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Rampage : Sniper en Liberté

Une véritable boucherie sortie tout droit du cerveau d’un homme déjanté qui, quant il veut bien s’en donner la peine, peut pondre des films plus sérieux et bien meilleurs que ses précédentes élucubrations vidéoludiques.
Publié le 22 Juillet 2010 par Punisher84Voir la fiche de Rampage : Sniper en Liberté
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« Bowling for Uwe Boll »

A sa manière, Uwe Boll est un grand réalisateur. Car il a toujours réussi à faire des films incroyables... de médiocrité. Malgré la poisse (en est-ce vraiment ?), il est toujours arrivé à imposer sa marque : une violence et un je m’en foutisme qu’on a toujours su sans concessions, mais toujours avec une certaine retenue, comme si quelque chose l’empêchait de vraiment décoller. En bref, ses films sont bien mauvais mais ils dégagent tous une énergie que l'on sent emprisonnée. A l’heure ou j’écris ces lignes, je n’ai pas encore vu Seed, Stoic et Postal, mais j’ai toujours espéré de voir enfin un vrai bon film d’Uwe Boll. Il aura fallu attendre le Festival International du Film Fantastique de Bruxelles en 2010 pour que mon rêve se réalise enfin. Car Rampage est tout simplement une bombe. Une bombe bourrée de défauts mais une bombe quand même.


Vous allez en prendre plein la figure !

Personnellement, j’ai rarement vu un réalisateur aussi décomplexé avec son film. Il se lâche complètement et n’hésite pas à choquer tous azimuts. Avec un tel sujet, nous étions en droit de nous attendre à un minimum. Ce Rampage va beaucoup plus loin que nos traditionnelles attentes de fans. En elle-même l’histoire ne choque pas : il s’agit de la revanche d’un jeune (excellent Brendan Fletcher) contre la société qui l’entoure. Pête-t-il un cable ? C’est ce que le politiquement correct aimerait nous faire croire. Le plus « déstabilisant » est bel et bien le traitement imposé par Uwe Boll car avant toute chose, celui-ci arrive à nous faire croire que les actions du personnage principal sont belles et bien des conséquences de la société qui ne tourne pas rond. Et non lui-même qui pète une durite ! La merde vendue dans les fast-food, les gens qui se plaignent sans cesse mais qui n’agissent jamais, les promesses d’un boulot qu’on ne trouve pas... La liste est encore longue. Le film en montre un minimum mais de manière tellement brute et explicite qu’il en devient véritablement effrayant.


Mesdames…

La violence purement gratuite existe-t-elle vraiment ? Voilà une des questions posées par Rampage. Il fait partie de ces films qu’il faut voir sans tenir compte des nombreuses critiques qui l’entourent.


Ca va chier grave !

Choquant et gratuit, Rampage l’est bel et bien, mais il n’est pas pour autant idiot. Uwe Boll a fait de l’excellent boulot sur le plan technique et plusieurs séquences sont à noter au panthéon des scènes les plus mémorables du cinéma de genre. Le passage du commissariat qui explose est vraiment incroyable. Mais le réalisateur sait aussi être drôle tout en étant dramatiquement crédible. Qui ne se souvient pas de la scène du bingo ?


Visuellement, la qualité est au rendez-vous.

Comme vous l’avez constaté, je fus très emballé lors la projection, au point que j’en oublie de parler des défauts du film ! Car il n’y a pas d’Uwe Boll Movie sans couacs à moins de vivre dans un rêve. Rampage est un panier à salade qui n’arrête pas de tourner. Beaucoup de pistes et de personnages secondaires dont le bout du tunnel est la mort. La psychologie du film, si on peut appeler ça ainsi, est un bric à brac qui part dans tous les sens sans jamais vraiment aboutir. Un parti pris parfois gênant faisant partie intégrante du cœur du long-métrage. Un long « bla-bla » d’introduction qui nous permet de platoniquement ressentir la sueur de Bill Williamson. Le film n’arrive pas à éviter certaines inégalités au niveau de l’interprétation. Perfectible, elle n’en demeure pas moins minime tant l’impact de l’ensemble est puissant. Un coup de poing dans la tronche qu’on aime ou pas mais un uppercut qu’on ne peut oublier de si tôt. John Merrick est vraiment moche et pourtant tout le monde l’aime (rires). Comme le disent si bien d’autres de mes collègues Rampage, c’est Elephant de Gus Van Sant version Uwe Boll.

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