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Le Survivant d'un Monde Parallèle – Critique

Le Survivant d'un Monde Parallèle
Un film à la fois mou et brouillon dans sa résolution. Il vaut mieux se plonger dans le roman.
Publié le 23 Février 2014 par AqME · Voir la fiche de Le Survivant d'un Monde Parallèle

Certains acteurs, à force de côtoyer les studios de tournage, ont envie de faire leur propre film. Il existe alors deux cas de figure. Le premier cas est celui qui est talentueux dans tout ce qu'il touche : Clint Eastwood, Albert Dupontel, George Clooney... Le second cas est ceux des jeunes premiers qui veulent tenter l'expérience et pas toujours avec talent. Récemment, Joseph Gordon-Levitt s'y est essayé avec Don Jon, Robert Englund tenta l'expérience avec 976-Evil sans grand succès. David Hemmings, acteur connu notamment pour son rôle dans Les Frissons de l'Angoisse de Dario Argento se jette dans la réalisation en 1978 avec Just a Gigolo avec David Bowie dans le rôle-titre. C'est deux ans plus tard qu'il réalise Le Survivant d'un Monde Parallèle (The Survivor en VO), une histoire tirée du livre de James Herbert, Le Survivant. Et bizarrement, le film a très mal vieilli.


Oh non, il va dire du mal du film...

L'histoire commence avec le crash d'un avion qui fait près de 350 victimes. Seul rescapé, le pilote de l'appareil est alors hanté par le crash et, complètement amnésique concernant les causes de l'accident et de sa survie, se fait aborder par une femme bizarre qui dit qu'il a besoin d'elle autant qu'elle a besoin de lui. S'ensuivent alors des éléments fantastiques, comme des apparitions des victimes auprès de personnes aux intentions malsaines. Bref, le film prend place dans un décor typique des récits des années 80. Ce qui aurait pu donner un film intéressant et effrayant, il en reste quelque chose d'anodin et trop vite expédié.

Il faut dire que faire un film qui dure à peine 1h15, c'est difficile, surtout quand on doit y apposer des éléments fantastiques et une enquête pour comprendre un crash. Forcément, les personnages sont à peine esquissés, se focalisant essentiellement sur le pilote et son mal-être qui essaye de comprendre les raisons de sa survie. On aura quasiment aucune information sur les autres personnages qui gravitent autour du pilote, comme ses amis ou encore la femme qui veut l'aider, et surtout, on n'aura aucune envie de s'attacher à tout ce petit monde. Le côté enquête prend des allures très superficielles, et pire que cela, on ne sera jamais qui est qui et que ce soit le grand méchant ou les amis du pilote, on ne retiendra personne. La résolution de l'histoire prend des allures de nanars de luxe où l'on ne comprendra pas comment le héros a résolu cette affaire.

Le côté fantastique est à peine abordé. Parmi les 350 victimes, on n'aura que deux apparitions, dont celle de la petite fille, effet garanti pour faire frémir les ménagères. Si en plus, on restitue cela dans un cimetière, l'effet est garanti. Les moments d'effroi sont très maigres et relativement mal amenés, comme une scène dans un studio de développement de photos ou encore une attaque dans le noir. La scène la plus ridicule étant quand la femme bizarre, aux relents de joueuse de tarot, se fait posséder par toutes les victimes de l'accident. C'est surjoué et ridicule. Et ce sera le plus gros défaut du film qui n'assumera pas assez son côté fantastique/horreur pour lorgner vers le drame, sans pour autant se concentrer sur les personnages.


Je me tiens, tu me tiens, par la barbichette !

Néanmoins, on peut tout de même dire que le film garde une ambiance assez agréable, presque délétère. Il possède même des allures de giallo, notamment sur certaines scènes de meurtres, comme le type qui se fait égorger pas un rasoir et dont on ne voit que les gants en cuir du tueur. Il plane tout au long du métrage une espèce de chape lourde comme si quelque chose d'inéluctable va se produire pour le héros. Malgré tout, le film a mal vieilli, autant sur le plan de la réalisation que sur le plan du jeu des acteurs. Robert Powell semble faire le job, mais il reste trop dans le même registre et on n'arrive pas à s'attacher à lui.

Au final, Le Survivant d'un Monde Parallèle n'est pas l'un de ses anciens films fantastiques que l'on peut conseiller. Mou du genou, ne s'attardant pas assez sur les personnages ou sur le côté fantastique, le film expédie trop vite tout cela et on ne comprendra pas grand-chose à la résolution du problème. C'est dommage, car certaines images comme le crash de l'avion sont plutôt intéressantes. Bref, un film pour les curieux, mais il vaut mieux se plonger dans le roman.

AqME
À propos de l’auteur : AqME

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