Voir la fiche complète du film : Orphan Black (John Fawcett, T.J. Scott - 2013)

Orphan black

Entre science-fiction, drame et un soupçon de policier, cette série traite par-dessus la jambe son sujet principal (le clonage humain) pour privilégier une intrigue qui s’attarde beaucoup trop sur les états d’âme et les soucis du quotidien de tout un chacun. Du potentiel… mal exploité.
Publié le 26 Juillet 2015 par Dante_1984Voir la fiche de Orphan Black
5

Au vu de la difficulté de se renouveler dans un domaine particulier ou même d’offrir un concept original, le mélange des genres est à l’ordre du jour dans l’univers des séries TV. Récemment, on l’a vu avec des titres tels que Continuum; où science-fiction et policier se mêlaient sur fond de voyage dans le temps. Dans un registre similaire et également plus confidentiel, l’éphémère et décevant Paradox, piètre tentative britannique. Aussi, une nouvelle production estampillée «science-fiction» ne signifie pas forcément de coller aux exigences du genre, mais simplement que le thème principal officie en toile de fond. Quel est-il donc ? Le clonage et ses dérives...

En cela, Orphan black part d’un postulat convaincant. De jeunes femmes qui ne se connaissent pas se découvrent un patrimoine génétique commun. Une famille particulière puisqu’elles ont été créées dans un laboratoire. Vous l’aurez compris, la science a fait du chemin depuis le mouton Dolly et, même si le clonage humain reste interdit, certains chercheurs ne se privent pas pour transgresser les règles. Le sujet abordé se fait plutôt rare sur le petit écran. Toutefois, on a eu droit à un traitement pour le moins spectaculaire et débridé voilà 15 ans avec le film de Roger Spottiswoode: A l’aube du 6e jour. Celui-ci se révélait divertissant, mais terriblement plat sur les considérations éthiques.

Autant dire que cette série dispose d’une certaine largesse pour nous proposer une dizaine d’épisodes à la fois forts et entraînants. Seulement, l’intrigue peine à démarrer sur de bonnes bases. Il est difficile de se départir de l’habituelle exposition des protagonistes si bien qu’on a rapidement l’impression de tourner en rond. Certes, il faut des individus attachants pour parier sur le long terme, mais contempler leur quotidien sans que cela apporte une justification ou un intérêt au fil rouge engendre une lassitude latente et progressive. D’ailleurs, le sujet principal semble être relégué au second plan.

Quid de l’éthique, des conséquences sur les personnes concernées et leur entourage? Les scénaristes ont beau sauter d’un genre à l’autre au fil des épisodes, l’alchimie ne fonctionne pas. L’aspect policier des premiers instants cède la place à un drame des familles bancal qui recèle bon nombre de moments mielleux et larmoyants. De fait, le peu d’enquêtes évoquées n’avance pas. Pire, ces mêmes investigations sont anecdotiques et facilement oubliables pour la compréhension générale. À ce titre, l’histoire exige une assiduité constante et empêche tout nouveau venu de prendre le train en marche sous peine de ne pas saisir toutes les interactions entre les protagonistes.

Ces derniers sont clairement l’attrait principal d’Orphan black. Tatiana Maslany occupe le devant de la scène avec la bagatelle de 13 rôles. Pour ce faire, elle change d’apparence, d’intonation, de gestuelles. Si le travail d’interprétation est impeccable, les différents rôles, eux, sont inégaux. La faute à des traits de caractères trop appuyés qui confèrent presque à la caricature. Les personnages secondaires sont assez dissemblables dans l’ensemble, même s’ils parviennent difficilement à retenir l’attention. Là encore, un traitement trop conventionnel en dépit d’attitudes loufoques ou réservées empêche toute empathie chez le spectateur.

Au final, Orphan black est une petite déception. Grâce à un thème peu usité, la série se montre intéressante tant sur les possibilités narratives que sur les réflexions posées. Néanmoins, l’intrigue se perd en atermoiements et autres séquences dramaturgiques pas vraiment utiles pour la progression générale. Le rythme en dent de scie fait oublier de bonnes intentions et un jeu d’acteur honnête dans un ennui de circonstances, et ce, malgré quelques sursauts d’orgueils en fin de parcours. L’écriture trop inconstante empêche les mélanges des genres et préfère les entrecroiser sans jamais former la moindre cohésion. Une série moyenne loin d’être transcendante.

 

Saison 2 : 4/10

A propos de l'auteur : Dante_1984
Portrait de Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches. Puis, j'ai souhaité faire partager mes dernières découvertes en laissant des avis sur les films que je voyais.

Autres critiques

Comportements Troublants
Suite au suicide du frère aîné de la famille, les Clark emménagent sur l'île de Cradle Bay, afin de démarrer une nouvelle vie. Steve, qui se remet difficilement de ce drame, tente de s'intégrer dans son nouveau collège, dirigé par une bande d'élèves d'apparence calme et amicale, les Rubans Bleus. Mais d'étranges comportements et certaines rumeurs inquiètent Steve et ses...
Godzilla 2 : Roi des monstres
En l’espace de deux métrages, le MonsterVerse s’est distingué par des œuvres foncièrement différentes. Derrière les apparats du blockbuster, chaque réalisation s’est forgée une identité qui s’écarte sensiblement des approches basiques et sans âme. Pour Godzilla premier du nom, l’hommage aux films de kaïjus s’est doublé d’une formidable ambiance...
Scary Stories
Sous forme d’histoires courtes ou de pulps, de nombreux récits horrifiques ont pu voir le jour dans le domaine des nouvelles ou de la bande dessinée. Au fil du XXe siècle, le format a été particulièrement bien accueilli outre-Atlantique, parfois jusqu’à fournir des adaptations classiques, comme Les Contes de la crypte . En France, Scary Stories to Tell in the Dark , l’œuvre d...
Big Legend
Qu’il s’agisse du sasquatch ou du bigfoot, la créature des bois fait les jours heureux des cryptozoologues et des séries B, souvent officiant dans le survival animalier. Depuis les années1970 et le surestimé The Legend of Boggy Creek , elle est l’objet d’une surexploitation cinématographique qui a donné peu d’incursions notables. Cela sans compter les tentatives peu...
Massacre au Camp d'Eté 3
**Attention, cette critique contient quelques spoilers.** Un an après le second massacre orchestré par Angela Baker, le camp New Horizons tente une expérience d'une semaine regroupant des adolescents de divers milieux sociaux. Toujours en fuite, Angela prend la place d'une des candidates, bien décidée à punir les campeurs les plus malsains. Visiblement certains du succès de Sleepaway Camp 2 , la...