Voir la fiche complète du film : Scarce (Jesse Thomas Cook, John Geddes - 2008)

Scarce

Un survival mâtiné de torture porn mou du genou et qui ne restera pas dans les annales...
Publié le 16 Juin 2010 par GeoffreyVoir la fiche de Scarce
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C'est écrit en gros sur la jaquette et sur le DVD: "Par le réalisateur de Saw 2, 3 et 4". Etrange... puisque les réalisateurs répondent aux noms de Jesse T. Cook et John Geddes. Quel est donc le lien avec Darren Lynn Bousman? La réponse est plutôt étonnante et nous est donnée par la pochette Canadienne du film. Sur cette dernière figure la mention "avec commentaire de Darren Lynn Bousman" et entre parenthèses "the director of Saw 2, 3 et 4". Alors la question qui se pose c'est "vraie erreur sur la jaquette française?" ou bien réelle volonté d'arnaquer l'acheteur? Selon l'éditeur du DVD français Emylia, il s'agit d'une coquille mais le moins que l'on puisse dire, c'est que ça ne donne pas un a priori positif au moment de débuter le visionnage de Scarce.

Trois amis reviennent de vacances du Colorado. Arrivés en Pennsylvanie, ils se perdent et demandent leur chemin. Mais alors qu'ils suivent les indications d'un homme un peu étrange, un violent blizzard les surprend et ils ont un accident de voiture. Deux d’entre eux partent chercher de l’aide pour secourir leur ami blessé. Ils font la connaissance d’un habitant très hospitalier. Voire même un peu trop...


Trois jeunes dans le vent... et la neige

Il est clair qu’un tel scénario n'existe que pour justifier un enchaînement de scènes plus gores les unes que les autres et si vous en attendez autre chose, vous serez déçus. L'histoire ne quitte jamais le sentier balisé et déjà vu maintes fois dans les survivals à base de jeunes gens perdus chez les rednecks. Scarce nous présente donc plusieurs ados fêtards et assoiffés de sexe qui s'égarent au retour d'un weekend de fête. Rien de neuf sous le soleil (ou en l'occurence ici, sous la neige). Pas original pour un sou mais toujours propice à offrir des débordements gores, le scénario aurait pu être sauvé par une ambiance appropriée et une réalisation au diapason. La première est bien présente, pas la seconde...


ça va faire mal!

Commençons par les points positifs. L'ambiance générale du film est particulièrement réussie et parfois même malsaine, comme en témoigne ce flash-back final sur les agissements d'un sinistre personnage surnommé "Le Crasseux". Ce dernier est d'ailleurs le plus réussi du film. Sorte de Demis Roussos à moitié paralysé, ce cinglé pur souche possède en outre une voix fluette qui achève de le rendre dérangeant. Une vraie réussite et il est dommage que son temps de présence à l'écran soit si réduit. Les deux autres psychopathes ne sont heureusemenent pas en reste au niveau du look et de la méchanceté gratuite. Steve Warren, vague sosie de Steve Buscemi, possède bien la gueule de l'emploi tout comme son acolyte Gary Fischer.

N'oublions pas non plus un autre point fort du film: les effets spéciaux concoctés par The Gore Brothers. Les maquillages sanguinolents sont très bien faits et à aucun moment les scènes gores n'ont recours aux CGI. En gros, c'est du bon travail old School.

De plus, les décors rendent plutôt bien à l'écran et les jolis paysages enneigés apparaissent ménaçants malgré leur blanc immaculé. La maison d'Ivan (Steven Warren) est également inquiétante tout en restant crédible.

Bref, les bad guys, les maquillages, les décors ainsi que la bonne photographie font que l'ambiance du film est assez réussie mais son impact sera très amoindri par deux gros problèmes: la réalisation et le rythme.


De bien beaux psychopathes...

Scarce est la première réalisation du duo Cook/Geddes et cela se ressent très fortement. Les cadrages sont parfois approximatifs mais le plus gros souci réside au niveau du rythme et du découpage de l'action. L'histoire se déroule mollement, à un rythme apathique, et ne s'emballe jamais réellement. Même les quelques séquences de survival et de traque sont dénuées de tout suspense. C'est bien simple: certaines séquences du film feraient passer Derrick pour du Michael Bay tant l'absence d'action se fait cruellement sentir. La preuve en est dès les premiers instants avec une scène d’introduction qui nous montre un homme nu, ensanglanté, courant dans les montagnes et poussant un hurlement hors champ. Quoi, c’est tout ? Ben oui, c’est tout.

Par la suite, nous aurons droit à une interminable présentation des trois personnages principaux (dont deux sont incarnés par les réalisateurs) et il faudra attendre plus de 45 minutes (la moitié du film!) pour enfin avoir quelque chose à se mettre sous la dent. La seule séquence notable dans la première partie est une visite éclair dans un restaurant tenu par des rednecks. La scène est classique mais l'atmosphère de l'endroit s'avère assez malsaine pour retenir l'intérêt du spectateur. Après ça il faudra patienter jusqu'à un arrachage d'ongle à vif pour sortir à nouveau de sa torpeur. La fin s'animera heureusement un peu plus. Toutefois la réalisation endormie peine à rendre l'action de ce final trépidante.


Hommage à la Passion du Christ?

Scarce n'est donc malheureusement qu'un divertissement un peu fauché qui aimerait titiller le spectateur et l'entraîner dans un univers de souffrances, mais qui reste en définitive totalement inoffensif. Les amateurs de torture peu exigeants y trouveront peut-être leur compte mais la mollesse générale du film nuit à son intérêt. Franchement dommage au regard de ses qualités graphiques.
Geoffrey Claustriaux
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