) apportent une variante non négligeable au survival, ici mâtiné d'une pointe de giallo, à l'heure où Argento brillait de mille feux en Europe avec ces polars baroques.

Revenons en à nos touristes malheureux, qui tombent en panne près d'un ancien musée (scénario aussi réduit que le nombre d'acteurs), et nous présentent le lieu planté par le cinéaste pour ce huis clos évoquant parfois énormément le cinéma transalpin (La Baie Sanglante), par sa manière de provoquer davantage l'effroi par l'imaginaire que par le visuel. Car Tourist Trap n'a rien du survival gore et trash tant vu dans le cinéma hollywoodien. Probablement autant par manque de moyens que par choix artistique, Schmoeller préfère suggérer plutôt que dévoiler les meurtres de son tueur masqué (qui semble avoir le même esthéticien que notre Leatherface adoré), du moins dans la première moitié du film. Ce tueur masqué évoluant au milieu d'une troupe de mannequins dérangeants reste le personnage le plus marquant de ce film (jusqu'au dénouement final tout du moins), avec son frère, qui prend finalement une part grandissante dans le film à mesure que les morts s'accumulent.

Avec sa trogne carrée de fermier dur au mal, l'acteur Chuck Connors est l'atout majeur de Tourist Trap. De plus en plus inquiétant, il campe avec brio un double rôle qui peut faire office de clou dans une carrière secondaire comme il y en a tant dans le Septième Art, artistes méconnus sans qui le cinéma n'existerait pas, à qui l'on offre parfois un personnage en or. Beaucoup de subtilité, de troubles, de sensibilité et de folie logent dans le cerveau malade de cet être solitaire, aussi intemporel et faux que ses compagnons mannequins, enfermé dans sa meurtrière mélancolie.

Aux côtés de Connors, Tanya Roberts, la future James Bond Girl de Dangereusement Vôtre, fait office d'appétissante victime, au coeur d'un casting assez vite laissé pour compte, au profit de scènes de meurtres souvent peu crédibles (la scène de la capture de Tanya Roberts justement) et peu rythmées (l'épilogue avec Molly).

Au final, Tourist Trap demeure un petit film atypique et personnel, méritant assurément le détour au milieu des nombreux nanards de l'époque, compromis intéressant entre le giallo, le survival et le slasher, qui allait rythmer l'univers du cinéma d'épouvante des années 80, sans toutefois parvenir à marquer durablement, la faute sans doute à des effets spéciaux modestes.

A propos de l'auteur : GORE MANIAC
Portrait de GORE MANIAC

J'essaie de partager ma passion pour un cinéma méconnu, mais qui mérite incontestablement qu'on s'y arrête !

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