Voir la fiche complète du film : Resident Evil : Degeneration (Makoto Kamiya - 2008)

Resident Evil Degeneration

Davantage orienté vers l’action que l’horreur, Resident Evil Degeneration se distingue de la saga cinématographique par un traitement qui intègre des évènements propres aux jeux vidéo. Un aspect référentiel qui se teinte de considérations éthiques et géopolitiques appréciables, mais dont la progression enlevée reste assez prévisible. Un film d’animation sans surprise qui demeure néanmoins distrayant et relativement fidèle à l’œuvre originale.
Publié le 6 Mai 2020 par Dante_1984Voir la fiche de Resident Evil : Degeneration
6
Zombie Virus

Au cinéma, la saga Resident Evil est loin de faire l’unanimité. Hormis un premier opus passable et un troisième volet intéressant dans sa déclinaison post-apocalyptique, la genèse initiée par Paul W.S. Anderson a progressivement sombré. En parallèle, le spectateur a eu droit à des films d’animation coproduits par Capcom. Ce qui laisse sous-entendre une bonne maîtrise de l’univers et un respect qui s’éloigne des velléités américaines en la matière. Malgré une visibilité limitée en tant que DTV, Resident Evil Degeneration n’a rien d’un spin-off. Bien au contraire, il fait le lien entre les opus vidéoludiques, sorte de chaînon manquant entre le quatrième et cinquième volet.

 

En ce sens, on retrouve des personnages connus de la saga, notamment Leon S. Kennedy et Claire Redfield. On évoque également les faits qui ont précédé la présente intrigue et les trajectoires divergentes que les deux protagonistes ont empruntées. Le background reste bien amené et globalement intelligible pour les spectateurs qui ne seraient pas familiers avec les jeux. Toutefois, il est conseillé d’avoir parcouru le deuxième et troisième opus pour saisir toutes les allusions et subtilités. Au-delà de leur relation, les évènements liés à la destruction de Racoon City et la fin d’Umbrella constituent des éléments-clefs dans le développement de Resident Evil Degeneration.

Faute de quoi, il est vrai que l’on pourrait considérer l’histoire comme un prétexte commode pour se confronter aux morts-vivants. On notera néanmoins des efforts consentis sur le contexte. Celui-ci profite d’une portée internationale soutenue par des actes de terrorisme et des expériences à l’échelle de la planète. Un virage déjà initié avec Resident Evil 4 et qui se confirmera avec les deux opus suivants. Le fait d’offrir une dimension géopolitique, toute modeste soit-elle, permet de rendre les enjeux plus intéressants. On évoque alors des problématiques contemporaines telles que les armes biologiques, ainsi que leur acquisition et leur usage par des gouvernements plus ou moins légitimes.

 

Autre point positif : le rythme. L’ensemble est dynamique et corrobore, là encore, l’évolution des titres de l’époque vers l’action au détriment de l’horreur pure. De même, les munitions pleuvent et les personnages sont rarement en danger, eu égard à leur condition physique presque surhumaine. On aime ou pas, cette approche tonitruante. De plus, les environnements restent bien exploités et savent se servir des jeux de lumière autant que de la configuration des lieux. La partie dédiée à l’aéroport s’inspire des fondamentaux du survival, tandis que la seconde moitié du métrage met l’accent sur la découverte d’un laboratoire secret. On a donc le terrain d’expérimentation et les lieux de recherche afin de présenter une continuité pertinente dans l’intrigue.

Comme évoqué précédemment, le récit reste assez linéaire, et ce, en dépit d’un fond assez fouillé pour les amateurs de Resident Evil. L’ensemble se suit sans déplaisir, mais n’apporte rien à la genèse de la saga. C’en est tellement flagrant que son intégration dans la chronologie globale n’a quasiment aucune incidence et, répercussion à la fois positive et inattendue, ne souffre d’aucune incohérence, encore moins de décalage. On se retrouve donc dans un fan service mesuré où la narration hésite constamment entre une tonalité référentielle et une intrigue accessible aux novices. Si l’ensemble demeure simple à comprendre, il en ressort un atermoiement palpable pour contenter deux publics différents.

