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Sucker Punch

Avec ce nouveau film, Zack Snyder confirme son indéniable talent pour mettre en oeuvre un récit à la fois tragique et porteur d'espoir. Par le biais d'une technique (presque) irréprochable et une bande-son rythmée (tout comme l'histoire), Sucker punch vous entraîne dans un déluge d'explosions et autres effets visuels dont on ne peut que saluer les qualités évidentes. Mais il est une beauté différente à découvrir, celle de l'instant présent. Le moment où nos choix façonneront notre avenir. Quand on change le regard que l'on porte sur soi, on change notre perspective du monde.
Publié le 12 Novembre 2011 par Dante_1984Voir la fiche de Sucker Punch
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Hôpital Robot Zombie

Une jeune femme est internée dans un hôpital psychiatrique par son beau-père afin que ce dernier rafle l'héritage familial. Sans aucun moyen de s'enfuir, elle se créé une échappatoire par le biais de son imaginaire et explore autant d'univers différents que merveilleux.

En l'espace de seulement trois longs-métrages, Zack Snyder s'est imposé comme un réalisateur incontournable. L'armée des Morts qui touchent du doigt son modèle en terme de qualité (pour un remake, c'est assez rare pour le souligner), le violent et très visuel 300, décrié par de nombreuses personnes ou encore Watchmen, parabole nihiliste des années 1980 où les super-héros n'ont jamais été aussi malmenés dans leur image de marque. Avec Sucker Punch, monsieur Snyder ne signe pas l'adaptation d'une oeuvre existante (film, BD ou roman), mais créée une histoire à part entière. Une prise de risque évidente qui n'effraie nullement le cinéaste.


Bienvenue chez les fous !

Dès les premières minutes, on reconnaît la patte du réalisateur. Un goût prononcé pour le clinquant qu'il s'amuse à mettre en valeur par divers procédés. Fondus enchaînés, ralentis, contre-plongées... Les termes techniques fusent, mais la maîtrise est au rendez-vous. Force est de constater que le cinéaste ne perd rien de son talent au fil des années. Ce qui pourrait faire le bonheur de ses détracteurs est également son atout. L'homme n'a pas peur des jugements et assume parfaitement son style unique qu'il gagne à peaufiner au cours de ses différents projets. Une palette de possibilités on ne peut plus variée.


La prison de la réalité n'est pas un obstacle pour Baby doll.

Outre l'éclectisme des décors qui laissent libre cours aux divagations de l'esprit, on nous offre une véritable leçon de mise en scène où tout est géré comme il se doit. Toutefois, un léger bémol survient dans cette effervescence visuelle, puisque les procédés suscités sont parfois employés jusqu'à l'indigestion. Imaginez une séquence qui ne se déroule qu'au ralenti, où s'enchaînent les gros plans sur les visages, les coups portés. On se trouve à la limite de l'overdose. La scène du train illustre parfaitement ce constat. Certes, cela demeure agréable à regarder, mais l'on a l'impression de se retrouver face à un clip vidéo version XXL. User des ralentis, c'est bien. En abuser, ça l'est beaucoup moins.


Notre quintette de choc.

Quant à la photographie, elle parfait le contraste entre la réalité cruelle et aseptisée (teinte monochrome glaciale) et le fantasme qui s'immisce en elle (couleurs chatoyantes). En ce qui concerne les transitions entre imagination et réalité, elles se veulent subtiles et toujours dans le ton du récit. Un flocon de neige, un regard perdu, autant de moyens qui permettent de s'immerger en douceur dans chaque univers. Ces derniers apportent une clef sur la connaissance de notre moi profond. Une prise de conscience, un objectif, la solidarité ou l'engagement sont autant de valeurs abordées durant les différents périples.


"C'est la guerre mon p'tit. "

Sucker punch est avant tout un récit sur l'imaginaire et les possibilités de chacun à influer sur la réalité à sa convenance. Un concept original, prometteur, mais surtout d'une simplicité désarmante puisqu'il peut surgir dans n'importe quel esprit fertile. On part d'un destin tragique (celui de Baby doll) pour mettre en ½uvre l'idée de départ. Il en découle une multitude de situations qui s'avèrent la parfaite illustration des difficultés à franchir tant dans nos pensées que dans la réalité plus ou moins fantasmées de nos protagonistes. Par exemple, le dragon est la personnification du briquet dont l'une des filles doit s'emparer. Cette symbolique sous-jacente est présente tout au long du récit à différent niveau de subtilité.


Non, il ne s'agit pas du Hindenburg, quoique...

Tout est une question de point de vue, de perspectives. Il n'y a rien d'inéluctable dans nos existences, encore moins d'impossibles à réaliser. Si notre monde est dépeint avec âpreté, l'on se rend compte que notre potentiel, lui, est infini. En d'autres termes, nos seules limites sont celles que l'on s'impose. Le choix nous appartient de donner le tournant que l'on souhaite à notre destin. Il suffit de déterminer les méthodes et les armes employées qui sont en notre for intérieur. Ainsi, l'on s'ouvre vers de nouveaux horizons lorsque l'on prend conscience de nos capacités. La peur, le doute ou le jugement des autres s'estompent d'eux-mêmes.


Je vous laisse deviner à quel jeu vidéo fait allusion ce passage.

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, l'imagination n'est pas une fuite (synonyme de lâcheté ou de refus de la réalité), mais un refuge. Un exutoire salvateur, gardien de la raison face à un environnement hostile. Combattre, mais surtout survivre. L'on en vient non seulement à se heurter aux autres, leurs mentalités et à différents obstacles extérieurs en tant qu'entités négatives, mais également à nous affronter nous-mêmes pour mieux nous connaître. Chacun à sa manière d'aborder les épreuves de la vie et est influencer différemment sur sa personnalité. En somme, la vie est une expérience qui mérite d'être vécu pleinement qu'elle que soit le regard qu'on lui porte.


Un visage hypnotisant.

Il est à noter que si le concept demeure original, on regrettera la simplicité des mini-histoires qui ponctuent l'intrigue principale. Si l'ensemble se suit sans la moindre difficulté, les incursions dans ces mondes transforment le film en une sorte de jeu vidéo nerveux où il suffit d'aller d'un point A, battre le grand méchant, se rendre au point B et accomplir la mission. Un peu trop facile compte tenu de nos possibilités illimitées en matière d'imaginaire. Soit dit en passant, Sucker punch emprunte beaucoup à l'univers vidéoludique. Onimusha, Killzone ou, plus surprenant encore, World of Warcraft et même Final fantasy XIII ( ?!). Les références pleuvent sans trop savoir ce qu'elles viennent faire ici.


Zack Snyder et ses tableaux oniriques.

Même si l'on peut pinailler sur de menus écueils (abus des ralentis, scénario simple lors des « missions »), Sucker punch ne déçoit nullement. Il fait partie de cette catégorie de films audacieux qui ne craignent pas de prendre des risques, quitte parfois à se perdre dans de petites imperfections facilement pardonnables. Un concept séduisant, un esthétisme unique et parfaitement assumé, un message sous-jacent basé sur notre capacité (et volonté) à influer sur notre destin, Sucker punch est un film à la fois distrayant et intelligent qui contente deux publics différents. Les amateurs d'action sans prise de tête seront ravis et, pour ceux qui le souhaitent, l'histoire recèle une intéressante allégorie sur le sens et l'expérience de la vie.

A propos de l'auteur : Dante_1984
Portrait de Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches. Puis, j'ai souhaité faire partager mes dernières découvertes en laissant des avis sur les films que je voyais.

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