Voir la fiche complète du film : Alone in the Dark 2 (Michael Roesch, Peter Scheerer - 2008)

Alone in the Dark 2 – Critique

Alone in the Dark 2

Un film qui fait nettement mieux que son prédécesseur mais qui reste quand même très loin des ténors du genre...

Publié le 1 Janvier 2008 par Geoffrey · Voir la fiche de Alone in the Dark 2

Quand on reçoit le DVD d'Alone in the Dark 2 pour en effectuer la critique, on ne peut s'empêcher de penser aux atroces 90 minutes qu'avait constitué le visionnage d'Alone in The Dark premier du nom, adaptation complètement foirée du célèbre jeu-vidéo et réalisée par le "maître" Uwe Boll. Ce même Uwe Boll qui avait déjà commis un autre forfait devenu célèbre dans le monde des films d'horreur: l'ultra-mauvais House of the Dead.

Pourtant, malgré ses tares, et contre toute attente, ce dernier avait engendré une suite un peu moins mauvaise cinématographiquement parlant, mais infiniment moins fun à regarder. Si je vous en parle aujourd'hui, c'est parce que les tâcherons qui avaient commis House of the Dead 2 (en tant que scénaristes) ont récidivé et nous offrent aujourd'hui la suite du Alone in the Dark d'Uwe Boll...


Le père de la fille et ses étranges gouts capillaires

Edward Carnby est victime d’hallucinations et pourtant lui seul détient la clé pour mettre fin à la lutte du bien contre le mal. Il va mettre sa vie en péril en rejoignant une équipe de chasseurs de sorcières à la poursuite de la démoniaque Elisabeth Dexter...


Bouh!

Inutile de dire que c'est avec appréhension que l'on s'attaque à ce second film estampillé Alone in the Dark.
Pourtant le début surprend et parvient à nous intéresser directement à ce qui se passe à l'écran. L'histoire et les personnages n'entretiennent absolument aucun rapport avec le premier film et l'on finit même par se demander quel était l'intérêt pour les producteurs de garder la filiation avec la bouse d'Uwe Boll en accolant un numéro 2 au titre.
Malheureusement ces belles illusions finissent par s'évanouir et Alone in the Dark 2 sombre peu à peu dans la médiocrité. La faute en revient à plusieurs éléments.

En premier lieu il convient de citer Rick Yune (le méchant avec des diamants dans le visage du James Bond Meurs un autre jour) qui se montre ici aussi monolithique qu'un Steven Seagal des grands jours. C'est bien simple, l'acteur a tout simplement l'air de se foutre royalement des événements qui se déroulent autour de lui. Il traverse le film avec un air tellement absent que le spectateur finit par le suspecter de simplement attendre patiemment son cachet de tournage. Son manque d'entrain est vraiment dommageable au film puisqu'il en est le héros principal et qu'il repose en grande partie sur ses épaules.

Et dans le genre "acteur qui cachetonne", nous ne pouvons évidemment pas faire l'impasse sur un Lance Henriksen qui doit avoir des tonnes de dettes pour jouer dans tous les navets qu'on lui propose. Il utilise ici son charisme fatigué pour incarner un personnage qui ne l'est pas moins (fatigué) mais dont l'utilité s'avère plus que limitée. Sa classe naturelle l'empêche néanmoins de sombrer dans le ridicule.

Pour en finir avec le casting, précisons que nous avons en outre le plaisir d'apercevoir brièvement la gueule scarifiée de Danny Trejo tandis que Michael Paré (encore lui) joue les gros bras sans cervelle.


Beuaaaaaaaaarh!

Deuxième point gênant: la réalisation. Elle est en général plutôt bonne, nettement moins épileptique et tape-à-l'oeil que celle d'Uwe Boll, mais abuse clairement des Flash-backs et des images stroboscopiques qui finissent par perdre quelque peu le spectateur. On est loin de la caméra agitée du Teuton mais douze flash-backs en une minute associés à des images stroboscopiques, ça donne parfois la nausée.

Heureusement ces instants sont rares, la plupart du temps l'action est lisible et les cadrages assez bien choisis. Sauf que si certaines scènes sont dignes d'un grand film de cinéma, d'autres atteignent à peine le niveau d'un téléfilm de l'après-midi sur TF1. En effet, comment ne pas éclater de rire devant l'atroce mise à mort réservée à la sorcière? Pour se débarrasser d'elle le héros lui plonge la tête... dans un tonneau rempli d'eau. Insoutenable...

