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Puppet Master – Critique

Puppet Master

Créateur de poupées réputé, André Toulon est parvenu à insuffler la vie à ses petits protégés. Ce premier Puppet Master se laisse regarder sans déplaisir, à condition toutefois de ne pas attendre grand frisson de cette série B distrayante.

Publié le 26 Octobre 2013 par GORE MANIAC · Voir la fiche de Puppet Master

Créateur de poupées réputé, André Toulon est parvenu à insuffler la vie à ses petits protégés. Au courant de ce prodigieux don, les nazis cherchent à l'incarcérer. Toulon décide de se suicider et met à l'abri ses créatures avant que les soldats ne le retrouvent.

De nos jours, un riche homme d'affaires invite quatre personnes, dotées de pouvoirs psychiques particuliers, dans un grand hôtel à Bodega Bay, là précisément où Toulon s'était donné la mort cinquante ans auparavant.

Charles Band suit les traces de son père, Albert, et commence à produire et réaliser des séries B fantastiques dès le début des années 70. A la fin des années 80, il décide de fonder la firme Full Moon, dont la spécialité consistera à produire des films à petit budget pour le marché de la vidéo.
Initiée en 1989, la franchise des Puppet Master reste à ce jour le plus probant succès commercial de Full Moon, continuant sa route tant bien que mal (le dixième volet de la série, sorti en 2012, est réalisé par Band en personne). Près de vingt-cinq ans après sa sortie, il était temps de s'intéresser au film originel de la série, à l'occasion de la sortie DVD en France des trois premiers épisodes chez Artus.

Auteur de séries B plutôt intéressantes (notamment l'original Tourist Trap), David Schmoeller est le scénariste et réalisateur de ce métrage.
Après une dizaine d'années dominée par les tueurs en série masqués et autres boogeymen (Halloween, Vendredi 13), le cinéma d'épouvante semble chercher de nouveaux croquemitaines, là où on ne les attend pas à première vue !
Le succès des Poupées de Stuart Gordon (1987) et surtout du premier Child's Play (1988) lancent une nouvelle mode : celle des jouets meurtriers. Il n'est donc pas étonnant que la Full Moon, alors au début de sa carrière, ne se lance à son tour dans cette tendance.

Le début du métrage nous invite à suivre le tour de force d'un magicien du nom d'André Toulon. Une légende égyptienne lui permet de donner vie à ses poupées, ce qui attise les convoitises des nazis. La mort du vieil homme ne semble pas être un obstacle pour Neil Gallagher.
En quête d'immortalité et de pouvoir, ce dernier a retrouvé la trace des poupées sauvées par leur créateur, et invite d'éminents spécialistes du paranormal dans l'hôtel où Toulon s'est suicidé. Sur place, les quatre spécialistes apprennent la mort de Gallagher, mais un mystère semble rôder dans l'immense édifice.

Décors soignés, interprétation de qualité, mise en scène rigoureuse : le premier tiers du film installe une ambiance et présente chacun des protagonistes avec un certain talent, l'esprit eighties imprégnant chaque parcelle de ce long-métrage, pour le plus grand plaisir de certains cinéphiles. La coiffure de Paul Le Mat, à ce titre, vaut incontestablement le coup d'oeil !
Les fans de Ré-Animator reverront même avec plaisir la charmante Barbara Crampton, dans un rôle malheureusement trop bref !

L'entrée en scène des poupées dans l'hôtel de Bodega Bay est censée faire monter la terreur crescendo. Toutefois, même s'ils éveillent notre curiosité, force est de constater que ces tueurs miniatures n'ont rien de bien effrayant, malgré des effets spéciaux réussis de David Allen (qui passera derrière la caméra pour le second volet).
Plutôt pervers (les poupées aiment visiblement mater nos ébats amoureux), ces créatures semblent assez faibles et mal équipées pour tuer des êtres humains. Les mises à mort représentent donc les scènes les moins convaincantes du film, ce qui pose problème pour un film d'horreur.

Disposant d'un budget réduit, Schmoeller limite la casse en conférant une ambiance étrange et un bon rythme au film, Richard Band signant une partition musicale efficace (les passionnés du genre s'amuseront à reconnaître quelques notes de la BO du film Ré-Animator lors de la scène de la cheminée). L'épilogue, qui nous laisse quelque peu sur notre faim, laisse un goût d'inachevé à ce premier volet, dont le gros point noir reste son absence totale de terreur. N'est pas Chucky qui veut !
Néanmoins, ce premier Puppet Master se laisse regarder sans déplaisir, à condition toutefois de ne pas attendre grand frisson de cette série B distrayante.

GORE MANIAC
À propos de l’auteur : GORE MANIAC

J'essaie de partager ma passion pour un cinéma méconnu, mais qui mérite incontestablement qu'on s'y arrête !

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