Voir la fiche complète du film : Saint (Dick Maas - 2010)

Saint

Un film sympathique, mais décevant au vu de son potentiel énorme...
Publié le 23 Décembre 2011 par GeoffreyVoir la fiche de Saint
7

Au Pays-bas, tout comme dans ma Belgique natale, Saint-Nicolas est une institution au moins aussi populaire que le Père Noël, si pas plus. Basée sur une personne ayant réellement existé, Nicolas de Myre, la légende veut qu'il aurait ressuscité trois enfants tués par un boucher. Ce faisant, il est devenu le protecteur des enfants, des veuves et des gens faibles. Bref, un personnage bienveillant et généreux, à mille lieues du Saint-Nicolas décrit par ce coquin de Dick Maas.

Car chez le réalisateur néerlandais, le saint homme est un brigand de la pire espèce qui pille les villages en compagnie de ses hommes, enlève les enfants et tue leurs parents. Ces derniers, excédés, vont d'ailleurs se venger en le brûlant vif, lui et toute sa clique de barbares.
Ceci constitue le postulat de départ de Saint. Autant dire que chez les amateurs de films d'horreur qui, comme moi, ont grandi au rythme des fêtes (et des cadeaux !) du 6 décembre, l'annonce de cette relecture osée de la vie de Saint-Nicolas a provoqué une excitation sans précédent.


Ca va chi**, Saint-Nicolas est dans la place...

Malheureusement, au bout des 88 min, il faut déchanter. Non pas que le film soit mauvais, loin de là, mais est il clairement décevant par rapport à son formidable potentiel de départ et à ce qu'il aurait pu être.

Déjà, il ne va pas au bout de ses idées. Par exemple, tout ce qui concerne les enfants kidnappés passe à la trappe tandis que la machination des autorités pour cacher la vérité sur les méfaits de Saint-Nicolas aurait mérité d'être creusée beaucoup plus. Ensuite, les séquences vraiment marquantes manquent à l'appel, de même qu'un climax digne de ce nom. Saint entretient l'attente, mais le déferlement de violence ne vient jamais ; la bataille finale est un peu cheap, et pauvre en action et en hémoglobine.

L'idée d'un Saint-Nicolas vengeur était franchement alléchante, mais passées les premières effusions de sang, il faut reconnaître que l'on s'ennuie un peu devant les pérégrinations de l'étudiant auquel s'est joint un policier que ses collègues prennent pour un fou.

Bref, le scénario se montre un peu paresseux et limité dans ses ambitions.


Burn the Sint!

Par ailleurs, Saint-Nicolas lui-même manque de charisme. L'acteur Huub Stapel n'est pas en cause, car il manque surtout à son personne des séquences où il pourrait faire étalage de sa puissance et de sa cruauté. A l'exception d'une sympathique décapitation, on ne le verra tuer personne. De fait, il laisse le sale boulot à ses "pères fouettards" et se contente de parader sur son cheval (ce qui nous vaudra tout de même la séquence la plus réussie du film, à savoir la course-poursuite sur les toits).

Il est fort dommage que son temps de présence à l'écran soit si réduit car ce Saint-Nicolas dégénéré avait clairement le potentiel pour devenir un boogeyman culte.

Pourtant, tout n'est pas négatif dans Saint. La photographie et la réalisation sont de qualité, de même que les acteurs sont tous crédibles. Il faut dire qu'ils ont le "physique de l'emploi". On est loin ici des standards américains où tout le casting semble sorti en droite ligne des magazines de mode.
Dans Saint il y a des beaux, des moches, des moustachus, des chauves, des chevelus, ...etc.
Bref, c'est la "vraie vie".


I'm a poor lonesome killer boy...

En conclusion, nous avons ici un film sympathique, mais décevant au vu de son énorme potentiel de départ. Ni plus, ni moins.

Peut-être qu'une éventuelle suite Bigger & Louder pourrait corriger ces faiblesses...

A propos de l'auteur : Geoffrey
Portrait de Geoffrey

Comme d'autres (notamment Max et Dante_1984), je venais régulièrement sur Horreur.net en tant que lecteur, et après avoir envoyé quelques critiques à Laurent, le webmaster, j'ai pu intégrer le staff début 2006. Depuis, mes fonctions ont peu à peu pris de l'ampleur.

Autres critiques

Béhémoth - Le Monstre des abîmes
De toutes les productions SyFy sorties, Maneaters Series a exploité le survival animalier sous toutes ses formes. Bien que modestes, certains films ont créé la surprise avec une approche relativement honnête du genre, comme l’a démontré L’instinct du chasseur . Insectes, félins, rapaces, dinosaures, requins et autres prédateurs se sont succédé sous la caméra de cinéastes plus ou moins...
Histeria
Attention cette critique peut contenir des spoilers Depuis 1998 et The Ring , les films de fantômes asiatiques ont déferlé comme un tsunami sur nos écrans. C'est ainsi que les filles aux longs cheveux, Gamins blancs (ou bleus c'est selon) et une foule d'esprits nés du folklore local ont fait frissonner des millions de spectateurs. Il faut croire que le public asiatique ne lasse pas de ces...
Puppet Master III
Durant la seconde guerre mondiale, à Berlin, les spectacles de marionnettes du célèbre André Toulon attisent l'intérêt d'un soldat nazi, surpris par l'agilité de ces créatures. Suite au succès des deux premiers films, le producteur Charles Band décide de raconter les circonstances du drame ayant amené Toulon à combattre les nazis. Ce prequel (une rareté à l'époque dans le milieu cinématographique...
Comedown
Après Kidulthood , qui présentait une tranche de vie de la jeunesse désabusée de Londres, le réalisateur Menhaj Huda continue dans le social en envoyant cette fois ses adolescents paumés se faire massacrer dans un immeuble abandonné. C'est l'occasion pour lui de confronter l'attitude violente de ces jeunes à celle de la vie et de voir ce qu'ils valent réellement face à l'...
Splinter
Dans tout bon film d'horreur qui se respecte, il faut quelques éléments essentiels pour mettre en place une ambiance éprouvante et susciter un minimum d'effroi chez le spectateur. Bien souvent, les premières réalisations sont assez difficiles, à cause d'un budget limité et bien souvent d'un manque de matériaux flagrant. Splinter est la première réalisation de Toby Wilkins et c...