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Shark in Venice

Un pur produit débile qui n'aspire qu’à une seule chose, arnaquer les pauvres adolescents idiots, amateurs de sang et autres crétineries...
Publié le 6 Août 2012 par AqMEVoir la fiche de Shark in Venice
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Requin

Les animaux dangereux ont toujours fasciné les gens et il n'a pas fallu attendre longtemps pour voir débouler sur nos écrans des films avec des bêtes aux dents acérés. Le film qui marque et qui reste dans l'inconscient collectif, ce sont Les dents de mer. Le film de Spielberg a effrayé un très grand nombre de spectateurs et beaucoup voient la mer d'un autre oeil. Malheureusement, rentabilité oblige, une pléthore de suites a vu le jour et des films plus ou moins obscurs sont sortis, bien souvent en direct to video. Mais l'amateur de merdes filmiques que je suis ne peut s'empêcher de regarder tout ce qu'il lui passe par la main, surtout quand il voit le logo de sociétés comme Syfy ou Nu images sur un boîtier.

Après les requins dans la neige, avant les requins dans le sable, après avoir connu l'attaque des requins à deux têtes, après avoir vu des requins dans un lac d'eau douce, nous voici donc avec des requins dans les eaux de Venise. Et pas n'importe quel requin, puisqu'il s'agit du grand blanc, requin ô combien fascinant! Tout le monde s'en doute, ce film est une merde, mais comme toute merde, elle a une forme particulière et je vais me faire un devoir de vous décrire cette forme répugnante.


Le méchant, c'est lui, ça en dit long sur la crédibilité du film, non?

Au niveau du scénario, on pourra difficilement trouver plus con et débile. Comment peut-on avoir l'idée de foutre un requin blanc dans les eaux de Venise? Personnellement, je pense que les gens de Syfy doivent être aussi drogués que ceux de Asylum, sauf que ces derniers ne se prennent pas au sérieux. Donc là, on a un archéologue qui veut retrouver son père qui a disparu à Venise. Il est alors abordé par la mafia locale qui souhaite récupérer le trésor des Médicis, soi-disant enfoui dans les canaux de Venise. L'archéologue, trop intelligent, voit là un lien avec la disparition de son père. Ni une, ni deux, il plonge dans les eaux de la cité des doges et se fait attaquer par un grand requin blanc. Il s'agit en fait d'un piège des Médicis pour que le trésor ne soit jamais retrouvé. Rarement j'ai vu un scénario aussi stupide.

Déjà, comment les Médicis ont-ils pu ramener un requin blanc à Venise sans que personne ne soit au courant? Ensuite, pourquoi ce con de squale n'a pas encore bouffé de gondoles? Et puis, comment se fait-il que les vénitiens n'aient jamais vu la bête trainer dans les canaux? Bref autant de questions qui resteront sans réponses, car le film se concentre uniquement sur le trésor, la confrontation du héros avec les mafieux et le requin qui de temps en temps fait une apparition pour bouffer quelqu'un. De ce coté-là, c'est navrant de bêtises.

Je crois que le pire dans ce genre de film, c'est que l'on se fait souvent avoir au niveau du thème du film. En effet, sur quasiment tous les sites de cinéma, on peut voir que le film se range dans la catégorie horreur. Or, le métrage n'a rien d'horrifique et il demeure presque inclassable tellement il bouffe à tous les râteliers. En plus, il est difficile de parler d'ambiance dans un tel film, car tout est dénué de sens et de sensation. Ca lorgnerait vers le film d'action tout moisi, mais le problème, c'est que la présence du grand squale le fait se ranger dans les films d'horreur animaliers. Pour ma part, je dirai qu'il s'agit d'un grosse daube et qu'il faudrait le ranger dans la corbeille. Non mais sincèrement, comment peut-on mettre aussi peu de bonne volonté dans un métrage.