 

Quant à la technique, le métrage accuse le coup. Pour l’époque, on peut apprécier la qualité du travail réalisé, même si sur le plan visuel, il se révèle inférieur à Final Fantasy VII – Advent Children ; de deux ans son aîné. Le cadre reste bien retranscrit, la mise en scène est correcte, mais ce sont surtout les personnages qui souffrent de la comparaison. Tout en considérant les performances en images de synthèse en 2008, les animations sont d’une rigidité alarmante. On pense aux corps monolithiques, aux cheveux figés, aux expressions faciales ou à ces regards auxquels il manque une véritable étincelle. Acceptable au moment de sa sortie, la direction artistique vieillit plutôt mal.

Au final, Resident Evil Degeneration est un film d’animation qui se révèle davantage proche et respectueux des jeux vidéo de Capcom que son pendant cinématographique américain. On apprécie quelques connotations géopolitiques et des éléments propres au bioterrorisme pour interpeller le spectateur, notamment sur l’éthique des recherches scientifiques. Pour autant, le scénario s’écartèle entre fan service et simplicité de narration pour toucher un public plus large. Si le rythme ne souffre d’aucun écueil, on peut néanmoins remarquer des faiblesses plus ou moins évidentes en ce qui concerne des relations statiques, dénuées d’émotion. À cela s’ajoute une technique datée quant à la modélisation des personnages. Une initiative divertissante, mais sans grande conséquence (positive ou négative) dans la genèse de Resident Evil.

A propos de l'auteur : Dante_1984
Portrait de Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches. Puis, j'ai souhaité faire partager mes dernières découvertes en laissant des avis sur les films que je voyais.

Autres critiques

Lucifer
Qu’il s’agisse de séries ou de films, lorsqu’on parle du diable, on a tendance à le dépeindre sous une forme bestiale et maléfique. On le serait à moins dans les cas de possessions, d’endroits hantés ou de confrontations directs avec le malin. Il est certaines œuvres où sa présence est plus suggestive et ambivalente dans son rapport au mal. Représenté comme un séducteur...
47 meters down
Derrière un nom aussi barbare que la «sharksploitation» se dissimule un sujet bien malmené au fil des décennies, plus particulièrement à partir des années2010 et des bestioles hybrides, possédées ou mutantes qui investissent les DTV. On pensait le genre définitivement enterré dans les affres du bis et du nanar. Toutefois, en 2016, Instinct de survie parvenait pourtant à offrir un...
Gingerdead man 2
Le premier Gingerdead Man était un film au postulat de base amusant et prometteur, mais gâché par un manque de moyens et d'ambition assez flagrant. Pour cette suite, on pouvait donc espérer que le budget serait revu à la hausse, afin de proposer un produit un peu plus fun et audacieux. Le résultat final indique clairement que la volonté y était, mais malheureusement, une somme d'...
House II : la Deuxième Histoire
Le premier film tourné par Sean S. Cunningham avait le mérite d'être des plus symathiques, et l'affiche de cette Seconde Histoire avait le mérite d'être réussie et dans l'esprit du premier film. Hélas, le film se révèle très moyen et plusieurs éléments fâcheux en font un spectacle à peine divertissant. Voyons cela plus en détail dans les lignes qui suivent... Premier élément...
La Dame en Noir
Après son éprouvant et néanmoins intéressant Eden Lake (dont le final laissait tout de même une vive polémique), James Watkins nous revient avec une histoire de maison hantée et non des moindres. Arthur Kipps est un jeune notaire chargé de s'occuper des papiers d'une cliente décédée. Pour cela, il doit se rendre dans son village natal où les rumeurs inquiétantes sur son compte se propagent...