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Paradise Lost – Critique

Paradise Lost
Le Brésil : ses plages de sable fin, ses jolies créatures, ses bars chaleureux, son football, sa musique endiablée et...ses trafics d'organes. Le Hostel do Brasil est arrivé : touristes, prenez garde !
Publié le 1 Janvier 2008 par GORE MANIAC · Voir la fiche de Paradise Lost

Attention, cette critique contient des spoilers

En vacances au Brésil, pays festif par excellence, un groupe de jeunes touristes, avides de fêtes endiablées et sans limites, se retrouve sans moyen de locomotion suite à un accident de bus. Le groupe trouve refuge sur une plage, dans un lieu où l'alcool et les jolies filles coulent à flot. Mais le rêve se transforme en cauchemar lorsque, le lendemain matin, les touristes se réveillent seuls et dépouillés de tous leurs biens, confrontés à une population devenue hostile...

Acteur de seconde zone dans les années 80 (entrevu dans Christine, de John Carpenter, et Top Gun), John Stockwell s'est reconverti depuis dans les films exotiques, avec la mer pour principal décor. Après deux films similaires (Blue Crush et Bleu d'Enfer), mélangeant aventures et exotisme un peu gnan-gnan, Stockwell se tourne donc vers un survival plus pittoresque, gardant toutefois le soleil et la mer en toile de fond.

Le démarrage sonne plus comme un teen movie surfant sur la réputation ensoleillée du Brésil, avec personnages légèrement stéréotypés et bande originale lorgnant sur les tubes de l'été qui matraqueront bientôt nos chastes oreilles à la radio (foutue Lambada, sic). Les dialogues sonnent un peu creux, et Stockwell peine à trouver un rythme de croisière au sein de cette bande de touristes à deux sous. L'arrivée sur la plage nous permet au moins de proposer à l'oeil torve du spectateur lambda un semblant d'intérêt, avec la plage paradisiaque et quelques jolies figures locales. Mais l'on se rapproche plus d'American Pie que d'Hostel, qui est pourtant le modèle sur lequel s'est basé le cinéaste, avec sa bande de touristes esseulés au sein d'un environnement changeant.

Le film débute vraiment avec le réveil poussif de notre bande de joyeux drilles, déchantant en se rendant compte du vol de leurs papiers et de leurs affaires, l'occasion pour le film de diverger vers une atmosphère plus tendue, propice à un suspense allant enfin crescendo. De touristes à l'aise et heureux, nos héros vont devenir la proie d'habitants prudents, voire hargneux vis à vis de ceux qui représentent à la fois une manne financière capitale, mais aussi un ennemi intime sous-estimé (le capitalisme américain est ici un peu égratigné en mettant en avant l'envers du décor : tourisme sexuel, pauvreté de la population locale, etc.). Dès lors, ces personnages deviennent plus sympathiques, à mesure que l'on se devine le danger auquel ils vont être bientôt confrontés : le trafic d'organes.

Autre aberration du capitalisme : ce trafic est en effet la partie la plus originale du scénario de Turistas, autre titre du film. Ce sujet, rarement évoqué jusqu'ici, donne une dimension à la fois critique au film, mais permet aussi de proposer une scène chirurgicale assez effroyable par son réalisme et son absence d'ellipse. Sans être gore, cette scène peut être considérée comme la plus réussie du film, par le fait qu'elle nous donne envie de participer au reste de l'aventure.

Les décors forestiers, un peu convenus, replongent alors le métrage dans son côté film d'aventures, preuve que le but de ce Paradise Lost est de proposer un medley entre divers genres, ce qui le rend assez sympathique mais aussi quelque peu impersonnel. En effet, après un début teen movie et une seconde partie à la Hostel niveau ambiance, le final s'apparente plus à un jeu de cache-cache sous-marin dans des décors évoquant alors The Descent. Stockwell retranscrit assez bien l'état d'esprit dans lequel se trouvent les trois survivants, après moultes poursuites dans la jungle.

On regrette l'absence de brutalité animale du héros, qui laissera finalement à un second couteau l'insigne honneur de mettre un terme aux activités d'un savant fou assez sadique, qui avait planté, de manière inexpliquée autant que soudaine, un pic dans l'oeil d'un de ses hommes de main, dans une scène étrange (en portugais, sans sous-titres), probablement destinée à mettre le spectateur dans un état d'incompréhension et de malaise.

Mais le happy end cher à nos amis américains était probablement plus fort dans l'esprit des producteurs que la logique de l'instinct primitif de l'Homme, capable de tout en de pareilles circonstances, pour sauver sa peau. Un épilogue à peu à l'image de ce métrage, assez intéressant mais victime de quelques déséquilibres propres aux films de commande, mais qui n'empêche en rien de passer une agréable soirée.

GORE MANIAC
À propos de l’auteur : GORE MANIAC

J'essaie de partager ma passion pour un cinéma méconnu, mais qui mérite incontestablement qu'on s'y arrête !

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