Voir la fiche complète du film : Soleil Rouge (Mickael Perret - 2013)

Soleil Rouge

Un court métrage à la réalisation et au montage intéressants.
Publié le 1 Octobre 2013 par GeoffreyVoir la fiche de Soleil Rouge
6
Forêt

Quelques années après son premier court métrage, Maniak, le jeune réalisateur Mickael Perret nous revient avec Soleil Rouge, un second métrage plus ambitieux, dont l'ambiance moite et pesante serait au service d'une terrible histoire de vengeance.
Malheureusement, ces belles intentions furent fortement bridées par des aléas de production imprévus. Ainsi, le film était initialement prévu pour être un moyen-métrage de 40 minutes doté d'un budget de 4.700 Euros, mais suite à plusieurs bouleversements lors du tournage, dont le départ inattendu du directeur de la photographie, seulement la moitié du scénario fut tourné.
De plus, quelques mois après le tournage, il a fallu tourner de nouvelles séquences avec les doublures des comédiens. Le metteur en scène en profita pour tourner une nouvelle fin mais au final, seulement 25 séquences sur les 55 que comptait le scénario original furent mises en boîte.
Forcément, ça laisse des traces...


Running man...

A l'intérieur d'une maison isolée dans les bois, Aube, une très belle femme au début de la trentaine a une vie décevante. Elle est mariée à Hudson, un homme alcoolique, blasé et violent. Cette dernière entretient alors une liaison secrète avec Seth, la jolie voisine des environs.
Un soir, les deux amantes décident de s'en aller toutes les deux loin de ce lieu perdu et sans avenir, mais les soupçons d'Hudson à propos de sa femme vont aller en grandissant...


Un plan classique, mais toujours efficace...

Ce qui frappe en premier lieu dans Soleil Rouge, c'est le soin apporté à la réalisation. Les cadrages sont recherchés et les comédiens bien mis en valeur (raaaah, ce baiser lesbien...). Ajoutez à cela une très belle photographie et vous obtenez un résultat plus que correct. Pour être franc, on n'a que très rarement l'impression d'être devant un court métrage "amateur".
Quelques scories sont cependant à noter du coté du montage parfois hasardeux et qui gâche l'effet de certaines séquences, et on remarque également un abus d'effets stylistiques, par exemple des salissements de pellicule façon Grindhouse dont l'utilité n'est pas toujours évidente. Il semblerait toutefois que certains de ses effets aient eu pour but de "camoufler" le départ du photographe et ainsi faire en sorte que ces séquences ne jurent pas trop avec le reste.
Bref, Mickael Perret a dû se débrouiller avec les moyens du bord.


Love is in the air...

L'autre point qui étonne (en tout cas quand on découvre le film sans rien en savoir auparavant), c'est la mise en place du scénario et des personnages. Pour un court de 17 minutes, le rythme est plutôt lent et prend son temps alors que l'on s'attend à quelque chose de rythmé et qui rentre directement dans le vif du sujet. De fait, la montée en puissance qui aurait dû constituer un atout pour un film de 40 minutes (comme prévu initialement) se transforme en faiblesse, car même si le scénario n'est pas inintéressant, en l'état, il demeure un peu faiblard, manque de punch et se termine en queue de poisson.
Cela dit, une fois encore, Mickael Perret a dû composer avec le matériel à sa disposition et j'imagine que pour des raisons de budget il n'était pas possible de rappeler les comédiens. C'est dommage, car le film avait du potentiel et le "retour" final du mari laissait augurer d'un déferlement de violence qui malheureusement ne viendra jamais.
En l'état, Soleil Rouge est plus frustrant qu'autre chose car on dirait presque le teaser d'un film plus long ou le premier acte d'une saga.


Puisqu'on vous dit que le soleil est rouge...

Mais bon, soyons indulgents, pour un court-métrage et compte tenu de tous les déboires qu'il a dû affronter, le film de Mickael Perret n'est vraiment pas mal. Il serait intéressant de revoir le jeune réalisateur aux commandes d'un long métrage, ce qui, selon le dossier de presse, devrait bientôt avoir lieu. C'est tout le mal qu'on lui souhaite.

A propos de l'auteur : Geoffrey
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