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Nine Dead – Critique

Nine Dead

Un bon petit thriller à voir une fois...

Publié le 24 Juin 2010 par Geoffrey · Voir la fiche de Nine Dead

Une visuel illuminé par le blanc, une salle de bain, une toilette, une personne enchaînée et au milieu de la pièce, un revolver posé à coté d'un cadavre baignant dans son sang. Si la jaquette de Nine Dead vous rappelle quelque chose c'est normal, tellement la tentative de filiation avec le premier Saw semble évidente. Pourtant, le film de Chris Shadley ne joue pas du tout dans la même catégorie que celui de James Wan.

C'est vrai que de prime abord on pourrait penser que Nine Dead n'est qu'un énième film de torture de plus et en apparence, les points communs avec la saga Saw sont nombreux (des personnes sont enlevées sans raison précise par un maniaque moralisateur) mais en réalité il en va tout autrement. En effet le traitement de l'histoire est radicalement différent car là où Saw gratifiait le spectateur de quelques séquences dites de "torture porn" (un terme qui ne fera son apparition qu'avec la sortie d'Hostel), Nine Dead propose une approche plus psychologique et complexe. Point de geyser de sang ou de pièges machiavéliques, le tueur n'utilise ici qu'une simple arme à feu pour ôter la vie de ses victimes. Les amateurs de boucherie visuelle peuvent passer leur chemin.


Pourquoi êtes-vous ici?

Neuf personnes qui ne se connaissent pas ont été enlevées par un homme armé et masqué. Toutes les dix minutes, l'un d’entre eux mourra s’ils ne découvrent pas leur point commun ainsi que la raison de leur présence dans cet endroit morbide. Trouveront-ils les connexions qui les relient entre eux avant que le temps ne s’écoule ? Qui des neuf survivra ?


Maman bobo!

Le concept de base de Nine Dead est franchement alléchant, vous en conviendrez. Malheureusement il pose aussi des limites très strictes en terme d'action et de lieu puisqu'à l'exception de quelques flash-backs explicatifs et de la scène d'introduction, l'entièreté du film se passe dans la cave où sont enfermés les "héros". Réussir ce type de huis-clos et tenir le spectateur en haleine jusqu'à la conclusion est difficile dans ces conditions mais Chris Shadley s'en sort avec les honneurs malgré quelques chutes de rythme assez importantes.
Sa réalisation est fonctionnelle, sans génie particulier, mais a le bon gout de ne pas verser dans la surenchère inutile d'effets de style à deux balles. Les cadrages sont corrects, tout comme le montage qui n'abuse pas des cut. Sobre et efficace en somme.
Par contre, la photographie n'est pas exempte de tout reproche, ce qui fait que l'on se retrouve parfois avec des séquences au look télévisuel, lesquelles tranchent avec le reste du métrage. C'est notamment le cas pour plusieurs scènes de l'introduction (qui montre l'enlèvement des différentes victimes), ainsi que pour l'un ou l'autre flash-back.
Toutefois dans l'ensemble, l'aspect graphique de Nine Dead est agréable si l'on excepte le masque du tueur, plus proche de Fantômas que d'un dangereux serial-killer.


Melissa Joan Hart en mode vénère...

Les personnages sont également assez réussis. Stéréotypés mais pas à l'excès (bien que le pédophile soit un peu trop maniéré à mon goût), ils sont portés par des acteurs pas toujours crédibles (le black sonne étonnamment faux) mais qui se donnent à fond. Évidemment, il n'y a aucun futur oscarisable parmi eux mais dans ce type de production, une interprétation d'un bon niveau n'est jamais négligeable. On sortira du lot le mafieux, classe et amusant à regarder même si peu réaliste, le pédophile, immonde dans ses attitudes et ses paroles, ainsi que l'avocate perfide incarnée par Melissa Joan Hart.

On reprochera par contre aux personnages leurs réactions parfois stupides. Face à la mort, ils préfèrent partir dans de grandes tirades larmoyantes et s'insulter plutôt que de chercher le lien qui les ferait sortir de là. Leur propension à garder pour eux des informations cruciales est également énervante mais cela participe sans doute à la crédibilité des personnages ("Tout le monde ment" comme dirait un célèbre docteur handicapé).


Des protagonistes de tous horizons...

Bref, tout se serait bien passé si le scénario avait été un poil plus dynamique et maitrisé. Comprenons-nous bien: celui-ci n'est pas mauvais malgré ses lacunes, c'est juste qu'il manque cruellement de suspense. L'histoire est intéressante et la mise en place des éléments l'est encore plus mais le système "toutes les dix minutes quelqu'un meurt", alléchant sur le papier, donne à l'écran des séquences répétitives. D'autant plus que les mises à mort sont bien trop banales pour surprendre ou susciter l'effroi (rappelez-vous que j'ai précisé plus haut que le tueur ne se servait qu'un simple pistolet). De fait, l'intérêt du film va en décroissant et il n'y a plus que l'envie de découvrir enfin la résolution de l'énigme qui incite le spectateur à rester devant sa télévision. Heureusement que l’intrigue concoctée par Patrick Wehe Mahoney, dont Nine Dead est le premier scénario, est d’une part bien ficelée, mais aussi bien amenée via les différentes interventions des protagonistes.

Nine Dead est donc un bon petit thriller psychologique à voir une fois. Je dis une fois car il n'est pas certain que le film survive à une seconde vision, tant son intérêt repose sur la surprise et la découverte des événements qui ont amenés les victimes à se trouver là.

Geoffrey
À propos de l’auteur : Geoffrey

Comme d'autres (notamment Max et Dante_1984), je venais régulièrement sur Horreur.net en tant que lecteur, et après avoir envoyé quelques critiques à Laurent, le webmaster, j'ai pu intégrer le staff début 2006. Depuis, mes fonctions ont peu à peu pris de l'ampleur.

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