Venise est une ville magnifique, avec plein de ponts, des canaux somptueux et des palais magnifiques, mais avec ce film, on ne verra rien, si ce n'est les égouts de Venise, avec des grottes en papier mâché et un trésor qui ressemble aux boyards de notre célèbre fort. Sans déconner, même Olivier Minne aurait pu avoir sa place dans ce film. Manque plus qu'un nain et ce serait le top! Mais en plus, le film est très impersonnel, avec des plans qui ne servent à rien, des séquences sous-marines brouillonnes où l'on ne voit rien mis à part du sang et des scènes d'action se déroulant dans un hangar tout pourri. Bref, un gros gâchis. Le titre aurait pu être Shark in Plougastel que cela aurait été la même chose.


Dans la famille Baldwin, je voudrais le trisomique...

En plus d'avoir une histoire de débile profond, de donner l'impression d'être dans un film tchécoslovaque, les acteurs sont vraiment, mais alors vraiment de piètres comédiens. Prenons Stephen Baldwin, le frère d'Alec et de William, qui se retrouve être le héros de l'histoire. Déjà, on a du mal à le croire car il est tout bouffi, aussi expressif qu'une huître, et qu'en plus il joue comme une chaussette trouée. Je crois bien que dans ce métrage, il surclasse allègrement Chuck Norris et Steven Seagal. La preuve, il met sa mère au grand requin blanc en le faisant exploser! Mince, je vous ai spoilé! En même temps, n'allez pas me faire croire que vous vouliez regarder ce film! Et pourtant, ce n'est pas le pire du film. Il faut voir la gueule du méchant! Il est juste énorme. le genre de gars qui vous montre qu'il en a une grosse paire rien qu'avec la première apparition. Il faut dire qu'il déclenche une salve de rires incontrôlables.
Déjà, il a une tronche de vainqueur avec son vieux bouc, ses cheveux mi-longs et son accent très prononcé. Mais en plus, quand il arrive en parlant italien en enlevant de grosses lunettes de soleil, on peut dire que le portrait n'est pas très avantageux, mais il a le mérite de nous faire rigoler. Enfin, la brune de service, jouant la compagne de Baldwin est aussi crédible que Rob Zombie dans une comédie sentimentale. Je ne parlerai pas de la blonde, à la fois flic puis ripoux, puis de nouveau flic, qui tient le rôle le plus inutile du métrage!

Au niveau des effets spéciaux, c'est à peu près dans la logique du film, c’est-à-dire de la merde infâme et imbuvable. Il faut dire que l'on sait à quoi s’attendre avec des films comme celui-ci, et lorsque le nom de Nu Images y est apposé, on se doute bien que les effets spéciaux seront dignes d'une Playstation 2.
Et effectivement, les effets spéciaux sont bien pourris. Mais plutôt que de proposer seulement des images de synthèse, le réalisateur a utilisé une technique que l'on voit dans un très grand nombre de nanars, l'ajout de scènes de documentaire. Du coup, les scènes sous-marines sont entrecoupées d’attaque de requin et de plans foireux où l'on est censé s'imaginer le requin en train de bouffer un type. Mais ce n’est pas le plus risible. Le plus drôle ce sont les incrustations de requin dans les canaux de Venise. Aussi incroyable que cela puisse paraître, c'est vraiment très mauvais et on se croirait dans un vieux film des années 90. La scène où le requin saute pour bouffer un passant est absolument jouissive de médiocrité, et les quelques fois où l'on voit l'aileron surfant sur les canaux, on se demande comment on a pu laisser faire ça.


Et ça ne choque personne ?

Au final, shark in Venice est un scandaleux film de merde. Abject, honteux, médiocre, stupide, on pourrait trouver des millions d'adjectifs qualificatifs pour traiter cette bouse infâme qui raconte n'importe quoi, qui est filmée avec les pieds et qui est interprétée par des manches. Ni drôle, ni effrayant, ni rien en fait, le film demeure ce qui se fait de pire dans les direct to video d'aujourd’hui. Un pur produit débile qui n'aspire qu'à une seule chose, arnaquer les pauvres adolescents idiots, amateurs de sang et autres crétineries.
Bref, un film à éviter, sauf si vous voulez vous marrer trente secondes en voyant la tronche du méchant et le jeu d'acteur de Stephen Baldwin.

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