Mais nous touchons là au dernier point négatif du film: le scénario. Ce dernier est sympathique et contient quelques bonnes idées mais s'avère aussi parfois brouillon et stupide. Par exemple, comment expliquer que les personnages passent leur temps à essayer de repousser l'esprit de la sorcière avec des armes alors que les balles sont inefficaces puisqu'elle est immatérielle? Et puis les personnages sont mal définis, tout comme les enjeux qui sont parfois peu clairs. Mais dans l'ensemble, il faut bien admettre que le scénario n'est pas réellement mauvais et qu'il est loin d'être le pire élément perturbateur d'Alone in the Dark 2.


Les effets rendent quand même bien à l'écran...

Au rayon des points positifs (il y en a tout de même rassurez-vous), citons les apparitions de la sorcière qui sont presque toujours de grande classe et bien mises en image. Les CGI sont en effet d'une qualité tout à fait étonnante. Dommage finalement qu'Elisabeth Dexter n'apparaisse que si peu à l'écran... Grâce soit tout de même rendue aux infographistes ainsi qu'aux maquilleurs pour leur excellent boulot.

Bref, tout ceci pour dire qu'Alone in the Dark 2 se laisse suivre sans ennui, d'un oeil un peu distrait, mais il faut avouer qu'avec en mémoire le navrant Alone in the dark premier du nom, on ne s'attendait franchement pas à une bonne surprise avec cette suite et le fait qu'elle ne soit pas ennuyeuse constitue déjà une belle réussite en soi.


Et si on pompait un peu sur Poltergeist?

 

Geoffrey
À propos de l’auteur : Geoffrey

Comme d'autres (notamment Max et Dante_1984), je venais régulièrement sur Horreur.net en tant que lecteur, et après avoir envoyé quelques critiques à Laurent, le webmaster, j'ai pu intégrer le staff début 2006. Depuis, mes fonctions ont peu à peu pris de l'ampleur.

Autres critiques

Sucker Punch

Sucker Punch

Une jeune femme est internée dans un hôpital psychiatrique par son beau-père afin que ce dernier rafle l'héritage familial. Sans aucun moyen de s'enfuir, elle se créé une échappatoire par le biais de son imaginaire et explore autant d'univers différents que merveilleux. En l'espace de seulement trois longs-métrages, Zack Snyder s'est imposé comme un réalisateur incontournable...
Robocroc

Robocroc

Si les requins demeurent l’espèce dominante dans le survival animalier, les crocodiles et autres alligators ont également eu droit à leur lot de productions plus ou moins déplorables. À l’image de Black Water , Primeval ou Rogue , on a pu apprécier de sympathiques et efficaces incursions. C’est sans compter sur une myriade d’élucubrations cinématographiques où les...
Véritable Histoire de Blanche-Neige, La

Véritable Histoire de Blanche-Neige, La

Sincères félicitations, mon gars. Tu as fait du bon boulot et j'espère que tu as été rémunéré en conséquence. Je te souhaite également de travailler un jour à un niveau plus élevé de production, car tu as du talent, et ce serait gâcher que de le laisser moisir dans les tréfonds du cinéma de série Z. Non, je ne m'adresse pas à l'inénarrable David DeCoteau (D.D. pour les intimes). Ces compliments...
La Féline

La Féline

Attention, cette critique contient des spoilers. Brillant architecte, Oliver croise au zoo la jeune Irena, tombe il tombe éperdument amoureux. La jeune femme, étrangère, vient d'arriver aux Etats-Unis, et passe ses moments libres à observer une panthère noire, qui l'obsède littéralement. Environ dix ans après le début de l'âge d'or de la Universal , le cinéma fantastique américain...
Evil Dead

Evil Dead

Le film d'horreur a beau être un genre ultra-référencé, l’annonce d’un nouveau remake, d’un reboot ou d’une préquelle d'un de nos précieux classique fait à chaque fois frémir. Si l’on a bien trop tôt fait de crier à l’hérésie ou au manque cruel d’imagination des scénaristes et producteurs actuels, l’histoire nous a pourtant appris qu’il ne faut pas pour autant ranger ces films dans la catégorie...