Voir la fiche complète du film : Sinbad (Andy Wilson, Brian Grant, Colin Teague - 2012)

Sinbad

Une série qui mêle aventure et fantasy avec un certain savoir-faire. Dynamique, enjoué et varié, Sinbad réunit un large public pour un voyage plaisant et néanmoins trop bref au vu de son annulation brutale.
Publié le 26 Octobre 2014 par Dante_1984Voir la fiche de Sinbad
7

Les célèbres aventures de Sinbad, personnage emblématique des mille et une nuits, nourrissent l’imaginaire des lecteurs au fil des siècles. Même s’il n’a pas été décliné dans de multiples adaptations comme d’autres icônes (Sherlock Holmes et Dracula pour ne citer que les plus connus), le marin des sept mers compte une petite dizaine de films à son actif depuis les années 1940, un anime japonais et deux épopées télévisées. Dernière en date, la création d’Impossible Pictures tente de conjuguer l’aventure avec un grand A et l’atmosphère orientale empreint de mysticisme des contes dont il s’inspire. Nul doute que le format d’une série se prête à merveille pour développer un voyage épique sinon dépaysant.

En ce sens, Sinbad dispose d’une histoire peu surprenante et néanmoins plaisante à découvrir. Si elle demeure fidèle à l’esprit originel, la trame prend quelques libertés afin de moderniser le tout. La progression exige une assiduité pour suivre le destin de l’équipage du Providence et comprendre leur cheminement. L’apport de la malédiction qui accable Sinbad permet d’ajouter en tension (il ne peut rester plus d’un jour et une nuit sur la terre ferme), tout comme la fréquence des combats chorégraphiés et réalisés avec soin. Les joutes démontrent une certaine diversité tant dans les coups portés que pour les environnements dans lesquels ils se déroulent.

Les escales dans les villes marchandes, les îles (presque) désertes ou les mondes parallèles (des endroits cachés par des sortilèges, tels que le « temple des jeux »), cette odyssée multiplie les tours et détours sans jamais se montrer redondante. Bien sûr, chaque épisode suit un schéma souvent identique dans le fond (une fuite, la quête d’une relique perdue, l’arrivée dans une contrée étrangère et la multitude de péripéties qui se succèdent). Cependant, les confrontations ne sont jamais les mêmes et promettent d’exploiter l’intégralité de la légende. On savourera également la présence d’une atmosphère orientale bien trop rare à l’heure actuelle sur nos écrans.

Cette ambiance tente d’allier un univers fondé sur le traditionalisme et le respect des croyances à un versant tourné vers l’avenir et la modernité. Entre les artefacts antiques, les objets de capture étonnants (le collier de la tigresse qui fonctionne grâce au magnétisme) ou les créatures chimériques, l’on nous offre un panel diversifié à plus d’un titre à défaut d’être pleinement original. Les sirènes, monstres marins, serpents géants ou griffons promettent des antagonistes issues du folklore sans négliger les ennemis humains. Ainsi, l’intrigue joue autant dans l’aventure que la fantasy ; tantôt sur un ton léger avec un humour de circonstance, tantôt sur l’aspect dramatique de certaines séquences.

L’éclectisme se poursuit dans le casting. Peu de figures connues hormis Naveen Andrews (Lost – Les disparus) ou la participation de Timothy Spall ou Dougray Scott, mais cela n’empêche en rien d’apprécier leur interprétation. Outre la pluralité des origines, les acteurs se montrent aussi charismatiques et compétents que leurs personnages sont attachants. À aucun moment, ils ne sombrent dans la caricature de bas étage pour proposer un travail impliqué et passionné par le projet commun qui s’échafaude au fil du récit. La caractérisation se développe de telle manière à faire évoluer chacun sur le plan individuel et également pour l’intérêt du groupe. En somme, les comportements égoïstes cèdent facilement la place à l’altruisme.

Il est regrettable que tant de bonnes qualités ne soient pas récompensées sur le long terme. En effet, la série ne connaîtra qu’une seule saison. Point de faibles audiences en cause ou de budget revu à la baisse. En lieu et place d’explications sur cet arrêt injustifié, sans doute brutal, l’histoire se suffit à elle-même et ne permet pas un prolongement. Un argument discutable étant donné que le final évoquait d’éventuelles pistes pour la suite. On ne le saura jamais, mais en tous les cas, les producteurs auront eu la décence de proposer une conclusion honnête (malgré quelques portes restées entrouvertes).

Au final, Sinbad se destine pour un panel de spectateur assez large. On vaque de mystères en découvertes au pays des mille et une nuits. Ponctuée d’humour et de tragédies, la série compte douze épisodes énergiques et variés. Un voyage plaisant et diversifié où se côtoient mythologie, tradition et modernisme. L’alchimie était loin d’être évidente, mais fonctionne, et ce, grâce à un résultat homogène. On saluera également la prestation du casting, les effets spéciaux et le cadre qui nous font regretter l’arrêt définitif d’une série qui aurait pu nous offrir encore quelques sympathiques excursions. Un divertissement dépaysant plus qu’agréable.

A propos de l'auteur : Dante_1984
Portrait de Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches. Puis, j'ai souhaité faire partager mes dernières découvertes en laissant des avis sur les films que je voyais.

Autres critiques

X-Men Origins : Wolverine
Le passé de Logan/Wolverine ayant déjà été longuement évoqué dans X-men 2 , était-il réellement nécessaire d'y revenir une nouvelle fois? Poser la question c'est bien sûr y répondre, même si la création du plus célèbre des mutants reste un sujet en or... De plus, la volonté commerciale clairement affichée par la Fox avait déjà voué ce X-Men Origins : Wolverine à l'enfer des critiques...
Shield of Straw
Metteur en scène de films aussi différents qu’ Audition , réflexion sur le couple au moyen du film fantastique, Gozu , évocation hallucinée d’un yakuza dépressif, ou plus récemment Hara-Kiri , remake du film éponyme du grand Masaki Kobayashi et croisement entre film social et chambara (film de sabre), Takashi Miike est un réalisateur aussi inégal qu’intrigant. Sa dernière ½uvre, Shield of Straw...
Scarce
C'est écrit en gros sur la jaquette et sur le DVD: "Par le réalisateur de Saw 2, 3 et 4 ". Etrange... puisque les réalisateurs répondent aux noms de Jesse T. Cook et John Geddes . Quel est donc le lien avec Darren Lynn Bousman ? La réponse est plutôt étonnante et nous est donnée par la pochette Canadienne du film. Sur cette dernière figure la mention "avec commentaire de Darren Lynn Bousman" et...
Ghost in the shell - Stand alone complex : Le rieur
Réalisé un an après la sortie d' Innocence , ce long-métrage intitulé « Le rieur » n'est pas la suite directe de Second Gig , mais bel et bien un montage de la première saison résumé en l'espace de 2 h 40. La première crainte réside dans l'éventuelle édulcoration de l'intrigue au détriment de la compréhension générale. Certes, on l'avait vu précédemment, Stand...
Zombeavers
Il est des productions que l’on sait d’avance ratées ou destinées à public amateur de nanars et autres navets. Avec les films catastrophe, le survival animalier est les porte-étendard le plus malmené. Ce n’est pas parce que l’on évoque des sujets plus irréalistes que crédibles, qu’il faut en faire n’importe quoi. Même un pitch complètement idiot, on peut...